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Bordeaux – Toulouse : pourquoi sont-ils aussi méchants ?

Chaque semaine Ovale Masqué passe au grill le match du Stade Toulousain / Photo CC

Vous êtes ici entre les mains d’Ovale Masqué, chroniqueur rugby qui n’écrit que sur une planche à découper. Ses détracteurs le traitent de maître ès croc. Quand il tranche, c’est parfois sanguinolent. Mais il sait aussi poser le couteau quand il le faut et même faire rire vos côtelettes.

 

« Un match de rugby dure 80 minutes et à la fin, c’est le Stade Toulousain qui gagne.
Sauf si c’est contre des Irlandais.
Ou si Blanco est président de la Ligue.
Ou s’il y a doublons »
.
(Proverbe toulousain)

 

Tout d’un traquenard

Après une victoire probante contre les smicards du RCT, le Stade Toulousain s’apprêtait à faire face à son plus grand défi : réussir deux bons matchs de suite. Une tâche peu évidente puisque les Stadistes affrontaient à nouveau une équipe de l’Autre Championnat, ces équipes qu’on «se doit de respecter », même si on ne connait pas le nom d’un seul de leurs joueurs du XV titulaire.

 

Ce sont bien les Bordelais qui ont fini par se faire voler leur pain au chocolat dans une ruelle sombre.

 

Et à propos de titulaires, Maître Guy a décidé de faire tourner à une semaine des débuts de la H Cup. Une charnière Burgess – Doussain, tout droit sortie d’un de mes pires cauchemars, est donc titularisée. Yann Montès, le grand espoir de 27 ans, est là aussi. Même Yves Donguy est présent ! On avait tellement l’habitude de le voir en costard dans les tribunes qu’on avait fini par croire qu’il avait décroché un poste de vigile. Les Bordelais, eux, sont au grand complet pour ce derby de la Garonne (Canal + ne sait vraiment plus quoi inventer pour vendre ses affiches) au stade Chaban-Jacques-Delmas.

Rappelons que l’année dernière, ils l’avaient emporté contre les Rouge et Noir dans cette même enceinte. Cette rencontre avait donc tout d’un traquenard. Mais finalement, ce sont bien les Bordelais qui ont fini par se faire voler leur pain au chocolat dans une ruelle sombre. La faute à ces voyous de Toulousains, qui s’en sortent encore une fois en ayant joué seulement 30 minutes sur 80. Mais pourquoi sont-ils aussi méchants ?

 

Moi aussi j’ai envie d’être une crevure, je vous mets donc une photo de Steenkamp torse nu. C’est cadeau.

 

« Ça va être plus facile que prévu »

Un match à Bordeaux, sous la pluie, une équipe expérimentale, une rencontre de H Cup cruciale dans une semaine… Ça sentait le bon gros match de merde pour le Stade. Pourtant, malgré l’ouverture du score par Camille Lopez (au moins, Gillian Galan ne sera plus le seul joueur du Top 14 à avoir un prénom de meuf), le Stade Toulousain prend le match par le bon bout.

La charnière fonctionne plutôt bien. Steenkamp et Picamoles font parler leur puissance et les temps de jeu s’enchaînent. Suite à une pénaltouche, c’est d’ailleurs Picachu qui va conclure en finesse une démonstration de force du pack toulousain. Une pénalité de Doussain plus tard et le Stade mène 10 à 3.

Pendant un quart d’heure, l’UBB ne voit pas le ballon. Finalement, ça va peut-être être plus facile que prévu. C’est sans doute précisément ce que se sont dit les Rouge et Noir à ce moment-là, puisque tout n’allait pas tarder à déconner sévèrement.

 

Mais Poitrenaud offrait une nouvelle occasion d’essai. A force de se faire des tatouages de biker maori, Barbatrous doit finir par se prendre pour Sonny Bill Williams.

 

Doussain, le poteau électrique et Petter Solberg

Malade à l’idée que je ne parle pas de lui dans ce compte-rendu, Burgess décidait de nous offrir un de ses dégagements dont il a le secret : un coup de pied dans la boîte de 10 mètres de long, tapé en plein centre du terrain. L’occasion idéale pour les Bordelais de sonner la révolte et d’enchaîner les séquences intéressantes. Reihana, qui ne sort jamais sans son parapluie, oublie par contre parfois Talebula sur l’aile, et vendange une belle occasion d’essai.

Mais Poitrenaud leur en offrait une nouvelle peu avant la mi-temps. A force de se faire des tatouages de biker maori, Barbatrous doit finir par se prendre pour Sonny Bill Williams. On se demande encore ce qu’il s’est passé dans sa tête quand il a voulu réaliser cette passe après contact pour Donguy à l’entrée des 22, mais ce qu’on sait c’est qu’elle était en-avant d’au moins 5 mètres. Sur la mêlée qui suit, Talebula attaque la ligne, pour être plus précis il attaque Doussain et le renverse comme Petter Solberg renverse un pylône électrique qui nous rappelle les plus belles actions autoroutières de Stéphane Ougier.

Mais revenons au match. Après la percussion de son ailier, la balle parvient jusqu’à Lopez, qui délivre une merveille de passe au pied pour Connor. L’ailier australien devance Donguy à la course et marque en coin. Finalement, c’est donc Bordeaux qui mène 14-10 à la mi-temps.

 

McAlister s’énerve et sèche Lopez sans ballon, avec un très beau high kick. Une action pour laquelle Florian Fritz aurait pris un rouge et 5 matchs de suspension

 

Mc Alister, le grand frère qui vient te casser la gueule

Visiblement, les speech de Guy Novès ne font plus leur effet puisque comme c’est désormais une habitude, le Stade prend un essai débile, d’entrée de jeu en deuxième période. C’est encore Talebula qui profite d’une mésentente entre Doussain et Bouilhou, et d’une double cagade du duo de jongleurs Matanavou/Donguy, pour inscrire le deuxième essai bordelais en contre. Fâché, Guytou décide de faire entrer McAlister.

C’est un peu comme quand un mec que tu viens de provoquer décide d’appeler son frère, le champion de karaté, pour te casser la gueule : tu te rends très vite compte que tu aurais mieux fait de pas faire le malin. Pourtant, les Bordelais continuent d’être insolents. Talebula toujours, nous prouve qu’il est un joueur à multiples facettes, en faisant admirer ses talents de dribbling après un nouveau ballon perdu par Toulouse sur un ruck. 29-10.

On commence alors à repenser au match contre l’USAP, et on se dit qu’on est plus proche du BO pour Bordeaux que du BD pour Toulouse. Même le Messie McAlister s’énerve et sèche Lopez sans ballon, avec un très beau high kick. Une action pour laquelle Florian Fritz aurait pris un rouge et 5 matchs de suspension. Mais Luke McAlister étant un gentil garçon (la preuve, il poste des photos de lui faisant des câlins à des chiens sur Twitter) alors on l’a juste un tout petit peu grondé.

 

L’entrée des remplaçants finit par payer, notamment au niveau des avants, emmenés par un Maestri décidément indispensable.

 

Hommage au célèbre danseur Christophe Dominici

Parlant de Fritz, le bull terrier toulousain doit se reconvertir au poste de demi de mêlée après la sortie sur blessure de Doussain. Cette fois c’est sûr, c’est foutu. Les Bordelais ratent pourtant l’occasion de tuer définitivement le match quand Le Bourhis décide de rendre hommage au célèbre danseur Christophe Dominici, en échappant un ballon d’essai tout fait à 5 mètres de la ligne. Sans doute le fameux « tournant du match », puisque de façon inexplicable, Toulouse va alors se lancer dans un improbable come-back.

L’entrée des remplaçants finit par payer, notamment au niveau des avants, emmenés par un Maestri décidément indispensable. Les sorties de balle se font plus rapides et Toulouse reprend enfin le jeu en mains. L’escroc Matanavou marque son essai syndical en concluant une action au large. Pire : il double même la mise après un énième numéro de jonglage, réussi cette fois, après une passe au pied de McAlister. Une action sur laquelle le défenseur bordelais réalise un magnifique plaquage sur le poteau de touche. C’est assez ridicule à voir, mais au moins, il aura essayé (bien sûr, une dédicace à Clément Poitrenaud se cache dans cette phrase).

Et c’est finalement le héros bordelais du soir, Talebula, qui va planter le dernier clou dans le cercueil de son équipe. « Comme un symbole », comme disent les vrais journalistes de l’Equipe, ceux qui ont un CDI (bise amicale aux joueurs de djembé RMistes qui me servent de patrons au Carré d’Info).

 

On a connu des dépucelages plus délicats, mais après tout Toulouse n’est pas la capitale internationale du crime pour rien.

 

Monsieur Mitrea, à la recherche de ses propres testicules

Après un dégagement de McAlister, l’ailier fidjien subit une rupture des ligaments croisés du cerveau et propulse le ballon derrière l’en-but en tentant de sauver une touche. Bien joué, ce sera donc une mêlée à 5. A ce moment-là, l’UBB évolue à 14, suite à un carton jaune remis à Clarke. Et bientôt à 13, puisque la mêlée bordelaise se fait laminer, provoquant l’expulsion du pauvre Jefferson Poirot, 19 ans. On a connu des dépucelages plus délicats, mais après tout Toulouse n’est pas la capitale internationale du crime pour rien.

Délicat, l’arbitre italo-roumain (tout de suite, ça sent l’arnaque, mais c’est pas bien d’avoir des préjugés) l’est beaucoup plus. Après la séquence culte qui avait vu Mickael Madar chercher sa gourmette sur la pelouse de Villeneuve d’Ascq (voir l’anecdote N°9), nous avons donc eu le droit à Monsieur Mitrea, à la recherche de ses propres testicules.

Notre ami aura en effet eu besoin de refaire la mêlée 8 fois, vous avez bien lu, 8 fois, pour finalement se résoudre à accorder un essai de pénalité en faveur des Toulousains. Si le match avait eu lieu à Toulon, on aurait compris son hésitation, sa décision pouvant sans aucun doute poser un contrat sur sa tête, ainsi que sur celles de l’intégralité de sa famille. Mais à Bordeaux… bref, McAlister transforme en face des perches, et Toulouse l’emporte sur le fil, 34 -32.

 

Matanavou et Donguy possèdent un sens du placement au moins égal à celui de Jérôme Kerviel

 

 

Les Soldats de l’Empire Capitoliste

Matanavou & Donguy (Dumb and Dumber) : Finalement, on comprend pourquoi Clerc jouait tous les matchs depuis le début de la saison. Même à 20% de ses capacités physiques, Jean Dridéal s’en tirait mieux que notre duo de comiques. Numéros de cirque sous les ballons hauts, placement aléatoire, air-plaquages… il y avait là de quoi faire une très belle vidéo montée sur la musique de Benny Hill.

A sa décharge, Yves Donguy n’avait pas joué un match depuis 6 mois et n’a probablement qu’un souvenir lointain de ce qu’est le jeu de rugby. Quant à Matanavou, il est sans doute la meilleure chose qui soit arrivé à la LNR. Il coûte 3 essais par matchs et en marque 2 : grâce à lui, le Top 14 peut passer pour un championnat spectaculaire et négocier ses droits télé à la hausse. A coté de ces deux là, Barbatrous n’a pas été trop dégueulasse, même a quand même trouvé le moyen de réussir une petite Poitrenaud. Ça faisait longtemps.

Fritz : J’ai beau souvent descendre Burgess, je n’aurais jamais osé dire que Fritz serait meilleur que lui au poste de demi de mêlée. Pourtant… Florian a visiblement intégré tous les fondamentaux du poste, puisqu’il a passé son temps à lever les bras et à pourrir l’arbitre. La séquence où il vient mendier une pénalité (à un arbitre roumain) mérite sans doute un GIF. Il a également fait le job sur les sorties de balles, en profitant du bon travail de ses avants.

Une chance que n’ont pas eue Bougresse et Doussain. C’était quand même pas une excuse pour être aussi mauvais. L’ami australien a d’ailleurs connu l’humiliante expérience de se faire sortir du terrain au bout de 41 minutes. Ça aurait été plus sympa de le faire à la mi-temps, au moins personne n’aurait remarqué. Tout cela est inquiétant, d’autant plus qu’il parait que Nicolas Vergallo pourrait partir s’exiler en Afrique du Sud, lassé d’être le seul joueur à qui personne ne demande d’autographes à l’entraînement.

Jauzion, Bouilhou, Lamboley : La tournée de trop pour les Rolling Stones toulousains. Même en leur faisant bouffer du steak Contador, ils peineraient à tenir 80 minutes.

Picamoles : Encore omniprésent, Louis « je charge les deux coudes en avant » Picamoles a encore fait des ravages dans les défenses. Le lendemain de sa prestation, on apprenait que le joueur, en fin de contrat, était convoité par le RCT. Quelque chose nous dit qu’il y a un agent qui a tout compris aux négociations.

Nyanga : Comme d’hab, a été très bon mais très vite remplacé par Dusautoir.

Milo-Chluski : Entre son charisme irradiant et son activité de l’ombre, difficile de se faire un avis sur lui. Puis merde à la fin, demandez à un mec qui connait vraiment le rugby.

Le 5 de devant : Encore une belle performance du trio de tueurs à gages Steenkamp – Johnston – Maestri, les deux derniers ayant apporté beaucoup sur leurs rentrées. La présence de Yoann Montès au Stade Toulousain reste un mystère, il va falloir qu’on se renseigne pour savoir avec la fille de qui il couche. Poux et Botha ont fait le job, sans plus.

 

Etcheto ressemble un peu à Guy Novès, mais en jeune et souriant. Un Guy qui n’aurait pas encore connu l’horreur des doublons, quoi.

 

Les Bordelais

Camille Lopez a réalisé une prestation brillante au pied. Grâce à la complicité de Matanavou et Donguy, qui possèdent un sens du placement au moins égal à celui de Jérôme Kerviel, l’ouvreur de l’UBB a montré l’éventail de ses talents : coups de pied décroisés, chandelles, par-dessus, à suivre… le trio arrière toulousain s’est tout simplement fait balader.

Talebulamaijaina : C’est de la bonne. Vuidravuwalu, Butonidualevu, Burotu et autres Nakaitaci… acheter de l’ailier fidjien chic et pas cher, Guy Novès l’avait fait avant que ça devienne cool.

Ibanez & Etcheto : Schtroumpf Dépressif & Schtroumpf Joyeux ont régalé les réalisateurs du match, qui n’ont pas manqué de nous abreuver de gros plans sur les deux coachs bordelais. Voir leur visage se décomposer au fur et à mesure de la séquence des 8 mêlées aura assurément été un grand moment. D’ailleurs, on notera que physiquement, Etcheto ressemble un peu à Guy Novès, mais en jeune et souriant. Un Guy qui n’aurait pas encore connu l’horreur des doublons, quoi.

 

Conclusion

Un beau hold-up, de l’aveu même du Batman toulousain sur Twitter. Mais finalement, à part les Bordelais, tout le monde s’en fout. Toulouse gagne, sans se donner la peine de bien jouer. Il n’y a finalement rien de plus banal en Top 14. Et la semaine prochaine, les choses sérieuses commencent face à Leicester. Cette année, il y a quand même une belle finale à perdre à Dublin…

 

Mots-clés : ovale masqué

8 RÉACTIONS

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Steenkamp, on dirait un peu Bane quand même.

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C'est très bon ce que tu fais Ovale Masqué ! C'est presque du San Antonio. Il manque juste Béru.

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

Une comparaison judicieuse. Je vais avoir du mal à relier les chroniques d'Ovale Masqué pour les ranger avec ma collection presque complète de San A... Mais à Carré d'Info, rien d'impossible, je suis sûre qu'ils trouveront une solution. Pour faire Béru, on a l'embarras du choix parmi les affreux... Le concours est ouvert.

Top tes papiers, Ovale Masqué, tu me fais mourrir de rire....et vive le STADE!!!

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

Il en a fait du chemin le petit Masqué depuis le blog d'Ewen McKenzie... c'est un sale traître mais la meilleure recrue toulousaine de ces dernières saisons juste derrière Magalie Stère (faut pas déconner non plus!).
On sait qu'il nous trahira pour le RCT dès que le Stade, victime des doublons, ne fera même plus les demi-finales, battus en barrage par de vaillants castrais et un doublé de Marc Andreu ; mais d'ici-là, profitons-en!
Je... Lire la suite

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Enfin, Ovale Masqué génère un retour sur investissement... Pas trop tôt ! Nous nous ferons volontiers corrompre pour un demi et quelques olives. Laissez vos coordonnées à redaction@carredinfo.fr et vous serez tenu informé de la prochaine réunion de rédaction délocalisée.

Je ne connais pas les arcanes du rugby, mais la rubrique est savoureuse.

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

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