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Le médiateur, remède de l’art contemporain

Simon Starling Project for a Masquerade (Hiroshima), 2010 Courtoisie de l’artiste et The Modern Institute, Glasgow Crédit photo : Simon Starling

 

Dans une semaine démarre la 21ème édition du Printemps de Septembre. Rendez-vous incontournable des amateurs d’art contemporain, la manifestation suscite toujours une certaine défiance parmi le grand public. La faute à un genre pas toujours compris et réputé obtus. Afin de palier aux réticences, le festival et le Centre de photographie de Lectoure, mettent en place chaque année  l’intervention de médiateurs dans le but de créer des liens entre les œuvres et le public. Accueil d’enfants et d’adultes, animation d’atelier, leurs missions sont nombreuses, comme nous l’explique Maëva Barrière, qui fêtera cette année sa quatrième participation au Printemps de Septembre en tant que médiatrice.

 

Pourquoi le festival fait-il appel à des médiateurs ?

 

« C’est toujours un peu délicat de proposer un festival d’art contemporain car il souffre de nombreux a priori et le public peut se fermer très rapidement lorsqu’il se confronte aux œuvres. Les médiateurs sont donc là pour guider les peurs des visiteurs afin d’établir un lien réel entre l’œuvre et les spectateurs. Dans cette optique des visites-ateliers sont organisées lors desquelles chacun pourra, après s’être confronté à des œuvres, s’essayer à une réalisation concrète. Nous serons également présents au fil des différentes expositions. »

 

Quelle est la différence entre un médiateur et un guide ?

 

« Un guide aura plus tendance à réciter un commentaire et apporter des connaissances à son public. Pour nous l’essentiel est de répondre aux attentes et aux personnalités de chacun. Nous devons nous attacher à composer avec chaque sensibilité, personnaliser au maximum notre intervention. Une partie des visiteurs se dit avoir du mal avec ce qui a trait à l’art contemporain. Mais ils ont une belle approche et acceptent de tenter l’aventure. Parfois c’est plus difficile, les spectateurs arrivent fermés et obtus et c’est alors plus délicat de les intéresser. Mais dans l’ensemble, l’accueil est plutôt bon. Les visiteurs sont curieux et ont l’envie. »

 

De nombreux ateliers sont proposés pour les enfants. Leur approche est-elle différente ?

 

« L’art contemporain est plus accessible pour les enfants. Preuve que la supposée complexité des œuvres n’est finalement pas un obstacle. Les enfants prennent l’œuvre telle quelle, avec beaucoup de naïveté. Mais au final c’est cette naïveté qui est dans le vrai. »

 

Les adultes ne seraient donc pas assez candides ?

 

« Par leur expérience, les adultes possèdent déjà beaucoup de représentations préconstruites. Face à une œuvre, ils essaient de les mobiliser pour tenter une analyse au lieu d’être dans le ressenti. Cela rend l’accès à l’art plus difficile et conduit à beaucoup de préjugés. »

 

Sur le plan personnel, que vous apporte cette expérience ?

 

« Je suis actuellement en doctorat d’Arts Plastiques et les rencontres du festival me permettent de mieux appréhender le regard de la société face à l’art contemporain. Cela me conduit à réfléchir sur ma propre pratique et de l’enrichir par la même occasion. Et puis, sur le plan personnel, c’est également très gratifiant d’arriver à faire passer des sensations au public. »

 

Photo : Simon Starling, Project for a Masquerade (Hiroshima), 2010 Courtoisie de l’artiste et The Modern Institute, Glasgow. Crédit photo : Simon Starling

 

 

Mots-clés : art contemporain, festival, lectoure, médiation, printemps de septembre

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