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Fermeture de Freescale confirmée : « Vous en avez pas fini avec nous »

Une partie des salariés de Freescale ont manifesté en juillet devant l'entrée de l'usine - Photo Carré d'info

Le plan de reprise de l’unité de production du site de Toulouse est définitivement abandonné. Les salariés recevront leurs lettres de licenciement le 10 août prochain.

 

« Tout ce qu’on produit depuis un an et demi c’est justement ce qu’il manque au repreneur aujourd’hui »

« C’est la douche froide ». A la sortie de la réunion qui s’est tenue hier à la préfecture, la CGT Freescale était amère. John Palacin, conseiller d’Arnaud Montebourg ministre du redressement productif, venait d’annoncer que le plan de reprise par la société ELFET était abandonné. Dès lors, il n’existe plus d’alternative à la fermeture de l’unité de production du fabricant de semi-conducteurs Freescale (ex-Motorola). Elle devrait intervenir le 10 août prochain date à laquelle les salariés se verront notifier leur licenciement.

 

« Il existait une fenêtre de tir pour le projet de reprise il y a un an et demi »

 

De cette réunion, la CGT attendait qu’elle débouche sur une issue positive. « Il ne manquait que l’agrément de Freescale sur la production actuelle de 2000 plaquettes par semaine après avoir obtenu un accord sur le transfert de propriété intellectuelle et des bâtiments ». Le plan de reprise, misant sur une nouvelle technologie et demandant deux ans de mise au point, nécessitait en effet la poursuite de la production afin de pallier au manque de chiffres d’affaires durant ce temps de développement. « Tout ce qu’on produit depuis un an et demi c’est justement ce qu’il manque au repreneur aujourd’hui, pestait la CGT. Le gouvernement nous dit qu’il y a un an il aurait pu faire quelque chose. Cela montre bien que ce plan était viable ».

 

« Un échec »

Ce matin, Robert Castagnac commissaire régional au redressement productif, confirmait qu’il « existait une fenêtre de tir il y a un an et demi » pour ce projet de reprise (que nous évoquions plus en détails ici). « On a remis le dossier à plat et on a étudié toutes les pistes. Un expert du secteur a repris le dossier et remis un avis au ministère », a-t-il assuré.

Pour la CGT Freescale il existait pourtant d’autres moyens de pressions. « On aurait pu imaginer des accords financiers et commerciaux pour que le cédant ait un intérêt à mettre en place le repreneur. Le gouvernement n’a pas été assez offensif sur ce sujet ». L’organisation syndicale estime toujours que l’actuelle direction a tout fait pour empêcher ce projet de voir le jour. « Freescale a accepté d’étudier tous les projets », a simplement indiqué le commissaire avant de concéder qu’il s’agissait tout de même d’un « échec ».

 

« Les solutions de reclassement n’existent pas. On a écrit aux collègues de PSA d’ailleurs pour leur dire que ce qu’on leur promettait c’était du flan »

 

 

Et maintenant ?

L’unité de production de semi-conducteurs va donc s’arrêter le mois prochain. « Freescale reste à Toulouse et maintient son unité de recherche sur le site. Elle n’est pas menacée », a assuré Robert Castagnac. Selon le commissaire, sur les 821 salariés de la partie production 286 ont trouvé une solution de reclassement. Sur les 535 salariés restants, environ 150 ne recevront pas de lettre de licenciement immédiatement (salariés protégés, en formation longue durée ou missionnés pour la sécurité et le démontage du site). Ce sont donc 400 d’entre eux environ qui la recevront en date du 10 août.

Une cellule de reconversion a été mise en place. Si 50 anciens salariés ont retrouvé un emploi à Airbus, les passerelles ne sont pas assez encouragées et développées selon les syndicats. Depuis l’annonce du plan social, la direction de Freescale promet pourtant « un CDI pour chaque salarié ». « Les solutions de reclassement n’existent pas. On a écrit aux collègues de PSA d’ailleurs pour leur dire que ce qu’on leur promettait c’était du flan », indique-t-on à la CGT.

 

« Vous en avez pas fini avec nous ».

 

L’avenir du site est lui aussi en question. Freescale est propriétaire des 20 hectares et a déjà mis en vente ses machines. « Il doit garder une vocation économique et industrielle », a indiqué le commissaire au redressement productif qui ignore si l’entreprise vendra ou louera la partie de terrain inutilisée. L’unité devrait quant à elle être démontée d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine.

Un rassemblement des salariés devrait avoir lieu devant l’entreprise le 10 août. A la CGT on pense déjà aux négociations des conditions de départ. « Vous en avez pas fini avec nous ».

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