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Il était une (seconde) fois Robert Baud, candidat à l’Elysée

Robert Baud, candidat à la présidentielle 2012

 

Toulousain d’adoption, il est à 63 ans candidat à l’élection présidentielle pour la seconde fois après 2007. Ancien conducteur à la RATP, il a tourné dans Dallas, pour Sergio Leone, a dirigé le magazine Ciné Boulevards et a connu la rue. Entre humanisme, indignation et politique il est l’un des « petits candidats » de la présidentielle.

 

Robert Baud pourrait être tortue et fourmi à la fois. Pour espérer aller loin, il est parti tôt en annonçant sa candidature dès juillet 2010. Pour engranger les signatures et même s’il ne veut « même pas prononcer le mot de parti politique », il en a créé un : Aux gens de bonne volonté. Une structure qui lui faisait défaut en 2007. Il n’avait recueilli aucun parrainage de maire. Mais aujourd’hui il ne profite ni de son temps ni de sa logistique pour faire la chasse aux signatures. « Si les gens sont au courant de mes idées, ce sont eux qui feront la démarche de venir vers moi et de me proposer leur signature. » En vérité, il a directement sollicité une commune : celle de Montcuq, dans le Lot. « Si je veux une signature, c’est celle-là. » Robert écrit sa propre fable.

 

Indigné et dispersé

 

Dans le petit jardin de son appartement du quartier de Soupetard, devant un café et une tartine de confiture de fraises à la violette, il explique pourquoi il a décidé de repartir en campagne. Il veut « défendre le parti de la vie », « pour que les générations futures puissent vivre décemment ». Il est avant tout indigné. Face aux hommes politiques à la vue basse, corsetés par des considérations « d’ego et de tractations », par le train de l’Etat qui « ne doit pas être aussi ostentatoire », par la condition trop précaire des jeunes.

 

Il propose de « relever les minima sociaux » mais en même temps de « baisser la TVA et les charges sociales », de « diversifier les sources d’énergie » et fait de l’eau une priorité. Il veut ainsi généraliser la récupération de l’eau de pluie à tous les bâtiments. « Je peux créer des milliers d’emploi avec ça. » Des considérations environnementales dans lesquelles se retrouve celui qui fut de la campagne présidentielle de René Dumont, premier candidat écologiste, en 1974.

 

Sa vie est à l’image de son programme : dispersée. Il dit avoir exercé près de cinquante métiers, déménagé quarante-sept fois, a été manœuvre, soigneur dans un zoo, conducteur à la RATP, organisateur de concerts, rédacteur en chef de Ciné Boulevards. Il aime rappeler son interview de Ray Charles pour le Quotidien de Paris et sa carrière dans le monde du spectacle mais s’agace des médias plus aimantés par ses seconds rôles dans Dallas, Il était une fois l’Amérique de Sergio Leone (« je n’ai pas donné la réplique à De Niro pour autant ») ou Delicatessen que par son programme politique. Le cinéma a pourtant permis à ce pupille de la nation de « s’extérioriser » et de se sentir « moins à l’écart ».

 

Robert Baud détaille son programme.

Robert Baud, candidat à l'élection présidentielle, détaille son programme.

 

Il a aussi connu la rue mais n’en dit pas plus. Il s’avoue lui-même « atypique » mais fait valoir « son droit à la parole » et ne craint pas les paradoxes. Il possède ainsi une petite dizaine de téléphones portables, « pour rester joignable », mais n’a plus qu’une oreille valide. Homme de gauche, il était jusqu’à peu abonné au Point et ne serait pas contre le retour du petit coup de chapeau pour se saluer dans la rue.

 

« En 2007 j’étais entre le NPA, le PS, les Verts et le Modem ». A l’époque, il avouait d’ailleurs à Libération aimer la proximité avec les gens de François Bayrou, un homme qui « vient de la terre »« J’ai dit une connerie ! » juge-t-il aujourd’hui.

« C’est un magicien, il est increvable »

 

Robert Baud est un caméléon. Un écologiste parfois réac. « En 2007 j’étais entre le NPA, le PS, les Verts et le Modem ». Il avouait d’ailleurs en ce temps-là à Libération aimer la proximité avec les gens de François Bayrou, un homme qui « vient de la terre ». Aujourd’hui, il en rigole : « J’ai dit une connerie ! ». Alors forcément son comité de soutien est au diapason : une mosaïque. Guy Ganesco l’a connu à Sarcelles il y a trente ans. Engagés dans la même liste aux municipales, ils avaient choisi au second tour un report de voix en faveur du candidat socialiste Dominique Strauss-Khan. Lui, se dit de droite. « Je le suis sur les idées écologistes. Mais Robert est ailleurs, plutôt dans un courant libertaire. C’est un anarchiste de gauche et moi de droite ! ». Eric Bos avait 15 ans lors de leur rencontre. Il collait des affiches pour les concerts d’Higelin ou des Rita Mitsouko qu’organisait Robert. « C’est un magicien. Il est increvable ». Il a en effet trompé un cancer une fois et résiste à une neuropathie qui l’a rendu invalide à 80% et fortement amaigri. « Je suis toujours là et j’avance » dit-il, même s’il doit aujourd’hui s’aider d’une canne. Pour Eric « il fait un petit peu avancer les choses et a le courage d’y croire ».

 

Tous savent qu’il ne sera pas président. Tous savent qu’il n’obtiendra pas les parrainages. Lui aussi. Il ne les entraîne pas dans son utopie, ils s’accommodent de sa candeur, ne savent pas vraiment « où ça va le mener », se disent « plus pragmatiques » mais sont toujours là. « Parce que c’est Robert » dit Eric Bos. Aussi, parce qu’il n’est pas dans un registre politique. Plutôt « dans une dimension anarcho-poétique » selon Guy Ganesco.

 

Cette campagne sera la dernière pour Robert Baud. Il le jure. Après, il profitera de sa retraite pour compléter encore son CV : il écrira un livre sur sa vie. Et trouvera peut-être une morale à son histoire.

Mots-clés : 2012, écologie, écologiste, indignés, Montcuq, politique, présidentielle, robert baud

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