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Freescale : « On nous a dit qu’on pouvait aller travailler en Malaisie si on voulait »

Le logo de l'entreprise Freescale - Photo CC

La CGT dénonce l’attitude de la direction lors des procédures de licenciements. Elle la soupçonne également de s’apprêter à revendre les machines en Chine pour y être remontées.

 

Proposition de reclassement à 2000 euros annuels ?

« On croyait vraiment qu’ils ne rentreraient pas dans ce jeu ». Eric Hirson, délégué syndical de la CGT Freescale se disait interloqué hier par les propos imputés à la direction de l’entreprise lors des entretiens préalables au licenciement. Lors de ces entrevues, les délégués syndicaux indiquent avoir reproché l’absence ou le très faible nombre de propositions de reclassements faîtes aux salariés et en particulier à leurs représentants.

« On nous a alors dit qu’on pouvait aller travailler en Malaisie (où Freescale est aussi implanté, ndr) si on voulait au salaire local », affirme Didier Zerbib délégué syndical. « On a demandé quel était le salaire, poursuit Eric Hirson. La direction n’a pas su répondre et n’a pu nous donner que le salaire d’un technicien chinois (où Freescale est aussi implanté, ndr) : 2000 euros annuels»

 

« On ne croit quand même pas qu’ils pensaient que nous allions accepter »

 

Action aux prud’hommes envisagée

Les représentants des salariés se demandaient encore hier si la direction avait cherché « à [les] désorienter » ne voulant croire qu’elle « pensait vraiment que nous allions accepter ».

Si plus aucun espoir de réouverture du site n’existe après l’abandon d’un plan de reprise, ils contestent toujours leurs licenciements. « Nous allions à ces entretiens dans l’objectif de refuser nos licenciements ainsi que le caractère économique que nous jugeons injustifié. Nous n’avons eu aucune réponse sur ce point », affirme Eric Hirson.

La CGT est par ailleurs déçue des mesures d’accompagnement mises en place actuellement pour les salariés de l’entreprise. « L’aide améliorée se concrétise par deux conseilleurs détachés à Pôle Emploi et un transfert d’offres d’emplois à notre cellule de reclassement », poursuit-il.

Après une assemblée générale qui doit se tenir le 13 septembre prochain, les représentants de la CGT envisagent une action aux prud’hommes. « Nos licenciements sont motivés par un manque de compétitivité du site et des procédés technologiques dépassés, explique Didier Zerbib. Mais c’est faux. Nous avons de bonnes chances de gagner. »

 

« La grande majorité des machines seraient vendues en Chine pour y être remontées. C’est le bruit qui court dans l’entreprise« 

 

 

Les machines vendues en Chine ?

L’obsolescence des machines du site est selon eux un argument d’autant moins recevable que « la grande majorité d’entre elles seraient vendues en Chine pour y être remontées ». « C’est le bruit qui court dans l’entreprise, poursuit Eric Hirson. Elles pourraient être utilisées en interne ou en externe. Le reste partirait aux États-Unis et en France. Quand nous lui avons demandé, la direction n’a pas nié mais a affirmé qu’aucun contrat n’était signé. »

Les lettres de licenciements ont été envoyées le 10 août mais l’unité de production a effectivement cessé de fonctionner le 31 juillet dernier. Depuis, les derniers salariés toujours présents sur le site réalisent son démantèlement. Les opérations devraient prendre plusieurs mois. « Les premières machines sont parties mais il faut procéder à la décontamination », indique-t-on à la CGT.

Hier, la direction n’a pas souhaité s’exprimer sur ces sujets.

 

Photo CC by Orcaman via Wikimédia

Mots-clés : Freescale

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