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Au Capitole du libre : « Hacker la démocratie »

L'accès aux données et à des applications libres pour se réapproprier la démocratie - Photo CC

Ce week-end, l’Enseeiht accueillait l’événement Capitole du libre, rendez-vous annuel consacré au logiciel libre. Grand public ou spécialisées, de nombreuses conférences étaient organisées dont une intitulée « Hacker la démocratie avec la mémoire politique de la quadruture du net ». L’occasion d’expliquer comment des geeks peuvent aider n’importe quel citoyen à se réapproprier la démocratie via le suivi des élus.

 

Mémoriser les votes des députés

La démocratie représentative, c’est un dimanche de vote et quelques années de mandats. Cette présentation certes un peu réductrice met néanmoins en lumière une question : comment savoir si l’élu censé vous représenter vote en accord avec son programme et vos convictions ? Partant de ce constat, la Quadrature du net a développé un outil permettant de suivre l’activité des parlementaires et connaître ainsi leur vote en assemblée. Intitulé « Mémoire Politique », l’outil en est encore au stade d’expérimentation comme l’a présenté le développeur Laurent Peuch, l’un des piliers du projet lors d’une conférence dans le cadre du Capitole du libre.

 

Plus le score est élevé, plus l’élu suit les recommandations de la Quadrature

 

Le principe est assez simple. L’outil s’intéresse aux votes des parlementaires européens. Pour chaque scrutin, la Quadrature du Net envoie des recommandations de vote aux élus (au même titre que n’importe quelle association ou lobbies, ndlr). L’outil compare ensuite le vote du député et la recommandation via un système de score sur 100. Plus le score est élevé, plus l’élu suit les recommandations de la Quadrature. En l’occurrence, cette dernière défend les libertés fondamentales et la neutralité du net. Elle s’était d’ailleurs illustrée lors des débats sur Hadopi ou Acta.

 

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A quoi ça sert ?

Selon ses créateurs, l’outil est pensé pour plusieurs raisons : « Il s’agit d’abord d’augmenter le coût politique des décisions prises par les élus », explique Laurent Peuch. Ainsi, l’outil permet de suivre l’évolution des positions des parlementaires et d’en garder une trace. A-t-il voté pour ou contre les OGM ? Sa position a-t-elle changé au cours de son mandat ? Une manière de montrer aux élus « qu’ils sont surveillés », continue Laurent Peuch.

D’autre part, « Mémoire Politique » est pensé à destination des citoyens : « L’outil permet de savoir à quel point vos élus vous représentent sur des sujets qui vous intéressent. C’est une manière pour les citoyens de se réintroduire dans la vie politique et de comprendre comment les choses se font», veut croire le développeur.

 

« Il serait également extrêmement intéressant de comparer les recommandations de lobbies de toutes sortes avec les votes des députés »

 

Si l’outil est donc neutre, son utilisation ne l’est pas. Pour le moment, seule la Quadrature du net l’a mis en œuvre et les scores affichés sont donc tous en rapport avec des sujets liés aux questions de la neutralité du net, du copyright ou des libertés fondamentales. Mais les porteurs du projet veulent maintenant que d’autres structures s’en saisissent. Qui vote en accord avec les recommandations de Greenpeace ou de Reporters sans Frontières ? « Il serait également extrêmement intéressant de comparer les recommandations de lobbies de toutes sortes avec les votes des députés. » L’objectif final est de constituer une agrégation de scores par différentes structures ou associations. Mais il reste encore du chemin avant de rendre accessible et attrayant l’outil au plus grand public.

 

Photo : via Flickr Certains droits réservés par José Goulão

Mots-clés : Internet

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