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Grenoble – Toulouse : doublé de défaites de fin d’année

Chaque semaine Ovale Masqué passe au grill le match du Stade Toulousain / Photo CC

Vous êtes ici entre les mains d’Ovale Masqué, chroniqueur rugby qui n’écrit que sur une planche à découper. Ses détracteurs le traitent de maître ès croc. Quand il tranche, c’est parfois sanguinolent. Mais il sait aussi poser le couteau quand il le faut et même faire rire vos côtelettes.

 

Tout ça c’était trop beau

En début d’année, Guy Novès se réjouissait d’avoir enfin un club italien dans sa poule de H Cup. Il confiait même avec une pointe de satisfaction qu’il se sentait enfin « Biarrot » (il ne croyait sans doute pas si bien dire vu le jeu de son équipe actuellement). Mais forcément, tout ça c’était trop beau. Ce petit week-end à Trévise dans la douceur du mois d’octobre devait se payer et au prix cher.

Avec un match à Grenoble, en plein mois de décembre, par exemple. Le staff avait pourtant tout préparé, et Julien Barès avait même troqué les traditionnelles séquences d’analyse vidéo contre le visionnage de l’épisode de Man vs Wild en Alaska. Mais cela n’a pas suffi à insuffler un grand enthousiasme au sein du groupe (enfin peut-être juste chez Yoann Huget, qui a appris qu’il pouvait boire sa propre urine pour éviter un contrôle antidopage). Ce déplacement, personne n’avait vraiment envie d’y aller, à part peut-être Vincent Clerc, qui selon la rumeur, serait né dans la région grenobloise avant de devenir Mister Midi-Pyrénées et gendre du mec qui aura probablement sa statue sur la place du Capitole dans 20 ans.

 

On a encore ressorti Servat de son caisson cryogénique, lui qui commence à dépasser Charles Aznavour pour le record mondial des tournées d’adieu

 

La vie après Toulouse ? Impossible.

D’ailleurs, on ne s’est pas bousculé pour monter dans le bus. McAlister, Fritz, Poitrenaud, Beauxis, Tolofua… tous étaient encore dispensés de sport. Du coup, on a encore ressorti Servat de son caisson cryogénique, lui qui commence à dépasser Charles Aznavour pour le record mondial des tournées d’adieu. On a même cru un moment qu’Yves Donguy serait sur le banc – mais en fait, comme d’hab c’était une blague de Guytou.

Sylvain Nicolas était là par contre, de même que Machin Bézy (c’est comme ça que Guy l’appelle, et il fera probablement pareil quand il entraînera son petit frère dans 5 ans) qui débute même comme titulaire à la mêlée, histoire de montrer qu’il est plus fort que Burgess. On a connu pire pour se mettre sous pression.

 

Shaun Sowerby n’est même pas là aujourd’hui, prouvant définitivement que la vie après Toulouse est impossible

 

De leur côté, les Grenoblois alignent leur équipe type pour ce grand match de gala au Stade des Alpes. Du moins c’est ce qu’on suppose puisque le FCG a beau être 6ème du Top 14, on connaît toujours à peine 2-3 joueurs de leur effectif. En plus, Shaun Sowerby n’est même pas là aujourd’hui, prouvant définitivement que la vie après Toulouse est impossible : Garbajosa, Baby, Heymans, Skrela, Kunavore… ça se vérifie à tous les coups. Hein ? Michakoi ?

Au moins l’avantage de cet anonymat, c’est que personne ne viendra leur piquer des joueurs, à Grenoble. C’est dommage, il paraît que le Stade cherche un club à piller depuis la rétrogradation de Bourgoin…

 

Grenoble : génial nulle part, solide partout

Comment battre le Stade Toulousain ? Ben, en faisant comme les Ospreys la semaine dernière, par exemple. Malgré leur isolement géographique, les Grenoblois ont réussi à choper un abonnement à Canal +, ou au moins un vieux streaming helvète, et ils ont manifestement remarqué que le trio arrière toulousain était aussi à l’aise sous les chandelles que moi à un repas de Noël chez les parents de ma dernière conquête âgée de de 14 ans. En plus, aujourd’hui il pleut sur Grenoble, ce qui risque de rendre cette tactique encore plus efficace.

 

Valentin Courrent, mais si souvenez-vous, on l’avait échangé à Biarritz, contre Benoît Lecouls et trois polos Serge Blanco

 

Le dénommé Blair Stewart ne tarde donc pas à jouer les maîtres des airs et bombarde les 22 mètres toulousains à coups de chandelles. Si Yoyo Huget est impeccable sous la première, la suite sera un peu plus compliquée pour lui et ses copains Médard et Clerc, avec de nombreux en-avants. Les Grenoblois ne sont géniaux nulle part mais solides dans tous les secteurs : ainsi la touche et la mêlée font plus que tenir la route. Ils ajoutent également une autre arme fatale à leur plan de jeu : les ballons portés. On l’aura donc compris, quand le champion de ProD2 accueille le champion de Top 14, c’est bien à un match de ProD2 qu’on assiste.

 

Toulouse : la tactique par temps sec sous la pluie

Valentin Courrent ne tarde donc pas à inscrire les premiers points de la rencontre. On se dit au passage que cet excellent joueur, polyvalent à la charnière et buteur régulier, aurait été très utile au Stade Toulousain. Il nous rappelle d’ailleurs un mec qui était là il y 3-4 ans, et qui s’était fait jeter comme un malpropre suite à la signature de David Skrela et Frédéric Michalak… Mais si souvenez-vous, on l’avait échangé à Biarritz, contre Benoît Lecouls et trois polos Serge Blanco. C’était quoi son nom, déjà ?

 

Malheureusement comme trop souvent seuls Servat, David et Huget semblent vraiment y croire. Naïfs.

 

Bref on s’en fout, Grenoble domine globalement cette première période, s’offrant le luxe de flirter avec la ligne d’en-but toulousaine à quelques reprises, et fait la course en tête. Toujours en mal de stratège à la charnière, Toulouse décide de jouer ses rares ballons à la main, et multiplie les passes devant la défense et les en-avants. Essayer de faire sous la pluie ce qu’on arrive déjà pas à faire quand il fait 30 degrés, il faut au moins reconnaître que c’est audacieux. Si encore ils essayaient de le faire avec conviction, ça pourrait marcher sur un malentendu.

Malheureusement comme trop souvent seuls Servat, David et Huget semblent vraiment y croire. Naïfs. Bézy, qui ne démérite pas non plus, passe malgré tout deux pénalités et Grenoble ne mène que de trois points à la mi-temps (9-6). Sachant que Courrent a raté deux coups de pied (difficiles, certes), Toulouse s’en sort plutôt bien.

 

Seconde période : le premier lancement de jeu de l’année

D’entrée de jeu, le FCG nous refait le coup du ballon porté, obtient une pénalité et ajoute trois points de plus. Mais la période de domination grenobloise va vite toucher à sa fin. Guytou décide de sortir l’artillerie lourde et fait rentrer, entre autres, Picamoles, Maestri et Kakovin. Le tank géorgien ne tarde d’ailleurs pas à s’illustrer en pulvérisant son adversaire direct, dont on ne se rappelle pas du nom, mais vu ce qu’il a pris il sera sûrement reconnaissant qu’on ne le cite pas ici.

 

Toulouse va mettre la main sur le ballon pendant 40 minutes. L’occasion de découvrir LE premier lancement de jeu de l’année

 

L’alignement grenoblois commence également à perdre des ballons, et Blair Stewart commence à exploser en plein vol avec plusieurs coups de pied tapés directement en touche, et même un renvoi. Toulouse va donc mettre la main sur le ballon pendant 40 minutes. L’occasion de découvrir LE premier lancement de jeu de l’année, celui qu’on attendait depuis 4 mois. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, j’essaye de l’expliquer en restant le plus simple possible :

  • après une touche, le ballon tombe dans les mains du 9,
  • qui passe au 10,
  • qui passe à Yann David qui va péter tout droit.

Honnêtement c’était pas mal, fluide et plutôt bien exécuté, même si les Grenoblois ont fini par comprendre le truc au bout de la 27ème fois. On remarquera que sur le banc, le technicien Jean-Baptiste Elissalde a passé une grande partie du match à discuter avec Guy Novès. Caché derrière la capuche de son sweat, les mains dans les poches et vautré sur le banc façon caillera, il ressemble de plus en plus à un dealer de crack.

 

Comme un crève la faim qui lutterait pour le maintien

Hélas, les trois quarts toulousains sont bien loin de planer sur le match. Le Stade va même réussir l’exploit d’obtenir 75% de possession (selon Canal +) sans jamais se créer une seule occasion d’essai. Il faut dire aussi que les Grenoblois pourrissent tous les rucks et pratiquent une « rush defense » très agressive qui n’est pas sans rappeler la dernière fois que Clément Poitrenaud est allé faire les soldes chez American Apparel.

Arrivé à l’approche des 22 mètres, Doussain tentera bien de varier le jeu avec une petite chandelle, ou un coup de pied par dessus. Mais bon c’est Doussain, pas McAlister, donc personne n’ira se donner le mal d’aller lutter pour le ballon. Archi-dominés, les Grenoblois se sentent tellement menacés qu’ils décident de relancer de leur propre en-but. Et ça marche ! Dupont puis Waquaseduadua échappent à la défense et remontent la moitié du terrain. Au bout de l’action, l’arbitre siffle une nouvelle pénalité, que Courrent passe de 50 mètres en coin. 15-6.

Ambitieux, Doussain va tenter le drop dans les dernières minutes, histoire de gratter un point de bonus, comme un crève la faim de fond de tableau qui lutterait pour le maintien. En plus, c’est loupé.

 

Les soldats de l’Empire Capitoliste

Huget continue d’afficher de l’envie mais a l’air de plus en plus perdu au sein d’un triangle arrière à la dérive.

Après des matchs de reprise encourageants, Médard semble manquer de rythme et le faire enchaîner les matchs n’est pas vraiment un cadeau.

Clerc a fait une faute stupide sous les yeux de l’arbitre qui a coûté trois points, et a passé plus de temps à râler qu’à proposer des solutions.

Fickou a été tellement transparent qu’on a presque vu Jauzion en comparaison.

David a peut-être été le meilleur trois quart – cette fois, il a même réussi deux passes au contact. Pas suffisant pour être décisif.

Doussain a offert une performance pénible avec de la lenteur, des mauvais choix et un jeu au pied toujours suspect pour un mec dont on dit qu’il a été formé en 10.

Bézy a essayé de dynamiser le jeu et a bien réussi à éjecter les ballons. Propre mais peu d’impact sur le jeu, au moins on sait qu’il pourra remplacer Vergallo correctement.

L’ensemble du pack a été correct mais dominé dans l’engagement et le combat (ça va les éléments de langage ?) par des Grenoblois qui jouaient le match de leur vie. Encore une performance décevante pour Steenkamp qui semble marquer le pas, alors que Kakovin a impressionné sur son entrée. Servat a été le joueur qui avance le plus, et vu le niveau de jeu actuel du Stade, on imagine que Maître Guy ne pourra pas se permettre de se priver de lui pour les phases finales.

 

L’info du week-end

Vincent Clerc a inauguré un stade à son nom dans la région de Grenoble, à Fontanil-Cornillon. Pour rendre hommage à l’illustre ailier du XV de France, la pelouse du stade sera uniquement constituée d’un en-but, sur lesquels les enfants pourront s’entraîner à plonger. Enfin une piste d’athlétisme de 10 mètres (la distance moyenne parcourue par Clerc lors d’un match) sera également disponible.

 

Le travail d’équipe du week-end

Qui a dit qu’à Toulouse on ne savait plus jouer en équipe ? Bravo Yannick et bravo Pato. Bon, on imagine que c’est le second qui prendra pour tout le monde en commission de discipline (parce qu’il est Argentin, et parce que sinon Yannick va pleurer) mais tant mieux, ça lui fera des vacances. Enfin.

Le fait que le jeu soit dégueulasse et dépendant du trio De Pénalité – Picamoles – McAlister n’est pas réellement une nouveauté

 

Le mi-bilan de la mi-saison

Ça y est, c’est la crise ! Toulouse a perdu deux fois de suite, et Guy Novès se prépare déjà à annoncer à la presse qu’il va désormais jouer le maintien. Bon, en réalité, le Stade est 3ème à mi-parcours en championnat, ce qui au vu de son standing peut être qualifié de « bien mais pas top ».

Le fait que le jeu soit dégueulasse et dépendant du trio De Pénalité – Picamoles – McAlister n’est pas réellement une nouveauté. On remarquera par contre que les Rouge et Noir ont déjà perdu 5 fois cette saison, et notamment des matchs qu’ils auraient été capables de gagner salement il y a un ou deux ans (Biarritz, Paris, Ospreys, Grenoble donc).

Des matchs pièges que Toulon et Clermont sont désormais capables de gagner, eux, comme ils l’ont encore prouvé ce week-end. S’ils continuent sur ce rythme, il risque d’être difficile d’accrocher une des deux premières places directement qualificatives pour les demi-finales. Cela dit ce sera toujours l’occasion d’organiser un match de barrages au Stadium au mois de mai, et de remplir un peu les caisses : à long terme, pour rivaliser avec les nouveaux riches, il va bien falloir commencer à taper dedans.

 

Mots-clés : ovale masqué

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Il arrive ce compte rendu de CO/ST ? Car ça serait bien de parler de victoires !

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