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Avance du premier mois de loyer : à Toulouse, les étudiants pas vraiment au courant

Le dispositif pass-log a été étendu à tous les étudiants à Toulouse / Photo CC

Depuis le 9 juillet, les étudiants peuvent bénéficier du dispositif « Pass-Log », une avance de trésorerie de 500 euros destinée au paiement du premier loyer. Une initiative municipale mise en place depuis trois ans et qui a séduit environ 200 étudiants à peine l’an dernier.

 

« Un élargissement à tous les étudiants nécessaire » 

Pour la troisième année consécutive, Toulouse met en place le dispositif « Pass-Log », une avance du premier mois de loyer par la mairie. Une initiative « favorable » pour les syndicats étudiants Mouvement des Etudiants (MET) et et Union Nationale des Étudiants de France (UNEF). « Cette avance de trésorerie permet de donner le temps aux étudiants de prendre leurs marques à Toulouse et de trouver un travail », pense Guillaume Brouquières, président d’honneur du MET (et par ailleurs président des Jeunes Populaires de Haute-Garonne). Même si le dispositif est ambitieux, seulement 150 à 200 étudiants en ont fait la demande en 2011.

Seules exigences pour bénéficier du dispositif Pass-Log : justifier d’une inscription dans un établissement d’enseignement supérieur et de la signature d’un bail d’habitation à Toulouse. Depuis cette année, la condition de nationalité a été supprimée. « Aider et attirer les étudiants étrangers est important pour la ville, notamment pour les classements internationaux des facultés » souligne Romain Cujives, conseiller municipal délégué à la vie étudiante.

 

« Je suis rassuré que le dispositif soit un prêt et non un don qui aurait creusé encore un peu plus le déficit de la mairie. »

 

L’avance de trésorerie ne peut excéder 500 euros, montant « raisonnable » pour Guillaume Brouquières, qu’il estime être dans « la moyenne des loyers de logements étudiants ». Le président du syndicat étudiant se dit « rassuré que se soit un prêt et non un don, qui aurait  creusé encore un peu plus le déficit de la municipalité ».

Le remboursement débute trois mois après l’accord de prêt. Il s’échelonne sur trois ans maximum, à hauteur de dix euros minimum, sans assurance ni frais de dossier. « L’étudiant peut redemander l’avance de loyer, à partir du moment où il a terminé le remboursement du premier prêt et qu’il change d’appartement », précise Romain Cujives.

D’abord destiné aux étudiants boursiers, le dispositif a été élargi cette année, à l’ensemble des étudiants âgés de 18 à 26 ans, sans conditions de ressources. Un élargissement « nécessaire » pour Antoine Pount-Biset, président de l’Unef 31. En cause, la précarisation des étudiants, d’après lui. « Elle est de plus en plus visible depuis trois rentrées, constate le syndicaliste. Les étudiants sont obligés de travailler davantage en parallèle de leurs études, entre 10 et 20 heures par semaine ».

 

« Les futurs étudiants bloquent sur le fait que ce soit un prêt. Beaucoup demandent déjà le locapass, l’avance de la caution et craignent d’être asphyxiés par les remboursements »

 

 

Une communication qui fait défaut

Pourtant, « le dispositif reste peu connu des étudiants« ,  observe Guillaume Brouquières.  »Je viens de m’inscrire en première année de droit à l’université Toulouse Capitole, et je n’ai jamais entendu parler du dispositif Pass- Log, confirme Émeline. Je trouve ça dommage car le début d’année est le moment où nous avons le plus de dépenses entre la caution de l’appartement, notre installation et les frais d’inscription ». La faute selon Guillaume Brouquières à « un manque de communication évident », élément confirmé par Romain Cujives, doublé par un manque de clarté dans celle réalisée.  »J’ai vaguement entendu parler de cette initiative, mais j’ai ni compris à qui m’adresser, ni les conditions à remplir« , témoigne une mère venue pour inscrire son fils.

Une carence que Guillaume Brouquières explique par « les budgets conséquents que demande une campagne de publicité ». Le manque de communication se révèle comme le principal défaut du dispositif. « Il faut vraiment que l’étudiant fasse la démarche d’effectuer des recherches sur le site de la mairie de Toulouse ou du Crous pour prendre connaissance du dispositif », analyse t-il. Pour palier à ce manque, un stand est par exemple installé dans le hall de l’université de l’Arsenal, pendant toute la phase d’inscription. Cependant, malgré cet effort « peu d’étudiants viennent d’eux-mêmes demander des renseignements, observe Julia, animatrice du stand. Les futurs étudiants bloquent sur le fait que ce soit un prêt. Beaucoup demandent déjà le locapass, l’avance de la caution et craignent d’être asphyxiés par les remboursements« .

Pour combler ce manque de communication, l’Unef réagit. « Lors des inscriptions dans les universités, nous évoquons ce dispositif afin te toucher le maximum d’étudiants » souligne Antoine Pount-Biset. Là encore, cet effort ne rencontre pas le succès espéré puisque peu d’étudiants se disent renseignés. « Je viens de finir mon inscription et le dispositif Pass Log n’a pas été évoqué« , affirme Lisa future étudiante en droit. Un manque de communication qu’elle juge « incompréhensible car l’aide financière n’est pas négligeable« . Et de poursuivre : « J’arrive de Montauban et j’avoue que ça me laisserait un peu de temps pour trouver un travail« .

 

« Ce dispositif est désormais géré par le Pres afin qu’il gagne en visibilité ».

 

Afin de combler ce manque, « le dispositif est désormais géré par le Pôle de recherche de l’enseignement supérieur de Toulouse, interlocuteur principal de l’étudiant, explique Romain Cujives. Cette modification permet donc à cette initiative de gagner en visibilité« .

 

Le problème du non-remboursement

Malgré un dispositif « intéressant à la base », Antoine Pount-Biset admet qu’il doit être « amélioré », notamment en élargissant les bénéficiaires à l’ensemble des étudiants, et donc aux doctorants, mis à l’écart par cette mesure. « A terme, il faudra qu’il n’y ait pas de limite d’âge afin d’aider au mieux tous les étudiants ». Car le syndicaliste en est certain : « ce dispositif a une vocation nationale. Pour le moment ce sont les municipalités qui le gèrent car l’Etat n’en a pas les moyens ».

 

« La mairie doit se montrer conciliante en cas de non-remboursement et traiter les dossiers au cas par cas ».

 

Autre point qui demande vigilance : les non-remboursements, le « principal inconvénient du dispositif », selon Guillaume Brouquières. « Le risque doit être relativisé », précise Romain Cujives qui assure « qu’aucun étudiant n’a, pour le moment, pas remboursé sa dette ».  « La municipalité doit se montrer conciliante avec les étudiants en cas de non-remboursement, déclare Antoine Pount-Biset. Elle doit étudier les dossiers au cas par cas afin de tenir compte au mieux des situations des étudiants ». Un effort que la mairie se dit « prête à réaliser, en augmentant notamment le délai de remboursement » d’après Romain Cujives.

 

Photo CC via Flickr by niko BCN

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