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Nuit élections US à Toulouse : «Si Romney gagne, je ne retourne pas aux États-Unis»

Paul, le républicain / Photo Carré d'Info, Kevin Figuier

Tous les quatre ans l’École Supérieure de Commerce de Toulouse organise une «soirée élections américaines». Parmi les participants, des expatriés ont voulu vivre jusque très tard dans la nuit ce moment. Nous avons voulu savoir quel regard ils portaient sur leur pays et cette campagne qu’ils ont vécue depuis la France.

 

L’ambiance US était au rendez-vous dans les couloirs étroits de l’école où l’anglais avait supplanté la langue de Molière. Difficile alors de distinguer les jeunes de l’établissement des natifs américains. Ces derniers étaient en fait peu nombreux à avoir fait le déplacement. Paroles d’expatriés américains à Toulouse qui ont vécu la campagne présidentielle de leur pays depuis la France.

 

David, 20 ans, démocrate et « un peu loin de cette campagne »

 

David, démocrate, avoue un manque d'intérêt pour cette campagne / Photo Carré d'Info, Kevin Figuier

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Un peu en retrait, David âgé de 20 ans est arrivé en septembre du Dickinson College, en Pennsylvanie. Il étudie les sciences politiques pour un semestre à Toulouse. Dans un français parfait, il trouve qu’il «est intéressant de voir les élections depuis la France». Néanmoins il se «trouve être un peu détaché» de la campagne. «Par exemple, je ne vois pas les publicités [spots de propagandes des partis NDLR] à la télévision». Sur les thèmes abordés, «c’est difficile de poser tous les sujets, mais les choses les plus importantes ont été mises sur la table» juge-t-il.

Pour David, les questions sociales sont une de ses attentes à l’image du mariage gay. «Tout le monde se pose des questions sur le bilan d’Obama. Je suis d’accord avec le président mais avec le fonctionnement des États fédéraux, il est difficile pour Obama d’appliquer la même loi pour tous». L’étudiant avoue avoir été «intéressé mais un peu loin de cette campagne».

 

Un vote a été réalisé pour départager la présidence américaine - Photo Carré d'Info, Kevin Figuier

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Michelle, 21 ans,« Si c’est le républicain qui gagne, je ne retournerai pas aux États-Unis »

Étudiante comme son compatriote à Sciences Po et issue d’une filière de sociologie au Dickinson College, elle juge que la droite française «est encore plus à gauche que la gauche des États-Unis». Avant l’annonce du résultat, elle veut croire à la victoire de Barack Obama dans ce scrutin serré. «Si Mitt Romney gagne, je ne retourne pas aux États-Unis. Ce sera un président façon Bush, comme tous les présidents républicains» déplore-t-elle.

Michelle assure qu’aux États-Unis de nombreuses jeunes femmes américaines «veulent garder le contrôle de leurs corps, comme par exemple avec l’avortement». Évoquant la polémique d’un élu républicain qui suggérait qu’un viol est «quelque chose que Dieu a voulu», elle considère que l’égalité entre femme et homme est «quelque chose d’important».

En tant qu’étudiante, elle se dit inquiète pour son avenir. «Les jeunes ne devraient pas être obligés d’emprunter de l’argent à leurs parents ou à la banque pour financer leur études. Personnellement je suis déjà endettée et je n’ai pas d’emploi ». Ne sachant pas de quoi sera fait son futur, elle souhaite, si le président Obama est réélu, qu’il enclenche « la création d’emplois»«Depuis quatre ans, c’est vrai qu’il n’y a pas eu beaucoup de changement sur ce point, mais Obama en parle plus que Romney.»

 

Les résultats état par état tombent petit à petit au cours de la nuit / Photo Carré d'Info - Kevin Figuier

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Matt, 23 ans, « depuis la France notre système est difficile à comprendre »

Chemise violet foncé et pantalon slim, Matt est venu de Floride pour réaliser son master II de droit international. Dans un français un peu hésitant, il livre sa vision des élections américaines. Tout comme ses camarades, la distance a joué sur son intérêt pour la campagne, «mais cela reste une élection très importante», insiste-t-il. A ses yeux trois sujets étaient importants et un certain nombre d’entre eux n’ont pas été suffisamment traités : l’économie, les droits pour les LGBT et une réforme de l’éducation. Il comprend que depuis la France le système de vote américain est «difficile à comprendre» et suggère de changer pour le « vote direct » même s’il s’avère «presque impossible de changer le système presque sacré».

 

Paul, 35 ans, « Dans cette campagne il y a eu trop de questions sociales»

Paul, le républicain / Photo Carré d'Info, Kevin Figuier

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Avec l’allure d’un hipster, seul mais bien présent, Paul est un républicain. Arrivé il y a maintenant sept ans dans la ville rose, il est étudiant à l’Université du Mirail. Il perçoit depuis la France qu’«en ce moment les États-Unis sont affaiblis et que l’économie va mal, tout comme les affaires étrangères». Pour lui, la politique actuelle est celle d’un «État interventionniste». Mais dans «un pays très vaste où chacun a sa culture, son système». une centralisation « comme par exemple sur le modèle français ne serait pas possible». Son souhait est simple, il veut «un gouvernement fédéral qui intervient le moins possible dans l’économie».

Dans cette campagne, «il y a eu trop de questions sociales» déplore-t-il. Et des lacunes aussi. Il regrette que des sujets comme l’Afrique, le conflit israélo-palestinien et le combat contre le sida mené par l’ancien président Bush n’aient pas été évoqués. Il pose enfin «une critique» contre ce qui est fait en Afghanistan. «Ce n’est pas très clair. Soit il faut rester avec une stratégie précise ou partir, pas d’une situation entre les deux».

 

Vers 4 heures du matin, l’école se vide de ses derniers participants. 05h19, heure française, le verdict tombe, Barack Obama est réélu président des États-Unis.

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