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Biarritz – Stade Toulousain : le scénario qu’on ne croyait plus revivre

Chaque semaine Ovale Masqué passe au grill le match du Stade Toulousain / Photo CC

Vous êtes ici entre les mains d’Ovale Masqué, chroniqueur rugby qui n’écrit que sur une planche à découper. Ses détracteurs le traitent de maître ès croc. Quand il tranche, c’est parfois sanguinolent. Mais il sait aussi poser le couteau quand il le faut et même faire rire vos côtelettes.

 

 

Au bord du terrain, Guy Novès paraît soucieux. Le manager toulousain sent que quelque chose ne va pas. Il enfile sa paire de lunettes et regarde attentivement le spectacle (sic) se déroulant sur la pelouse. Il se tourne ensuite vers son adjoint.

 

  • Jean-Ba… il y a quelque chose qui cloche… quelque chose de pas normal du tout…
  • Quoi ? J’ai perdu des followers sur Twitter ?
  • Mais non, le match ! Regarde…
  • … Ben quoi ?
  • Le Biarritz Olympique est leader du championnat. Ils touchent trois ballons dans le match et marquent un essai. Ils enchaînent les ballons portés. Et Damien Traille a marqué un essai contre nous, bordel ! Ça fait trop de coïncidences…
  • Nom de Zeus Jean-Ba ! Tu ne comprends pas ? Nous sommes revenus en  2005 !
  • Mais qu’est-ce que tu racontes… ça n’a pas de sens…
  • Retourne toi et regarde… Regarde sur le banc : Benoît Baby ! Il joue encore au rugby.
  • Nooooooooooon !

 

Toulouse a perdu contre Biarritz. Quelque chose auquel on était plus habitués, quelque chose qu’on ne voulait plus jamais revivre.

 

 

 

Un match comme un flash-back

Magique. Pendant 80 minutes, le Stade Toulousain nous a fait rajeunir de sept ans. Une époque que ceux qui ont découvert le rugby en 2007 ne peuvent pas connaître. Une époque où le Bého dominait sans partage le rugby français. Une époque où le Stade Toulousain avait une mêlée en carton et des arrières de feu – tout le contraire d’aujourd’hui finalement. Moi-même je me suis revu dans ces années là, alors que je m’apprêtais à rater mon bac L option arts plastiques l’endroit idéal pour dormir en cours et pécho des hippies à l’hygiène douteuse. D’ailleurs Clément Poitrenaud a sans doute fait cette filière-là lui aussi.

Je ne ferai pas durer le suspense : oui, Toulouse a perdu contre Biarritz. Quelque chose auquel on était plus habitués, quelque chose qu’on ne voulait plus jamais revivre, un peu comme les repas de famille chez nos grands-parents quand on était petits. Comment en est-on arrivés là ? Comment perdre contre le Bého qui ne pouvait même pas compter sur Yachvili et Harinordoquy ? Que s’est-il passé ? Rien, en fait. C’est peut-être ça le problème.

 

La composition du Stade Toulousain

 

Composition du Stade Toulousain face au Biarritz Olympique le 1er septembre 2012 / Carré d'Info

 

 

Le grand « choc des leaders » (sic)

Le film du match. Un film que tu regardes en streaming et qui coupe toutes les deux secondes. Sauf que là c’est pas ta connexion, simplement des mecs qui font tomber des ballons par terre en essayant de se faire des passes sans trop de conviction.

 

David/Fritz : l’association la plus dangereuse pour l’équilibre de l’univers depuis celle du pantacourt et des tongs

 

Un samedi après-midi ensoleillé à Biarritz. Des conditions idéales pour aller à la plage plutôt que de regarder un match de Top 14. Malgré tout, quelques naïfs avaient préféré débourser quelques euros pour le grand « choc des leaders » du championnat, comme dirait si bien Eric Bayle, lequel a manifestement raté une sacrée carrière de vendeur de voitures d’occasions.

A la plage, Yoann Huget aurait d’ailleurs bien fait d’y aller pour parfaire son bronzage. Jouer aux cotés de la paire de centres David/Fritz – l’association la plus dangereuse pour l’équilibre de l’univers depuis celle du pantacourt et des tongs – rendait ses chances de toucher un ballon dans l’après-midi quasi-nulles. Pour l’autre ailier, Vincent Clerc, le problème est différent : il est de toute façon toujours mentalement en vacances depuis la reprise.

Alors, que dire de ce match ? Pas grand-chose. Pour ceux que ça intéresse vraiment, voilà à quoi pouvait ressembler le scénario du match :

En-avant
En-avant
Mêlée écroulée
En-avant
En-avant
En-avant
Mêlée écroulée
En-avant
Essai biarrot
En-avant
En-avant
Mêlée écroulée
En-avant
En-avant
Mêlée écroulée
En-avant
En-avant
En-avant
En-avant du N°8 derrière une mêlée écroulée
En-avant
Mêlée écroulée
Essai toulousain

 

 

Duel d’emplois fictifs

De ce match, il n’y aura donc eu qu’une poignée de choses à retenir. D’abord, l’essai des Biarrots, qui ont accompli l’exploit de marquer 23 points en venant seulement deux fois dans le camp toulousain. Une performance qui habituellement n’est possible que lorsque l’Argentine affronte et bat le XV de France. Un essai plutôt classe, il faut l’avouer, marqué en première main, depuis un lancement de jeu (autant de termes techniques dont Jean-Baptiste Elissalde semble ignorer l’existence).

Suite à une touche à hauteur des 45 mètres, Lesgourgues récupère le ballon et lance parfaitement Aled Brew dans l’intervalle, qui profite d’une erreur de placement de Beauxis. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Aled Brew est un ailier gallois qui ne compte que 8 sélections avec le XV du Poireau (évidemment, s’il en avait plus, il jouerait à Toulouse ou Toulon, pas à Biarritz). Brew, donc, perce au centre du terrain et se retrouve bientôt face à Vincent Clerc. Jean Dridéal, toujours aussi affable, s’efface poliment sur l’action, avec une grâce qui n’est pas sans rappeler celle des tourniquets de la ligne A du métro toulousain. Brew n’a plus qu’à donner son ballon à Damien Traille qui marque entre les poteaux.

Nous sommes à la 25ème minute et à ce moment-là le BO mène 13 à 3. Et manque même de faire gonfler le score quelques minutes plus tard après un bel essai refusé à Ngwenya, pour une passe au cordeau « à la Toulousaine » entre Traille et Balshaw, du genre de celles qui ne sont pas sifflées en-avant à Ernest Wallon. A croire que Serge Blanco a perdu toute son influence sur le corps arbitral.

Tout cela n’empêche pas le Bého de mener au score, complètement contre le cours du jeu de l’aveu même de Jack Isaac, l’alter ego biarrot de Jean-Baptiste Ellissalde qui possède lui aussi un emploi fictif depuis 3 ans. Car lors de la première mi-temps, c’est bien Toulouse qui tient le ballon. 4 secondes en moyenne, avant de le lâcher, mais quand même. Cette bouillie de rugby offre évidemment un nombre considérable de mêlées, qui la plupart du temps, sont à l’avantage du Stade Toulousain. Notamment grâce à Census Johnston, qui a souhaité la bienvenue dans le Top 14 au pilier sud-africain Johannes Blaauw en lui faisant brouter la pelouse d’Aguiléra tout l’après-midi.

 

On en viendrait presque à regretter Bertus Swanepoel, joueur inutile à l’aile mais qui marquait des points au pied, bref un joueur qui conviendrait totalement au nouveau style de jeu du Stade.

 

 

Lionel Beauxis, dans un grand jour

Une domination qui n’a malheureusement pas permis d’engranger des points, puisque Lionel Beauxis était dans un grand jour. Las de passer pour cet éternel espoir du rugby français, ce joueur « qui aurait pu, mais en fait non », Yoyo a décidé de se rebeller et d’exister, enfin. Il ne sera peut-être jamais un grand joueur, tant pis. Au moins, il sera le plus drôle. Le Lémurien s’est donc lancé dans un numéro de one man show mémorable face aux perches, en réussissant même à louper des coups de pied à 25m face aux perches. Au total, c’est 17 points qui vont s’envoler grâce à l’artiste. On en viendrait presque à regretter Bertus Swanepoel, joueur inutile à l’aile mais qui marquait des points au pied, bref un joueur qui conviendrait totalement au nouveau style de jeu du Stade.

En face de Yoyo, Jean-Pascal Barraque, dopé au Pétrol Han et bénéficiant des mêmes super pouvoirs que Dimitri Yachvili, réalise lui un beau 5/6. Le temps passe et le rapport de force en mêlée finit par s’inverser avec les nouveaux entrants (Van Staden et Barcella au Bého, Guillamon et Poux à Toulouse). Les Rouge et Noir perdent donc le seul secteur où ils avaient encore l’avantage. Stérile au pied, impuissant dans le jeu à la main, le Stade Toulousain ne redresse pas la barre (pas même celle d’Eric Bayle qui s’ennuie autant que nous) et se dirige petit à petit vers une défaite sans gloire, contre une équipe du Bého solide, sans plus.

Dans les dernières minutes, les Toulousains se rappellent pourtant qu’il est temps d’accélérer et de marquer cet essai de raccroc qui leur offrira la victoire. Après une belle charge de Fritz, le jeu se déplace jusqu’à l’aile et Beauxis sert Clerc d’une belle passe lobée pour l’essai. Sauf qu’en fait, il y avait 10 points d’écart au score et que cette fois cet essai ne servira qu’à ramener un bonus défensif.

 

Les plagistes de l’Empire Capitoliste

Poitrenaud : Une Poitrenade en début de match, histoire de faire honneur à sa légende. Sinon, de belles relances incisives, des prises d’intervalles, comme d’habitude c’est le seul joueur créatif sur le terrain avec McAlister, sauf que Big Mac n’était pas là cette fois.

Huget : la seule fois où il a touché le ballon du match aura coïncidé avec la seule fois où on aura entendu le public biarrot, qui a tenu à saluer l’ancien bayonnais avec quelques sifflets estampillés Valeurs du Rugby ©.

Clerc : Après Rory Kockott, Aled Brew, les journées portes-ouvertes continuent chez Jean Dridéal. Il est vraiment trop sympa.

Fritz : De l’envie, une bonne défense, quelques belles charges… mais il n’est toujours pas un vrai premier centre.

Yann David : Ne sert qu’à péter dans la défense, se fait sauter dans les attaques au large. Une sorte de Bastareaud version Disney Channel, beaucoup plus mignon mais pas tellement plus utile.

Beauxis : Un fiasco face aux poteaux, une erreur de placement sur l’essai mais quelques belles touches trouvées et une passe décisive à la fin. On pourra regretter l’absence d’un second buteur sur le terrain pour le suppléer quand il craque nerveusement, soit environ tous les deux matchs.

Burgess : Une sorte de Dusautoir à l’envers. Quand il est juste très mauvais, et pas catastrophique comme à son habitude, on ne le remarque même plus. Il s’est quand même illustré juste avant la mi-temps en essayant de déclencher une générale : c’est bien la première fois qu’il aurait eu une influence quelconque sur le déroulement d’un match.

Picamoles – Dusautoir – Bouilhou : Pas beaucoup d’envie sur le terrain, ils ont été globalement dominés par la belle troisième ligne biarrote, notamment Lauret, qui a fait un gros match, à tel point qu’on se demandait si ce n’était pas lui le meilleur joueur de la galaxie cet après-midi.

Maestri : Un peu moins bon que lors des deux derniers matchs mais correct.

Milo-Chluski : Pas vu grand chose pour son retour.

La première ligne : Match solide du trio JIFF Steenkamp – Botha – Johnston, qui a fait le boulot en mêlée.

Nyanga : a fait plus en dix minutes que Bouilhou et Dusautoir en 70. Apparemment, c’est le seul qui se sentait concerné par ce match avec Fritz.

Guillamon & Poux : sont rentrés pour terminer le repas gastronomique de Blaauw.

Lacombe : A balancé une magnifique pizza pour déclarer sa solidarité avec Tolofua, sorti du groupe cette semaine.

Doussain : Pas trop mal il a bien dynamisé le jeu sur l’action de l’essai.

Lamboley : Continue sa tournée d’adieu au Top 14 en attendant le retour d’Albacete. Comme notre Johnny national, on sent bien que la fin est proche puisqu’il a raté tout ce qu’il a tenté, notamment en se trouant trois fois sous des renvois.

 

Le Yachvili Olympique

Le Bého avait pris l’habitude de rater ses débuts de saison et de revenir en trombe sur la fin. Cette année c’est apparemment l’inverse. Sans génie, les Biarrots ont été solides. En dehors de Blaauw qui n’a pas fait le job, tout le monde a tenu son rang dans le pack et Wenceslas Lauret a été précieux. Lesgourgues a 21 ans et semble déjà mieux connaître son métier que Luke Burgess. Barraque est plutôt élégant balle en main et très fiable au pied. En plus, il est polyvalent au centre : je ne serais pas étonné que Philippe Saint-André préfère Barraque à Fritz lors de la prochaine tournée des Bleus.

 

Une attente qui nous donnerait presque envie d’aller nous abonner au Stade Michelin, malheureusement, c’est en Auvergne (…).

 

Plus d’un an qu’on attend le moment où le Stade aura enfin le « déclic »

Alors, c’est grave ? Non. Après 3 matchs, Toulouse est 3ème et a pris des points à chaque fois. Et perdre à Biarritz n’est pas une honte, même si voir Imanol Harinordoquy et ses lunettes à la Top Gun faire le kéké au bord du terrain, ça fait toujours un peu mal à l’amour propre.

On sait aussi que l’important pour Guytou est d’arriver en bonne forme aux alentours du mois d’octobre pour le début de la H Cup. Sauf que ça va maintenant faire plus d’un an qu’on attend le moment où le Stade aura enfin le « déclic » et commencera enfin à proposer un jeu offensif potable. Une attente qui nous donnerait presque envie d’aller nous abonner au Stade Michelin – malheureusement, c’est en Auvergne et aucune personne sensée n’aurait envie d’aller vivre là bas.

 

Photo CC via Flickr by chris_3164

Mots-clés : ovale masqué

4 RÉACTIONS

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Tellement vrai tout ça, sauf que Picamoles a fait un bon match et a souvent avancé, mais avec un soutien qui cueillait les pâquerettes avant l'automne. Idem pour Poitrenaud qui mets la défense biarrote à la rue avec personne pour bonifier les actions, triste.

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

c'est vrai que ça fait quelque temps qu'on s'emmerde à regarder le stade, je crois que je vais boycotter les matchs où il y a la paire Yann Fritz/Florian David (ou le contraire) au centre : une passe boum! une passe boum! un en avant et on recommence!!!!!!!!!!!!

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

tellement vrai et tellement drôle !....mon préféré pour le le bauxis en lémurien !

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

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