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A Toulouse, « le bon sens paysan » face aux réglementations environnementales

Une soixantaine de tracteurs ont defilé sur les boulevards de Toulouse - Photo Carré d'info, Kevin Figuier

Un millier d’agriculteurs du Grand-Sud Ouest se sont donnés rendez-vous à Toulouse vendredi pour protester contre des mesures environnementales jugées « incohérentes. » Tracteurs, vaches et lisier étaient au rendez-vous.

 

Du lisier pas si cliché

« On avait trop de lisier à stocker, du coup on a décidé de déverser le trop plein devant la Direction Régionale de l’Environnement. » Bienvenue à la ferme sur le boulevard Lascrosses. Ils étaient en effet un millier d’agriculteurs et une soixantaine de tracteurs à s’être mobilisés vendredi du Poitou au Languedoc. Et si le lisier peut faire cliché, il était particulièrement à propos pour cette mobilisation tournée contre l’extension des zones dites vulnérables. Voir la carte des zones 

 

Les manifestants ont tenté de déverser du lisier sur la façade de la DREAL à Toulouse - Photo Carré d'info

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Ces dernières définissent des surfaces où la concentration en nitrates est dépassée dans l’eau potable. Or ces zones devraient être étendues au mois de décembre dans un contexte de mise aux normes européennes. Déjà largement déployées en Bretagne et dans le Nord, ces zones vont notamment s’étendre dans le grand Sud-Ouest. Dans le cortège mené par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, on dénonçait surtout les conséquences financières de l’application de telles mesures.

 

 

« Mon exploitation va disparaitre »

Particulièrement touché, les éleveurs étaient les plus remontés contre les extensions programmées. « Mon exploitation va s’arrêter car je ne peux pas investir dans un bâtiment pour stocker le fumier » explique Bernard Palous de Lombers. « La réglementation m’oblige maintenant à stocker les effluents mais c’est un non-sens économique : j’en ai pour 120 000 € sans aucune rentabilité. C’est comme acheter un garage sans avoir de voiture à mettre dedans. »

 

Bernard Palous, éleveur dans le Tarn lors d'une manifestation d'exploitants à Toulouse en décembre 2012 - Photo Carré d'info

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Pour les exploitants, ces observations font preuve du « bon sens paysan. » Dans le collimateur, les « bureaucrates de Bruxelles » qui n’auraient « aucune idée de la façon de mener une exploitation. » Le fils, qui devait reprendre l’exploitation a finalement abandonner le projet face aux investissements nécessaires.

 

 

Un contentieux avec la commission Européenne

De l’avis général dans les rangs, les normes environnementales « pèsent trop sur les exploitations » même si l’impact semble moins important pour les céréaliers. Ces derniers sont néanmoins dubitatifs face aux nouvelles normes. « Cela change la façon de cultiver nos céréales notamment sur les dates d’épandage d’engrais. Après on se plaint pas du prix ni de nos rendements » explique un céréalier de l’Aude.

 

Des vaches devant la prefecture lors d'une manifestation d'exploitants agricoles - Photo Carré d'info, Kevin Figuier

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La manifestation s’est conclu place St-Etienne devant la préfecture. Une délégation a été reçue par le préfet de Midi-Pyrénées en charge du dossier. Une réunion lors de laquelle les positions n’ont pas bougé, la préfecture rappelant plus tard dans l’après-midi, la concertation « fructueuse » menée ces derniers mois et surtout l’obligation faite au Bassin Adour-Garonne par la commission européenne de réviser les délimitations. Une procédure contentieuse a même été engagée à l’égard de la France. Reste que les agriculteurs restent mobilisés et préviennent : « si rien ne bouge, ça risque d’être beaucoup plus virulent… »

 

Mots-clés : agriculture

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J'hallucine, ils vivent majoritairement et grassement de la Pac qu'ils ont d'abord combattue, puis qu'ils ne veulent surtout pas voir revue à la baisse voire corrigée au plus près des réalités du monde agricole qui et loin d'être uniforme
Nous sommes les tristes champions de la laitue (entre autres) aux pesticides, et même si certains de ces blaireaux courroucés en sont eux-mêmes lespremiers malades mortellement. On leur paie même le... Lire la suite

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Vous êtes complètement à coté de la plaque sur un sujet que vous ne connaissez pas. S'il est vrai que certains agriculteurs arrivent à obtenir près de 25% de leur chiffre d'affaire grâce aux DPU versées, ce n'est pas le cas du tout pour les éleveurs. Il ne faut pas tout mélanger et écouter ces journalistes pro-écolo. Les nouvelles normes européenne ne sont pas cohérentes avec les nouveaux systèmes de production prônant une diversi... Lire la suite

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