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Bayonne – Toulouse : de la baston, du sang, des essais et pourtant…

Chaque semaine Ovale Masqué passe au grill le match du Stade Toulousain / Photo CC

Vous êtes ici entre les mains d’Ovale Masqué, chroniqueur rugby qui n’écrit que sur une planche à découper. Ses détracteurs le traitent de maître ès croc. Quand il tranche, c’est parfois sanguinolent. Mais il sait aussi poser le couteau quand il le faut et même faire rire vos côtelettes.

 

Dream Team Leader Price

Il paraît que le Stade Toulousain ne perd jamais deux matchs de suite. On vous laisse donc deviner la gueule que faisaient les Bayonnais après avoir vu le score du Perpignan – Toulouse de la semaine dernière. Après une telle humiliation, les Toulousains devaient réagir, et avec la manière. Tant pis pour les Bayonnais, ce sont eux qui allaient prendre, un peu comme bobonne quand on rentre le soir après une journée de merde au boulot, et qu’elle a rien de mieux à nous proposer qu’une pauvre purée en sachet.

Ça tombe bien, depuis le début de la saison, Bayonne fait de la purée de rugby : 1 essai en 6 matchs, un record que seul le Stade Toulousain sait égaler lors des périodes de phases finales. L’Afflelou Army y croyait malgré tout et avait sorti sa Dream Team Leader Price pour l’occasion. Les noms nous disent tous quelque chose : Mike Syphillips, Joe Rococo, Cédric Hémince

 

William Servat n’est pas sur la feuille de match. On découvrira qu’il aurait eu du mal à faire pire que Tolofua

 

3 blessés légers et un mort

De son côté, le Stade doit faire face à plusieurs blessures et même à un décès : la carrière de Yannick Jauzion ayant rendu l’âme à Barcelone. Fickou est de retour au centre avec l’indispensable Fritz, Nyanga est – comme prévu – de retour avant d’aller chauffer le banc contre Toulon.

Auteur d’une rentrée dégueulasse contre l’USAP, Doussain a tout de même réussi à faire mieux que Burgess et retrouve une place de titulaire. Contrairement aux rumeurs qui ont agité le petit monde (qui s’ennuie) de l’Ovalie, William Servat n’est pas sur la feuille de match. On découvrira qu’il aurait eu du mal à faire pire que Tolofua. Pour le reste c’est plutôt du classique :

 

Sérieux et appliqué à défaut d’être splendide

Dès les premières minutes de la rencontre, on comprend que rien ne se passera comme la semaine dernière. Déjà – rendons hommage aux Perpignanais – ce n’est pas le même adversaire. Il suffit de voir les Bayonnais avec le ballon en main une seule fois pour comprendre qu’une vie entière ne leur suffirait pas pour se procurer la moindre occasion d’essai face au Stade Toulousain.

Leur seul espoir, c’était peut-être de contrer un dégagement dans les 22 mètres, mais David Skrela ne jouant plus à Toulouse depuis deux ans, le risque était minime. Il y a juste une classe d’écart entre les deux équipes. Seule la mêlée est à peu près potable chez les Basques, c’est d’ailleurs grâce à elle que Boyet passe la première pénalité du match et ouvre le score. A défaut de délivrer un match splendide, c’est sérieux et appliqué, et ça fait déjà une grande différence avec la semaine dernière. Les rucks sont (enfin) disputés. Nyanga et Fritz sont partout sur le terrain.

 

Heymans joue bien à Bayonne depuis deux ans, même si on aimerait tous l’oublier ainsi que lui

 

Les hyènes du Roi Lion

Dusautoir se réveille et sort son meilleur match depuis longtemps, en nous montrant au passage qu’il n’a pas remporté le trophée Richie McCaw pour rien, en pourrissant fréquemment les sorties de balles. Ces conditions permettent à Doussain de jouer dans un fauteuil et de dynamiser le jeu avec efficacité. Bayonne se fait donc rapidement étouffer et McAlister enquille trois pénalités. Le premier essai ne tarde donc pas à arriver après une longue séquence de jeu, que même une tentative de décapitation de Phillips sur Fritz n’interrompra pas. Une fois dans les 22 mètres, McAlister dépose le ballon sur l’aile où Clerc et Matanavou encerclent Cédric Heymans.

Si vous n’avez jamais vu Matanavou et Clerc au moment de se saisir d’un ballon d’essai potentiel, repensez juste aux hyènes du Roi Lion, ça devrait vous donner une idée assez claire de la scène. Seul face aux deux ailiers, Heymans comprend qu’il n’a aucune chance et préfère adresser une passe volleyée à Clerc, qui transmet ensuite à Matanavou, qui n’a plus qu’à filer dans l’en-but. Une superbe action collective toulousaine. Malheureusement Heymans joue bien à Bayonne depuis deux ans, même si on aimerait tous l’oublier ainsi que lui.

 

Les Bayonnais sont dépassés et font donc ce qu’ils savent faire le mieux : déclencher une générale

 

Dans la foulée, Toulouse manque de tuer le match alors que Matanavou tente de passer en force dans l’en-but, oubliant gentiment un 12 contre 1 sur l’aile gauche. Si la charia s’appliquait à Toulouse, Matanavou aurait eu les mains coupées pour ce vol en flagrant délit. Les mauvaises langues diront que ça n’aurait pas changé grand chose à son habileté sous les chandelles. Les Bayonnais sont dépassés et font donc ce qu’ils savent faire le mieux : déclencher une générale. Roumieu et Johnston prennent un jaune.

Un autre essai sera sauvé par Cédric Heymans, cette fois, qui grattera un ballon à quelques mètres de la ligne, en étant « pas trop sur ses appuis » selon les commentateurs de Canal +. Pour vous aider à visualiser la scène, Cédric était en fait vautré au milieu du ruck, exactement comme moi sur mon canapé au même moment. Malgré ces occasions manquées, le Stade sort confortablement en tête à la pause (6-14).

Vexé de ne pas avoir été retenu pour le Calendrier des Dieux du Stade, Gillian Galan continue son discret lobbying.

 

Sur le banc, Burgess est humilié : un ailier de 30 ans vient de réussir l’action qu’il cherche en vain à réussir depuis 2 ans

 

50-50 ou appel aux valeurs du rugby

De retour des vestiaires, les Toulousains ne tarderont pas à régler l’affaire. Positionné à la mêlée, Clerc s’échappe au ras et transmet son ballon à Nyanga, lancé en plein dans l’intervalle. Sur le banc, Burgess est humilié : un ailier de 30 ans vient de réussir l’action qu’il cherche en vain à réussir depuis 2 ans. Nyanga perce donc plein champ (« on aurait dit Yves Donguy mais en rapide », m’a confié mon camarade boucher Damien Try) et élimine le dernier défenseur, Boyet, d’un cadrage débordement. Au ralenti, on remarque en fait qu’il se contente juste de légèrement incliner sa course, ce qui suffit à casser les reins de l’ouvreur bayonnais.

 

Florian Fritz n’a pris part à aucune dess bagarres. C’est donc avec un sentiment d’inachevé que l’on quitte le stade Jean-Dauger.

 

A moins de sortir un fusil à pompe de son short, l’ancien berjallien n’avait aucune chance d’arrêter notre super-troisième-ligne-ailier-marathonien-remplaçant-de-luxe. Les Bayonnais comprennent que leur seul moyen de garder leur amour propre dans cette histoire, c’est de faire appel aux Valeurs du rugby ©. Boyoud décide donc de démonter Thierry Dusautoir, juste pour pouvoir raconter à ses enfants qu’un jour, il a étalé le meilleur joueur du monde d’une mandale. Ça tombe bien, Toulouse avait du mal à aller chercher l’essai du bonus. Il faut dire que Florian Fritz, toujours aussi autiste, s’amusait encore à tenter des drop à 6-21. Mais à 15 contre 14, c’est plus facile.

McAlister sert Jean Bouilhou dans l’intervalle et le George Clooney version cassoulet plonge dans l’en-but. Quelques minutes plus tard, rebelote et c’est McAlister lui-même qui va conclure en coin. 6-35, du travail bien fait. A noter qu’entre temps, Gerber a tenté d’assassiner Vincent Clerc avec une prise de catch aérienne sous une chandelle, et que Roumieu a terminé le match complètement ouvert suite à une bagarre générale dans les dernières minutes. Mais le plus incroyable là-dedans (en dehors du fait que seuls 3 cartons jaunes aient été distribués) c’est que Florian Fritz n’a pris part à aucune de ces bagarres. Malheureusement, c’est donc avec un sentiment d’inachevé que l’on quitte le stade Jean-Dauger.

Matanavou : Toujours aussi efficace, mais il va quand même sérieusement falloir songer à le faire jouer avec un chien d’aveugle

 

Les soldats de l’Empire Capitoliste :

Huget : A fait son match habituel, en amenant son envie et se proposant dans le jeu, il bat des défenseurs et franchit mais ne réussit toujours pas à être décisif. On sent qu’il va finir en dépression s’il ne marque pas SON essai. Allez, soyez sympas les Toulonnais.

Clerc : Du mieux, sans être génial. Il fait la dernière passe sur les deux premiers essais et s’est contenté d’une seule cagade en lâchant – encore – un ballon dans l’en-but.

Fritz : Comme d’habitude mais sans la violence. C’est un peu décevant.

Fickou : Encore un peu trop effacé dans le jeu, il a n’a pas fait de bêtise et a bien défendu, ce qui lui suffit à faire moins pire que David et Jauzion.

Matanavou : Toujours aussi efficace, mais il va quand même sérieusement falloir songer à le faire jouer avec un chien d’aveugle.

Big Mac : Pas toujours très juste dans sa distribution du jeu, il a été plus efficace lorsqu’il a attaqué la ligne. Offre quand même deux essais et en marque un. McAlister quoi.

Doussain : Son meilleur match depuis au moins un an. Rapide, percutant, plutôt juste dans ses choix. Reste à confirmer et à éloigner définitivement ce vilain Luke du poste de titulaire, pour le bien de tous.

Galan : Ne se lassera jamais de nous montrer son cul. On le pardonne car il a encore été bon, et très adroit derrière la mêlée, son plus par rapport à Pikachu.

Nyanga : Sorti à la 60ème minute, il a décidé de rentrer à Toulouse en footing. Il est arrivé avant le bus de l’équipe.

Dusautoir : Enfin de retour, il était temps.

Maestri : Toujours aussi précieux. Par contre, faudra prévenir Guy qu’il ne pourra pas faire tous les matchs.

Milo-Chluski : Selon la tradition, c’était donc lui le seconde ligne qu’on a pas vu. Dans le doute, on dira qu’il a été bon dans les tâches de l’ombre.

Poux : Moyen, comme depuis le début de la saison. Quand il est là, la mêlée va (un peu) moins bien.

Johnston : Toujours indispensable.

Tolofua : Catastrophique en touche, même les lancers de Mike Phillips pendant l’expulsion de Roumieu étaient plus précis. Et il n’a pas été tellement meilleur dans le jeu.

Lionel Beauxis : Comme il ne peut plus nous faire rire sur les terrains, Beauxis trouve encore le moyen de nous divertir en inventant la blessure à l’échauffement. On a pu constater au passage que sur le banc bayonnais, Christophe Deylaud semblait encore plus affûté que notre bon vieux lémurien.

Le héros du week end : Cette semaine, personne ne pourra détrôner le gardien du Téfécé Ali Ahamada et son but de la tête contre Rennes. Pour égaler un tel exploit, il aurait fallu que Tolofua marque un drop depuis un lancer en touche. On perd pas espoir.

 

Les Baillonnés :

Le niveau de jeu et l’attitude d’une équipe de ProD2. Cette année les Montalbanais seront peut-être vengés. Dommage pour le public qui mériterait mieux.

David Roumieu : Une gueule de poète, une attitude de poète, un joueur comme on aime.

Renaud Boyoud : On peut comprendre son agacement face à un Dusautoir en mode McCaw. Mais s’en prendre au BEST PLAYER IN ZE GALAXY risque de lui coûter cher à la commission de discipline.

Rokocoko : Même Pottoka (mascotte du club, ndlr) court plus vite que lui. Quelle tristesse.

Cédric Heymans : c’est un peu cette ex qui nous a fait rêver pendant des années. Elle était belle, fougueuse, aventureuse. Les parties de jambes en l’air étaient spectaculaires. Puis elle est partie. Quand c’est arrivé, on lui a dit qu’on lui souhaitait juste d’être heureuse. Bien sûr, on mentait : rien ne nous aurait fait plus plaisir que de la voir se faire chier avec son nouveau mec, ce plouc campagnard qui porte un béret et qui a la Pena Baïona en sonnerie de portable.

Aujourd’hui, on l’a recroisée, et effectivement, elle avait l’air déprimée. Ça aurait pu flatter notre ego. Mais finalement, ça nous a fait un peu de la peine. Allez Cédric, fais pas ta pute, reviens. Ok, ton mec a un super job, il bosse chez Afflelou et a des réductions sur les verres correcteurs, mais tu sais bien que tu t’amuseras jamais avec lui comme avec moi. J’ai toujours la vidéo de ton essai contre les All Blacks en 2009 sur mon portable. Toulouse c’était vraiment mieux avec toi.

L’arbitre : Casimir a réalisé un match parfait, plein d’autorité. La Boucherie Ovalie le félicite d’avoir laissé gentiment dégénérer le match en se laissant complètement dépasser. A la fin du match, on s’est même cru en ProD2.

Sous ses airs de dilettante et de laxiste, se cache en fait un vrai killer un peu lâche. La preuve, il s’en est pris à Cédric Heymans pourtant en plein dépression et qui semble perdre ses cheveux :

 

 

Conclusion: attendons le grand choc de la mort

De la baston, du sang, des essais et une victoire bonifiée pour le Stade. Dit comme ça, ça avait l’air marrant. En fait, c’était un peu chiant, match du vendredi soir oblige. Contre un adversaire d’une faiblesse rare, les Toulousains n’ont pas vraiment eu besoin de sortir le grand jeu pour l’emporter. Le jeu des arrières est encore peu élaboré mais on a retrouvé une troisième ligne efficace et un demi de mêlée qui pèse. Derrière, les hommes en forme McAlister et Nyanga ont fait parler leur classe. Il n’y a plus qu’à voir ce que ça donne contre Toulon pour le grand choc de la mort qui tue du Top 14.

 

Merci à Philippe (@saintmtex) le mec qui fait des captures d’écran du cul de Galan pour les poster sur Twitter. Chacun ses passions après tout. 

 

Photo CC via Flickr by chris_3164

Mots-clés : ovale masqué

4 RÉACTIONS

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"Reste à confirmer et à éloigner définitivement ce vilain Luke du poste de titulaire, pour le bien de tous." tout est dit, mais bon il balance encore quelques parpaings, dont certains tuent les tentatives de jeu, en plus de BigMac...

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

Toujours aussi jouissif ces articles. Néanmoins après le match de ce soir (ST-RCT), on peut dire "Faux" à "Nyanga est – comme prévu – de retour avant d’aller chauffer le banc contre Toulon."

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

And I was just wonneridg about that too!

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