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Assises des politiques de la ville : vraie concertation ou prétexte de participation?

Le préfet Henri-Michel Comet, Pierre Cohen et François Lamy ont présenté les résultats des assises de la politique de la ville - Photo Carré d'info

Mardi 16 octobre se tenaient les assises de la politique de la ville en présence du Ministre de la Ville, François Lamy. Impulsée par la mairie de Toulouse en novembre dernier, l’initiative visait à faire remonter les ressentis des associations oeuvrant quotidiennement dans les zones urbaines sensibles. A l’heure du bilan, a-t-on affaire à une véritable concertation ou à une vitrine participative?

 

Le principe

« Quelle stratégie devons-nous mettre en place sans attendre que l’impulsion vienne d’en haut? » C’est par cette question que le maire de Toulouse Pierre Cohen a ouvert la conférence-débat inaugurant une journée consacrée aux résultats de la concertation menée dans le cadre des assises de la politique de la ville. Car, et tous les élus socialistes présents ont eu beau jeu de le souligner, une politique de la ville ad hoc était une thématique absente des précédents gouvernements.

Cinq territoires prioritaires sur Toulouse : Bagatelle, Empalot, le quartier Nord, le Mirail et le quartier Est.

« Sans attendre les résultats des élections présidentielles » s’est félicité Pierre Cohen « nous avons donc lancé ces assises pour être en avant de la problématique. » Visant à opérer une large consultation des acteurs associatifs de terrain, des ateliers ont donc été menés tout au long du premier semestre 2012 sur cinq territoires identifiés comme prioritaires sur Toulouse : Bagatelle, Empalot, le quartier Nord, le Mirail et le quartier Est.

 

Quels enseignements?

Présentés par les services municipaux comme « riches » et « très denses », les échanges ont mis en lumière plusieurs problématiques. Tout d’abord, la dénomination « quartiers » source de stigmatisation, provoquant « un repli sur soi » et le détournement « des quartiers voisins qui ne souhaitent pas souffrir d’amalgame ». La place des associations ensuite, qui au contact quotidien des habitants « souhaitent accompagner les mutations tout en craignant des formes d’instrumentalisation. » Enfin, la question de l’intégration des populations et la manière d’être à l’écoute des habitants de ces territoires est l’une des préoccupations soulignées dans la présentation.

Trois axes : l’emploi, l’éducation et le partage de l’espace public.

Au delà des constats, la concertation a également livré, toujours selon la présentation, des pistes de réflexion autour de trois axes : l’emploi, l’éducation et le partage de l’espace public. Des thèmes rejoignant opportunément la réflexion que mène actuellement le gouvernement en direction de la politique de la ville.

 

Quelles pistes?

Et c’était François Lamy en personne qui était chargé hier de présenter la nouvelle politique de la ville dans un contexte de restriction budgétaire. « Depuis les années 80, on a saupoudré, empilé les dispositifs. C’est pas inutile mais pose la question de l’efficacité. » Et pour ce faire la question de l’échelon d’intervention devient une priorité.

« Plus que réparer, nous sommes en train de penser la ville du 21è siècle »

Pour le ministre de la Ville, la pertinence se situerait au niveau de l’inter-communalité afin de « gagner en cohérence. » Avec comme priorité l’emploi, la rénovation urbaine et l’éducation. Dans cette optique, le ministre a appelé à la mobilisation des partenaires, que sont les collectivités locales mais également les associations afin « de penser la ville du 21e siècle. »

 

Et les associations dans tout ça?

Présenté comme maillage territorial et vigie sociale, le réseau des associations toulousaines doit cependant encore trouver sa place car son rôle et son degré d’implication dans la politique de la ville reste en suspens. Car pour un certain nombre d’entre elles, ces assises n’ont été qu’une « énième concertation » comme le regrette la CLACQ, la coordination locale d’actions citoyennes pour les quartiers, née de l’initiative quartier populaire. En substance, ce groupement d’associations critique le choix des interlocuteurs ainsi que la non-prise en compte des expertises citoyennes déjà existantes. « Je ne vois pas comment en organisant quatre ateliers d’une heure quinze chacun, on peut définir une politique de la ville » constatait-on à la fin de la conférence.

« On a eu l’impression de parler de choses nouvelles alors que ça fait vingt ans que nous constatons les mêmes problèmes. »

Chez d’autres, on salue néanmoins l’initiative : « On attendait cela depuis longtemps. C’est une prise en compte de notre existence et de la portée de nos actions » se félicite Bernadette Yepe de l’association Lien Horizon Danses. Depuis 15 ans, cette dernière propose du soutien scolaire et un centre de loisirs dans le quartier du Mirail. Une action au long cours qui permet également de prendre un recul critique : « Il faut un début à tout mais là nous sommes repartis de zéro. On a eu l’impression de parler de choses nouvelles alors que ça fait vingt ans que nous constatons les mêmes problèmes. »

« Il faut aller maintenant plus loin »

Des ateliers sans bilan des anciennes actions et sans de réflexion sur les précédents dispositifs qui donnent le sentiment de faire sur place. « Il y a quand même eu beaucoup d’annonce positives mais il faut aller maintenant plus loin. » Et c’est peut-être là que pêche l’initiative. Car si l’opération de communication ministérielle et municipale semble réussie, les assises accouchent d’un diagnostic apparement pertinent mais qui ne répond pas à la question de quel sera le traitement.

Mots-clés : chomage, participation politique, politique de la ville, précarité

4 RÉACTIONS

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On regardera avec intérêt l'intervention, de la Clacq ici http://www.dailymotion.com/video/xue2b1_toulouse-intervention-de-la-clacq-aux-assises-de-la-politique-de-la-ville_webcam Merci

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

Ces assises ainsi que d'autres vont pleuvoir, les élections municipales approchent et on va faire semblant d'écouter les citoyens. En réalité tout est décidé à l'avance et on brasse du vent pour faire croire aux électeurs qu'ils sont écoutés. Quelle déception pour les gens de gauche que cette mairie.

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

Qu'attendez vous exactement vous qui êtes tellement déçu? Pour ma part, je participe régulièrement aux réunions organisées sur mon quartier et il y a eu une réelle prise en compte des demandes, voire des changements notoires sur des projets déjà bien avancés. Mais pour une réelle participation, il est nécessaire que chacun voit autre chose que le devant de sa porte, ne croyez-vous pas?

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