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Festival de rue de Ramonville : vers un événement bi-annuel?

Joël Lécussan, le directeur artistique du Festival de rue de Ramonville - Photo Carré d'info

Le festival de rue de Ramonville vient de fermer ses portes sur sa 25e édition. Joël Lécussan, le directeur artistique, revient avec nous sur cet anniversaire : le retour (durable?) de Royal Deluxe, l’avenir (incertain?) du financement du projet et la géographie (anarchique?) de la ville de Ramonville.

 

Cette édition signe le 25e anniversaire du festival avec en prime le retour de Royal Deluxe. C’est un clin d’oeil, un retour aux sources?

Avec le Royal Deluxe, j’ai l’impression qu’il y a toujours cette blessure du divorce du Royal avec la ville de Toulouse. Pourtant, ils restent présents et sont déjà revenus en 2003 sur Ramonville. Moi je les ai rencontrés au sortir de la précédente édition alors qu’ils étaient sur l’écriture de ce nouveau spectacle. Je suis allé voir les répétitions en décembre et ça m’a convaincu de les faire revenir. Je me suis dit que ça allait peut-être aussi fermer une sorte de boucle et peut-être guérir cette blessure au moins momentanément. (sourire)

 

On ferme une boucle, pour en ouvrir une autre?

Je pense que oui et pourquoi pas avec le Royal. Ils ont un très grand plaisir à être là. Il y a des amitiés qui se sont encore confirmées avec l’équipe. Peut-être que ça donnera lieu à une nouvelle boucle avec eux.

 

Combien de personnes sont accueillies sur le festival?

Ce qu’on peut constater d’ores et déjà, c’est déjà que le festival est très fréquenté voire trop par rapport au moyen qu’on a, et au nombre de propositions artistiques qu’on peut faire au public, ce qui est notre grosse frustration. Mais cette année, de manière évidente, il y a encore une explosion de plus sûrement inhérente à la présence du Royal et au beau temps aussi! Donc oui, je pense qu’on va encore être sur une jauge encore plus importante que l’année passée. (30000 visiteurs en 2011 ndlr)

 

« On a une fréquentation colossale par rapport au nombre de propositions que nous avons les moyens de faire »

Combien de bénévoles travaillent sur l’événement ?

On est à près de 90 bénévoles, dans tous les domaines, y compris des gens qui hébergent des artistes. Car notre politique, c’est de faire que tous les artistes soient hébergés chez l’habitant, et de générer d’autres formes de rencontres entre les équipes et les habitants de Ramonville.

 

Vous évoquez dans votre édito, que « ce principe de solidarité ne pourrait pas sempiternellement durer »?

C’est ce que j’évoquais au début. On a une fréquentation colossale par rapport au nombre de proposition que nous avons les moyens de faire. On demande à chaque fois des efforts à tout le monde pour que l’édition nous raconte quelque chose et c’est vrai que ça devient de plus en plus ténu et tendu. A un moment donné, il faudrait des positionnements clairs et forts de nos partenaires à propos d’une politique culturelle structurée à l’échelle de l’aire métropolitaine sur le champ des arts liés à l’espace public.

 

Ça voudrait dire changer d’envergure?

Pas forcément d’envergure mais en tout cas densifier cette programmation. C’est vrai que j’ai des envies d’évolutions du projet en tant que directeur artistique, qu’il faudra discuter avec l’association et les partenaires.

 

Il faut avoir plus de moyens si on veut être en résonance avec les attentes du public qui est là

 

Je trouverai judicieux de rendre bi-annuel le festival. Qu’il ait lieu tous les deux ans à Ramonville, ancré dans son histoire, et l’année suivante pouvoir justement faire un festival peut-être de moindre ampleur, mais en tout cas itinérant à l’échelle de l’aire métropolitaine. Ça fait quatre ans que je suis directeur artistique et ça fait quatre ans que je constate ça et que je le dit haut et fort : il faut avoir plus de moyens si on veut être en résonance avec les attentes du public qui est là.

 

Ça pose la question du financement de la culture. Doit-on compter uniquement sur les pouvoirs publics? Passer au payant?

C’est sûr que nous sommes sur cette réflexion là. On y échappe pas et elle s’élargit. D’ailleurs, Jean-Luc Courcoult (fondateur de Royal Deluxe ndlr), alors qu’il a toujours été militant de la gratuité des arts de la rue, proposait avec ce spectacle là, de faire payer une représentation sur deux. Cette année, on a encore joué le jeu de la gratuité mais c’est une façon poser le débat. Quelles solutions on va avoir? Est-ce une question de répartitions des richesses, une question de volonté politique? Ou faut-il faire entrer le public dans la boucle pour qu’ils soit conscient qu’au delà des impôts qu’il paie et qui permettent ces choses là, que d’autres formes de participation financière peuvent exister pour favoriser tout ça?

 

« Tout ça » justement, quel sens souhaitez-vous donner à ce festival?

Dans la phase festivalière, c’est pas toujours évident. La géographie de la ville de Ramonville est quand même très particulière! Elle n’est pas d’une évidence remarquable… mais du coup c’est un défi supplémentaire. On est pas dans des villes comme Chalons ou Aurillac où il y a un centre historique, des dédales de rues qui donnent lieu à des petites places.

Donc j’espère bien que des gens comme nous, des équipes artistiques, seront associés aux réflexions sur les mutations urbaines de cette ville

Là on est plutôt dans du seventies-sixties un peu anarchique avec, contrairement aux apparences, pas mal d’espaces privés. C’est assez contraint. Il faut donc arriver à inventer et proposer des conditions de jeu pour les compagnies et parvenir à intégrer certaines d’entre elles qui mettent justement la géographie de la ville dans leur propos artistique. La ville ne s’y prête pas réellement. Mais bon on y arrive!

 

Vous vous voyez comment dans 10 ans, pour le 35e anniversaire?

J’espère que j’aurai passé le relais!

 

Et le festival, plus vaste, plus grand?

Peut-être petit à petit. Parce que la ville va muter aussi. Donc j’espère bien que des gens comme nous, des équipes artistiques, seront associés aux réflexions sur les mutations urbaines de cette ville. Je crois que ça me paraît indispensable.

 

Mots-clés : festival de rue de ramonville, financement, royal deluxe

3 RÉACTIONS

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Bonne problématique que l'espace public, la gratuité, le rapport des Arts de Rue et de ses publics ... On aimé que Royal de Luxe soit là pour boucler la boucle sauf que là, on est très déçu !!! Heureusement y'avait les Découvertes de jeunes companies comme le " Cirque Albatros" ! Leur spectacle " Louche, pas louche ? " était simple, sensible, poétique, drôle ... le coup de coeur ! De Ramonville, c'est ce que j'attends : de l'émerveillement, pas que du technique !

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