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CREA: après l’expansion, les expulsions?

Dans la cour du CREA - Photo Carré d'info

Il y a huit mois, le CREA prenait possession d’une partie des bâtiments de l’AFPA, au 70 avenue des Demoiselles. Depuis, ce sont trois autres bâtiments qui ont été réquisitionnés par les militants. Mais après l’expansion vient le temps des expulsions. A partir d’aujourd’hui mardi, le 16 rue des demoiselles est sous le coup d’une procédure d’expulsion prononcée par le tribunal administratif. Le bâtiment de l’AFPA devrait suivre.

 

L’autogestion à l’épreuve du droit

Dans la cuisine des anciens locaux de l’AFPA, c’est l’effervescence. Des kilos de légumes attendent de constituer une soupe et les marmites sont en pleine préparation de confitures. Dans le hall, des enfants jouent et le va et vient est incessant et joyeux. Bienvenue au Collectif de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion. Fondé par un noyau d’une quinzaine de militants, le collectif a entrepris d’accueillir des familles vivant dans la rue à Toulouse. Au 70, ce sont quatre familles dont huit enfants qui bénéficient de logements dans une partie du bâtiment.

 « Nous ne sommes pas les chefs. Ce sont les familles qui gèrent chacune de leurs habitations. »

L’autre moitié est dédiée à l’activité sociale qui accueille des activités gratuites et notamment des cours de français et des activités sportives. Au départ considéré comme des squatteurs, le collectif s’est peu à peu structuré et centralise les besoins de trois autres bâtiments. « Nous ne sommes pas les chefs. Ce sont les familles qui gèrent chacune de leurs habitations. Nous répondons juste en cas de besoin », explique un militant. L’autogestion appliquée au domaine social. Mais illégale au regard des propriétaires, de la préfecture et du droit. Au 16 avenue des Demoiselles, le propriétaire, une SCI de particuliers, cherche à vider le bâtiment. Après une procédure judiciaire au tribunal administratif, la décision est tombée : les militants et familles doivent quitter les lieux à partir du 21 février. Pas de trêve hivernale pour les squats.

 

Un projet de foyer SDF pour l’AFPA

Malgré ce coup d’arrêt, les membres du collectif restent sereins mais commencent à mobiliser. Vendredi, ils étaient plus d’une centaine à rejoindre une assemblée générale sur le sujet. « Nous avons entamé un recours auprès du juge de l’exécution. Même si ce n’est pas suspensif, ça permet de gagner du temps » estime une militante. Pour les familles, l’attente promet néanmoins d’être anxieuse. Un père de famille originaire d’un pays de l’Est, où sa vie était menacée, témoigne : « j’ai vécu trois mois à la rue avec ma femme enceinte. Aujourd’hui, nous avons un bébé. Je ne sais pas quoi faire si on nous oblige à partir. » Selon les militants, les autres enfants de l’adresse vont à l’école et « ont tissé des liens avec le quartier. » Or, toujours selon le collectif, rien n’est prévu pour eux en cas d’expulsion.

Concernant le 70, base du CREA, l’Etat via la préfecture, propriétaire, devrait également faire une assignation, les discussions n’ayant pas abouties. « On demande juste l’autorisation de rester. Mais la préfecture explique qu’elle aurait un projet de foyer d’accueil de SDF. Mais c’est déjà le cas ! » L’exemple du GPS, groupement pour le travail social pourrait pourtant faire école. Après avoir occupé la seconde partie de l’AFPA, ces travailleurs sociaux ont obtenu un bail de deux ans en accord avec la préfecture. Le dialogue semble cependant plus délicat concernant le CREA. Un rassemblement place St Etienne est toutefois prévu aujourd’hui à 14 heures pour alerter le préfet.

 

Mots-clés : CREA, sans-abris, SDF

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