Une pièce de théâtre qui revisite la bible et la vie du Christ selon l’imaginaire de son créateur argentin Rodrigo Garcia. Golgota picnic doit être présentée pour la première fois en France au théâtre Garonne de Toulouse du 16 au 20 novembre prochain. Elle provoque déjà l’ire de groupes catholiques intégristes notamment celle de l’institut Civitas.
Les associations se sont mobilisées pour demander ni plus ni moins que la déprogrammation de la pièce. Une pétition a notamment été lancée en ligne. Autre moyen d’action utilisé, le lobbying des sympathisants: « Nous demandons à ceux qui nous soutiennent d’envoyer des lettres, des courriers électroniques ou de téléphoner aux théâtres qui programment ce spectacle afin de faire savoir leur indignation » indique Alain Escada, le secrétaire général de Civitas.
« Le Christ est appelé « el puto diablo » et est comparé à un terroriste »
Très remontés contre cette pièce dont ils n’ont pourtant pu voir que quelques extraits vidéos (voir ci-dessous), les groupes reprochent en fait à l’œuvre « son contenu à la fois obscène et blasphématoire ». « Le Christ est appelé « el puto diablo » et est comparé à un terroriste. Des hamburgers jonchent le sol de la scène pour parodier de façon grotesque la multiplication des pains » s’indigne Alain Escada. Même son de cloche du côté du diocèse de Toulouse qui renvoie à un communiqué du porte parole des évêques de France, Monseigneur Bernard Podvin : « Ce n’est pas parce que le christianisme fut sociologiquement majoritaire qu’il doit être le fusible d’hystéries culturelles. De nombreux citoyens non chrétiens partagent notre colère. Si vous êtes de cet avis, ne demeurez pas impassibles. Interpellez vos élus. Dites leur que l’inacceptable est indigne d’une démocratie. »
« Mes pièces sont toujours mal reçues. Une bonne partie du public est bête »
Interrogé sur les réactions suscitées par son œuvre lors de sa création en Espagne, Rodrigo Garcia affiche une position radicale et sans détour : « Mes pièces sont toujours mal reçues. Une bonne partie du public est bête : il continue à remplir les théâtres, parfois juste pour réprouver ce qu’il voit. C’est naturel : nous passons tous notre temps à réprouver les autres. Face à l’œuvre d’un artiste, ils peuvent unir leurs voix et se sentir plus forts. Normalement, ils font ça autour d’un dîner au restaurant, alors qu’ils devraient être en train de baiser chez eux. En ce qui me concerne, le comportement de ces gens porte ses fruits : vu qu’ils paient leur billet d’entrée, ils nous permettent de gagner de l’argent pour vivre. »
Marino Formenti, musicien qui accompagne la pièce au piano se veut quant à lui plus nuancé : « Pour moi c’est un texte extraordinaire, et tout à fait autre chose qu’un spectacle blasphématoire. J’y vois une déclaration d’amour passionnée au Christ, par un homme qui n’est pas croyant au sens dogmatique. Cela peut être perturbant pour certains catholiques que la figure du Christ soit réinterprétée avec une telle liberté, mais la provocation n’est aucunement le but premier ! »
Trop tard, le mouvement est bien lancé et d’autres associations sont entrées dans la lutte. C’est le cas d’Avenir de la Culture dont les méthodes de lobbying ont déjà été largement remises en cause.
Face à ces groupes qui revendiquent fermement leur position, le théâtre Garonne préfère pour l’instant ne pas répondre: « Nous communiquerons le moment venu, mais parler serait faire trop de publicité à ces mouvements qui sont marginaux chez les catholiques. » L’histoire ne semble en fait que commencer.






6 RÉACTIONS
Michel
le 03/10/11
à 08:44
"Même son de cloche du côté du diocèse". Les institutions catholiques de référence sont associées, sans nuances, aux "groupes intégristes catholiques". N'y aurait-il pas une petite distinction à apporter dans votre narration ?
Ciryl V
le 03/10/11
à 18:34
@Michel, loin de moi l'idée de mettre d'une manière générale, l'église catholique dans son ensemble dans le même panier que les groupes fondamentalistes. Mais sur le sujet qui nous concerne, leur point de vue me semble être le même. C'est donc pour le souligner que j'ai utilisé l'expression "même son de cloche".
Suzy Candido
le 06/10/11
à 17:36
Ça y est, les intégristes de tout poil vont commencer à nous emmerder avec le délit de blasphème. Personne les oblige à aller voir la pièce.
Avirus
le 17/11/11
à 15:34
L'autre, cet intégriste (bouh !!)
Et si ces manifestants n'étaient tout simplement pas ... des catholiques ? On est taxé d'intégrisme si on est un peu trop convaincu, si on refuse le relativisme et le conformisme !! Il faut avoir des opinions "soft", surtout pas tranchées, avoir un esprit de "collaboration" ... euh pardon "de dialogue". Malheureusement, nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours : le péché originel est là et seule un... Lire la suite