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Congrès PS : vieux routier ou débutant, typologie du congressiste

Les délégués se prononcent lors d'un vote statutaire - Photo Carré d'info, Kevin Figuier

Le congrès du PS s’est achevé hier à Toulouse. Trois jours de discours, des ministres et le sacre d’Harlem Désir. Mais un congrès, c’est également des centaines de personnes qui ont parfois fait des milliers de kilomètres pour assister aux débats. Des invités encore peu coutumiers de la professionnalisation politique aux vieux routiers de l’exercice avec 15 congrès au compteur, la diversité des parcours s’est croisée le temps d’un week-end.

 

Le délégué : super militant solférinologue

Rouge, vert, jaune, bleu. Indispensables pour pénétrer au palais des congrès, les badges étaient ce week-end l’accessoire à avoir de toute personne qui se voulait congressiste. Des couleurs et des hiérarchies, à commencer par les « rouges » estampillés délégués. Occupant la majeure partie de la salle plénière, ils forment le gros des troupes socialistes présentes à Toulouse. Plus que de simples militants, ils représentent le vote de leur territoire et sont ainsi désignés pour voter. Souvent fins solférinologues, certains occupent ou ont occupé des responsabilités politiques.

Les tables accueillant les délégations départementales - Photo Carré d'info, Kevin Figuier

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En provenance de la Nièvre, Didier Boulaud vit son 15e congrès : « Je suis au PS depuis 1977 donc oui, j’en ai vu un paquet. » Dans une ambiance que tous les observateurs qualifient de morose, cet ancien sénateur prend sans surprise le contre-pied : « C’est un contexte inespéré. On peut plus se défausser. Concernant le congrès, on en a connu des plus compliqués. Ce congrès permet simplement de réorganiser les troupes. Ça va être le rassemblement.» Discours rôdé, éléments de langage, samedi, la mission était donc pratiquement remplie pour le délégué à l’exception de la dégustation de cassoulet qui restait sur la liste des « to do. »

 

Les invités : « Contents de voir des ministres de près »

Derrière les tables des délégués se dressent deux tribunes, dédiées au reste des couleurs de badges. Dans les rangs, beaucoup de bleus, avec inscrits invités. Généralement d’une cuvée plus récente, beaucoup d’entre eux sont surtout là pour voir, comme Muriel et Véronique, de la fédération du Val d’Oise. « Nous sommes au PS depuis 2006 mais c’est notre premier congrès. » Ici en tant que mandataires de motions, elle n’étaient pas allées à Reims, visiblement écœurées par le vote de l’époque. « Cette année, on très contentes de voir Harlem Désir devenir premier secrétaire. » Et elles l’assurent, elles ne sont pas fatiguées de voir défiler des célébrités et d’illustres inconnus à la tribune : « C’est super, on voit les gens qui gouvernent le pays. On s’ennuie pas, c’est très enrichissant et très formateur. » Observation et écoute pour qui sait, revêtir un badge rouge lors d’un prochain congrès…

 

La mug PS a été l'un des produits phares de la boutique du congrès - Photo Carré d'info

 

Jacky et Claudine ont quant à eux fait moins de route. Anciens militants de l’Aude, ils ne sont plus que « sympathisants » : « Mais ça fait du bien de venir, on avait besoin de se ressourcer. On aime venir. » Et puis là aussi, la fascination des lumières médiatiques joue à plein : « Nous avons eu Le Foll, Cambadélis et même serré la main à Elisabeth Guigou. »

 

Vert, orange, rose : les petites mains du Parti

Les plus présents au congrès : les badges roses du service d’ordre vous scannent à chaque franchissement de porte. Et gare au badge retourné qui ne manquera jamais de vous faire remarquer. Mais question déclaration les consignes sont claires : « pas de commentaires. » L’armée de l’ombre socialiste s’est ainsi relayée sur son temps libre pour assurer l’organisation. Comme les badges verts, qui mettent en musique le déroulé de la journée et accessoirement, tiennent la boutique PS. On notera cette année une belle progression des mugs et clés USB rose au poing.

L'un des badges pour accéder au congrès du Parti Socialiste - Photo Carré d'info

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Quant aux badges orange, ce sont les auditeurs, nombreux également. Venus de toute la France, ils sont en charge de « voir, d’écouter et de rapporter les contenus des échanges » sur leurs territoires respectifs, indique le rapporteur Claude Moser de Marseille. « C’est un retour sur le terrain mais nous n’avons pas le droit de vote. »

 

Les délégations étrangères : « On rêve d’organiser un tel congrès en Syrie »

Pas vraiment délégué mais plus qu’invité, les délégations étrangères ont leur table dédiées. Congo, Chine, Allemagne, l’internationale socialiste prend ici forme. Et parmi eux, Chadi Sabra, cadre du Parti Démocratique du Peuple Syrien. « C’est la première fois qu’on est invité. Avant, il n’y avait pas de communication avec l’extérieur. »

 

Chadi réagit à la question d’un congrès prétendu ennuyeux : « Je ne trouve pas. Et puis c’est ça la démocratie! »

 

Résidant Français, Chadi réagit à la question d’un congrès prétendu ennuyeux : « Je ne trouve pas. Et puis c’est ça la démocratie! Ça permet de rencontrer beaucoup d’autres délégations et de faire passer notre message pour la démocratie en Syrie. » Voir aussi comment tout cela fonctionne et rêver un peu : « On rêve d’organiser un jour un tel congrès en Syrie et d’y inviter les autres délégations. »

Mots-clés : congrès PS

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