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Freescale : 85% des machines revendues en Chine, une délocalisation déguisée ?

Le logo de l'entreprise Freescale - Photo CC

Le site de Toulouse du fabricant de semi-conducteurs Freescale est en cours de démontage.  Près de 700 machines, soit 85% du parc, ont été vendues en Chine. La CGT craint qu’une usine similaire soit remontée, pour Force Ouvrière (FO) le syndicat majoritaire on juge que le combat n’est plus là.

 

680 machines vendues à une société chinoise

Les sources syndicales confirment que l’annonce a été faite par Denis Blanc, directeur d’établissement, lors d’un comité d’entreprise le 27 septembre dernier. Le site en cours de démontage va prochainement voir partir ses machines. Elles sont pour partie cédées :

  • en France dans des laboratoires de recherche notamment (5%),
  • rapatriées au Etats-Unis où devront être adaptées pour fabriquer en 8 pouces (10%),
  • la majorité a été vendue à une société en Chine (85%). 

« Ce sont essentiellement des machines de photo-lithogravure mais aussi des machines d’exposition très pointues qui valent plusieurs millions d’euros », annonce Didier Zerbib, délégué syndical CGT, qui assure que Denis Blanc « a fini par confirmer l’information et il était très gêné ».

 

« Que les Chinois fassent des semi-conducteurs ou des roues de bicyclettes ça ne nous regarde pas »

 

Pas de délocalisation déguisée selon la direction

Cette vente de matériel ne s’accompagne pas selon les mots de la direction rapportés par ces mêmes sources de transfert d’intelligence ni de brevets. « Avec ces machines on fait pas autre chose que des semi-conducteurs et on peut remonter un ‘lab’ », estime Didier Zerbib.  Il craint donc une délocalisation déguisée alors que le fermeture du site de Toulouse avait été « justifié par la soit disant obsolescence de nos machines ».

Pour Serge Ramos de FO, « que les Chinois fassent des semi-conducteurs ou des roues de bicyclettes ça ne nous regarde pas ». Il indique que la société acquéreuse est « un broker chinois » (courtier NDLR) qui peut revendre à différentes entreprises et qu’ « aucun accord pour remonter un ‘fab’ comme celui de Toulouse n’a été conclu selon la direction».

 

« Un CE extraordinaire ? C’est à côté de la plaque »

 

Le combat n’est plus là ?

Du côté de la CGT on reste malgré tout inquiet. « Aucune pièce venant de Chine ne sera estampillée Freescale mais on peut imaginer un partenariat sur le mode de la sous-traitance avec une entreprise chinoise ». La centrale a demandé que comité d’entreprise extraordinaire se tienne  pour obtenir davantage d’informations et estime « porter un coup de couteau à la démonstration de la direction pour justifier nos licenciements et la fermeture du site ».

Mais pour cela elle a besoin du soutien des autres représentants du personnel qui reste lui très hypothétique. « Un CE extraordinaire ? C’est à côté de la plaque, estime Serge Ramos. On va garder notre énergie vérifier que les engagements de la direction seront tenus. En revanche, s’il s’avérait que le site de Toulouse était remonté en Chine, là bien sûr nous agirions ».

Les machines sont actuellement en instance de départ et l’acheteur Chinois devrait arriver sur le site de Toulouse d’ici une dizaine de jours pour assister à leur démontage afin d’être en capacité de les remonter.

 

NB : Nous n’avons pas réussi à joindre Denis Blanc par téléphone.

 

Mots-clés : Freescale

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