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Grève chez Sanofi : « 8 milliards de bénéfices mais la direction veut quoi au final ? Le monde ? »

Près de 500 personnes ont manifesté route d'Espagne à Toulouse pour protester contre le plan de restructuration de la recherche chez Sanofi / Photo Carré d'Info, Kevin Figuier

Près de 500 personnes ont manifesté jeudi 13 septembre devant le site de Sanofi à Toulouse pour protester contre le plan de réorganisation de la direction. Pour la première fois des salariés d’autres sites en France sont venus épauler leurs collègues toulousains. Élus, représentants économiques et universitaires se sont également tous pressés pour être sur la photo.

 

« On ne veut pas entrer en discussion avec la direction à la fin du mois pour discuter d’un plan social ». Pascal Delmas, délégué syndical CFDT du site de Toulouse, ne veut pas voir les prochaines rencontres avec la direction comme le début de la fin. Le projet de restructuration de la recherche au sein du groupe pharmaceutique Sanofi annoncé au début de l’été par la direction menace particulièrement les sites de Toulouse et ses 600 employés dont 400 chercheurs et de Montpellier. Selon les syndicats, environ 1500 postes pourraient être supprimés.

 

Mobilisation à Toulouse et ailleurs

Jeudi 13 septembre, une journée de grève complète avait été décrétée et a rassemblé en fin de matinée devant le site route d’Espagne 80% des salariés du site toulousain selon les syndicats. Ils ont été rejoints par leurs collègues de Gironde, Montpellier, Vitry (94) ou encore Romainville (93). Des débrayages ont par ailleurs eu lieu toute la journée sur les autres sites du groupe partout en France.

 

Les salariés du site de Sanofi de Toulouse ont été rejoints par leurs collègues de Gironde, de Vitry, de Montpellier ou de Romainville / Photo Carré d'Info, Kevin Figuier

Les salariés du site de Sanofi de Toulouse ont été rejoints par leurs collègues de Gironde, de Vitry, de Montpellier ou de Romainville / Photo Carré d’Info, Kevin Figuier

 

Sans précision pour l’heure de la direction sur ses intentions, la mobilisation de jeudi a surtout permis de montrer que la détermination des salariés était intacte, eux qui à Toulouse manifestent tous les jeudis depuis le mois de juillet. Elle a aussi permis aux élus de tout bord, parlementaires et élus des collectivités territoriales, d’être plus nombreux que jamais pour afficher leur soutien. Représentants économiques et universitaires locaux étaient également venus dire combien les propos de la direction jugeant l’environnement universitaire et industriel toulousain pas assez « performant » avaient choqué.

 

« Le départ de Sanofi serait un symbole fort mais pas une remise en cause de l’Oncopôle »

 

La gauche s’indigne, la droite….aussi

Tous attendent que la direction de Sanofi dévoile ses plans. D’ici là chacun joue son rôle. Les élus de la majorité assurent qu’ils questionnent le gouvernement et se battent pour maintenir les emplois (Christophe Borgel et Anne-Yvonne Le Dain, députés PS de la Haute-Garonne et de l’Héraut), ceux du Front de Gauche accusent et pourfendent les licenciements boursiers (Christian Picquet, conseiller régional) et ceux de droite tiennent des discours de gauche en estimant que « la logique financière ne peut conduire la politique d’un groupe » (Jean-Luc Moudenc, député UMP de la Haute-Garonne).

Côté universitaire on témoigne son soutien et on espère des « explications très concrètes de la direction » (Marie-Laure Fages, Université Paul Sabatier). A la direction de l’Oncopôle, dont Sanofi est un acteur important, on rappelle que pour l’heure « toutes les pistes sont ouvertes » du côté de Sanofi mais on reconnaît une « incompréhension certaine » face à l’attitude du groupe pharmaceutique ainsi qu’un « symbole fort » pour la recherche en cas de départ de Sanofi de Toulouse sans envisager toutefois une « remise en cause de l’Oncopôle » (Benjamin Gandouet, directeur de l’association de l’Oncopôle). Un exercice de communication pour lequel les organisations syndicales ont fait respecter le temps de parole de chacun.

 

« 11 ans de boîte et 5 ans de plan social avec trois déménagements et maintenant c’est une nouvelle épée de Damoclès sur la tête, il va falloir tout reconstruire »

 

Salariés : l’usure de plusieurs années de plans sociaux

Mais chez les salariés certains en ont « marre de [ces] discours parce que maintenant il faut dire stop, on ne peut plus engraisser des actionner d’une entreprise qui fait 8 milliards d’euros de bénéfices », interpellait ainsi les élus un salarié de Romainville. Clément Martin lui est technicien et travaille à Montpellier. Entré dans l’entreprise en 2001 à Vitry-sur-Seine, il est parti à Romainville suite à un plan social. C’est à nouveau un plan social qui l’a poussé à déménager dans l’Hérault. « 11 ans de boîte et 5 ans de plan social avec trois déménagements et maintenant c’est une nouvelle épée de Damoclès sur la tête, il va falloir tout reconstruire ».

 

Les salariés refusent de négocier un plan social / Photo Carré d'Info

 

Le père de famille explique qu’il a changé plusieurs fois de métiers tout en acceptant des dégradations de postes. « Psychologiquement c’est usant, c’est traumatisant, poursuit-il. On nous dit de nous replacer mais où ? »

A ses côtés Hamid Zerdane est venu de la région parisienne et n’accepte pas la perspective de licenciements au regard de la santé de son entreprise. « Le pire c’est qu’on est dans un bon groupe, qui marche bien puisqu’il génère de gros bénéfices. Mais la direction veut quoi au final ? Le monde ? Et si je quitte le groupe je vais où ? »

Après les prises de paroles des organisations syndicales et le traditionnel « Haka » de la recherche en danger des salariés, le cortège s’est élancé en direction de la Croix-de-Pierre, bloquant ainsi la circulation, avant d’être arrêté par les CRS. Aucune date n’est pour l’heure fixée pour le prochain comité central d’entreprise. La direction avait annoncé qu’elle exposerait le détail de son plan au mois de septembre.

 

Reportage photo : Kévin Figuier

Mots-clés : sanofi

2 RÉACTIONS

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Bonjour à tous , Je viens vers vous car je souhaite mobiliser tt partit tt syndical tt citoyen indignez à participer à notre marche pacifique entant qu indignez joignez vous a nous ! Le 21 septembre devant votre mairie. Le mouvement est sur Facebook pour plus d info,vs pouvez me contacter. Parlez s en autour de vous. Unissons nous.

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