Champion Olympique en 2008, triple champion du monde (2001, 2009, 2011) et double champion d’Europe (2006, 2010), Jérôme Fernandez possède le plus beau palmarès du handball tricolore. L’arrière gauche, capitaine de l’Equipe de France de handball et du Fenix Toulouse Handball s’est confié à Carré d’Info à une semaine du début du Championnat d’Europe disputé en Serbie (15 au 29 janvier) et à six mois des Jeux Olympiques de Londres et avant le match de préparation ce soir à Toulouse contre la Norvège.
Dans quel état d’esprit êtes-vous à la veille de cet Euro ?
Nous sommes plutôt confiants après notre semaine de stage à Capbreton. Nous essayons de travailler à 200% pour arriver en forme dans une semaine sur le premier match contre l’Espagne. Nous sommes très heureux de retrouver des joueurs comme William Accambray et Mickaël Guigou qui vont nous apporter un vrai plus pendant cette compétition. Comme ils étaient blessés jusqu’à maintenant, on n’était pas sûrs de pouvoir les récupérer donc c’est plutôt une bonne nouvelle pour nous. Aux Jeux de Pékin en 2008, l’Equipe de France a gagné sans moi (il s’était fracturé la main lors du troisième match de poule, NDLR), en 2009 sans Bertrand Gille et en 2010, sans Daniel Narcisse et en 2011 sans Guillaume Gille et de nouveau Daniel. Là, nous sommes au complet. Sur le papier, nous sommes encore mieux armés que l’an passé puisqu’il n’y a aucun blessé. A nous de démontrer que nous sommes capables de conserver notre titre européen et ensuite d’enchaîner sur les Jeux Olympiques. Ce soir, nous disputons l’un de nos deux derniers matchs de préparation contre une très bonne équipe de Norvège devant le public toulousain (le dernier match aura lieu jeudi soir à Paris-Bercy). Nous sentons qu’il y a énormément de gens qui auraient voulu assister à la rencontre. Malheureusement, le Palais des Sports est un peu petit. Mais nous essaierons d’offrir le meilleur spectacle possible.
Vous êtes tombés dans un groupe relativement relevé (le groupe C avec l’Espagne, la Russie et la Hongrie). Le premier match contre l’Espagne, l’un des favoris de cet Euro sera capital…
Ce n’est pas une rencontre plus difficile à jouer que contre la Hongrie où nous avions failli perdre il y a deux ans. Il n’y aura pas de « tour de chauffe ». Il faudra être prêt et pratiquer le jeu que nous développons. Nous savons que cette Equipe d’Espagne est candidate aux demi-finales avec nous donc si nous parvenions à la battre, nous aurions déjà un pied dans le dernier carré. Après, il ne faudra pas sous-estimer les autres adversaires. Bien au contraire. Nous savons que l’Euro reste la compétition la plus relevée et la plus difficile à remporter du fait de la valeur des équipes présentes et du rapprochement des matchs. Nous sommes invaincus depuis les Jeux de 2008 mais nous avons encore faim de victoires et de titres. Nous savons qu’à un moment donné le cycle exceptionnel que nous avons entamé il y a quatre ans prendra fin… mais nous ferons tout pour retarder l’échéance.
Aujourd’hui, le niveau des joueurs de cette équipe est vraiment très élevé. Personne n’est indispensable. Ce n’est pas plus mal, ça nivelle les égos et ça permet à chacun de se remettre en question et de toujours travailler plus.
Cet été, vous défendrez votre titre olympique aux Jeux Olympiques de Londres. Est-ce que ce sera votre dernière compétition internationale ?
Je ne sais pas si ce sera ma dernière compétition. Â mon âge (il aura 35 ans en mars), j’essaie de profiter encore plus du moment présent et de la compétition à laquelle je vais participer car je sais qu’une grosse blessure pourrait nuire à la fin de ma carrière. J’essaie tout simplement de me concentrer sur ce mois-ci et puis après on verra ce qui se passera par la suite. Aujourd’hui, le niveau des joueurs de cette équipe est vraiment très élevé. Personne n’est indispensable. Ce n’est pas plus mal, ça nivelle les égos et ça permet à chacun de se remettre en question et de toujours travailler plus.
Sur un plan personnel, je ne me fixe pas de limite même si je suis international depuis 15 ans (première sélection en 1997 contre la République Tchèque). J’ai été sélectionné à 323 reprises et j’ai marqué 1 284 buts (meilleur buteur de l’histoire de l’Equipe de France). J’ai vécu tellement de moments fantastiques avec les Bleus que ce serait dommage de continuer sans être à mon meilleur niveau. Il faudra bien passer la main mais tant que le sélectionneur Claude Onesta fera appel à moi, je répondrai présent.
Le Fenix Toulouse Handball est actuellement sixième du classement à mi-championnat, à égalité de points avec Sélestat et Cesson. Pensez-vous être capable d’accrocher les qualifications européennes ?
Cette année ce sera compliqué parce qu’il aurait fallu que nous arrivions à la trêve avec 16 ou 18 points et aujourd’hui, nous n’en avons que 12… Je pense que la deuxième partie de saison sera meilleure que la première mais il faut être lucide, des équipes comme Dunkerque ou Saint-Raphaël sont mieux armées que nous. Elles possèdent un meilleur effectif et il ne sera pas possible de combler notre retard sur elles. Si tout se passe bien, nous essaierons d’accrocher une cinquième place et de passer devant Nantes, ou au pire de rester à la sixième place qui est notre position actuelle.
Un mot sur le groupe toulousain et les jeunes qui montent à l’image de Valentin Porte, 21 ans…
Valentin est un des jeunes joueurs qui a le potentiel pour intégrer l’Equipe de France dans les mois à venir. C’est une évidence ! En plus, il est gaucher… Ce n’est pas évident de trouver des gauchers de qualité. Nous allons essayer de le faire travailler au mieux en club pour qu’il gagne en maturité et en régularité.






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