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Eva Joly au Mirail : « des vrais mots, des vrais gens, des vrais problèmes »

Eva Joly et Dominique Voynet visitent la maison des chômeurs au Mirail - Photo Carré d'info

Pas de meeting mais un échange avec « des vrais mots, des vrais gens, des vrais problèmes. » Pour son passage à Toulouse, Eva Joly a choisi une rencontre à la maison des chômeurs du Mirail. Alors que les intentions de vote stagnent à un petit 3%, l’ancienne juge d’instruction continue de privilégier les petits comités et compte sur le réseau des élus EELV locaux, qu’elle a rencontré plus tôt dans la journée.

 

« L’écologie n’est pas qu’un problème de riches »

Il neige devant la maison des chômeurs non loin du métro de la Reynerie. Au pied de la barre, les militants Verts commentent une actualité pour le moment peu favorable à leurs couleurs. « On nous juge sur la forme et pas sur le fond », peut-on entendre aux côtés de commentaires acerbes sur des sondages estimés trop sévères. En revanche, pas une critique concernant la stratégie adoptée par la candidate censée être désormais épaulée par les cadres d’EELV. Et à Toulouse, Eva Joly voyage en binôme. A ses côtés, Dominique Voynet, elle-même ancienne candidate à la présidentielle en 2007. «  Il y a une certaine solitude à être candidate à la présidentielle », avoue Eva Joly. « Dominique me fait partager son expérience de femme candidate. » Voilà pour la forme.

« On pourrait imaginer que des travailleurs aux métiers pénibles réduisent progressivement leur durée hebdomadaire de travail à partir de 50 ans. L’idée, c’est de ne pas quitter le travail pour aller directement au cimetière», Dominique Voynet

A contrario, côté auditoire, on se penche plutôt sur le fond et c’est bien sûr le thème de l’emploi qui motive le principal des sollicitations. Sur le sujet, la candidate a sa feuille de route : « 400 000 emplois verts » induits par un grand plan de rénovation de logement. Car dans un quartier réputé difficile, les habitations « sont des passoires énergétiques », explique la candidate pour qui « l’écologie n’est pas qu’un problème de riches. »

 

Sarkozy et l’Allemagne

Mais de son propre aveu, ce ne sera pas suffisant pour absorber les quatre millions de chômeurs que compte le pays. « Il faut partager davantage le travail. Inciter les entreprises à réduire le temps de travail, ça créé 10% d’emploi », ajoute la candidate. Une idée précisée par Dominique Voynet : « On pourrait imaginer que des travailleurs aux métiers pénibles réduisent progressivement leur durée hebdomadaire de travail à partir de 50 ans. L’idée, c’est de ne pas quitter le travail pour aller directement au cimetière. » A l’instar de Nicolas Sarkozy, le voisin allemand est invoqué : « Il faut remettre l’homme au centre de l’économie et plus seulement le bénéfice. Comme en Allemagne, je propose de donner 50% des sièges des conseils d’administration aux salariés. » Mais la comparaison avec le président sortant s’arrête là : « Sarkozy choisit en Allemagne les exemples qui lui conviennent. Il oublie de préciser que là-bas, les loyers sont encadrés et que la sortie du nucléaire est engagée. »

 

« Moi, j’ai la haine de soi, je ne sais plus où j’en suis »

Pour l’instant grande absente de la campagne, la thématique des « banlieues » et de l’intégration n’en est pas moins présente dans les débats. Un habitant d’origine maghrébine intervient : « Je ne sais plus où j’en suis, entre mes origines, et ma citoyenneté française. Je suis français et pourtant mes racines me culpabilisent. » Visiblement touchée par le témoignage, Eva Joly dresse son état des lieux : « Je sens une violence dans la société, une volonté de retourner au clocher. Pour les communautés, il est intériorisé qu’on doit vivre mieux en se faisant petit. » La faute à des « semeurs de haine », Marine Le Pen en tête : « Elle n’est qu’une héritière, celle de son père. Nous avons vu son vrai visage à Vienne où elle est allée non pas pour danser la valse, mais bien rencontrer ses amis nazis.» Avec 20% d’intentions de vote depuis de longs mois, ce constat « d’intériorisation » des thèses du Front National ne semble pas dénué de tous fondements. Un pari loin d’être gagné pour les idées écologistes qui continuent de « tracer un sillon original » mais parfois ingrat pour Dominique Voynet : « Le Front de Gauche vient d’apprendre l’expression isolation thermique et parle de sortie de nucléaire. Ce sont des sujets que nous portons depuis très longtemps. Mais nous, nous ne sommes pas ambigus. »  «Nous allons gagner les élections, conclut Eva Joly. Peut-être pas maintenant, mais en 2022″ .

 

Mots-clés : EELV, Eva Joly, présidentielle

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Le seul programme qui puisse sortir la France de la crise et nous donner un avenir en terme d'environnement est celui que les médias étouffent le plus : ça me dépasse. Allez Eva !

Eva qui, a 2%, l’écologie méritait vraiment mieux.A cause d'un mauvais choix de candidate l' écologiques ne va pas peser bien lourd et c'est dommage.

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