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Occupy Toulouse : « le programme, c’est qu’il n’y en a pas »

Occupy Toulouse le 11 novembre, place du Capitole - Photo Carré d'Info, Xavier Lalu

La rumeur bruissait depuis plusieurs jours sur la toile. Comme dans d’autres grandes villes européennes, les « indignés » toulousains se donnaient rendez-vous hier place du Capitole à Toulouse. Deux cents personnes ont répondu à l’appel mais tentes et matelas camping n’étaient pas encore au rendez-vous.

 

« Indignés », « Occupy », « les 99% » : une pluralité de dénominations pour un même mouvement

Ils sont jeunes, vieux, hypster ou barbus montagnards, avec ou sans enfants. En veste de costume ou en jogging. D’apparences différentes, ils se rassemblent car au fond d’eux couvent la révolte et l’indignation. En cette matinée du 11 novembre, ils n’ont pas choisi la grasse matinée ou le week-end bucolique. Ils répondent à l’appel « Occupy Toulouse » lancés via les réseaux sociaux. Le label « Occupy » avec sa principale déclinaison française en ce moment à La Défense, tire sa source d’un mouvement « d’indignés » américains qui campent non loin de Wall Street depuis maintenant plusieurs semaines.

Aujourd’hui à Toulouse, pas de tentes cependant. On préfère d’abord discuter. Une assemblée populaire s’organise. « La date et le lieu de rendez-vous sont la seule chose imposée. Après les gens décident eux-mêmes de la suite à donner », explique Pierre entre deux distributions de tracts. Au mégaphone les interventions s’enchaînent : revendications féministes, dénonciation des syndicats et des partis politiques « complices », appel au développement durable. On s’écoute avec respect mais déjà certains trépignent. « On a déjà entendu ça mille fois. Quand est-ce qu’on passe à l’action ? », peut-on entendre dans les conversations.

Un homme venu du Tarn prend le mégaphone : « Je viens de faire 1h30 de route. Je suis très heureux de voir ce rassemblement mais je ne vais pas me satisfaire de rester assis au soleil et de rentrer ensuite tranquillement chez moi ». Coup de pied dans la fourmilière, l’attention de l’assistance remonte d’un cran. « Tout d’abord, il faut qu’on communique. Pourquoi à Toulouse, il y a un appel ici à 11h et un autre pour une manifestation à 14h ? » Approbation du public. Car en effet, il faut être relativement patient, convaincu (ou journaliste) pour recueillir les informations concernant ce qu’on appelle communément le mouvement des « Indignés ». Ce terme est d’ailleurs sur le reculoir et cède la place au mouvement « Occupy », lui-même appelé également « nous sommes les 99% ». Cette pluralité d’acteurs, de groupes et de mouvements dilue la communication et entrave une mobilisation que ces militants « hors-pistes » voudraient « massive ». La faute à un manque de leader, lacune inhérente à un mouvement qui se veut « spontané, démocratique et auto-géré ».

 

Pancarte d'un "indigné", place du Capitole - Photo Carré d'Info, Xavier Lalu

 

« On fait quoi quand il va faire froid ? »

Dans l’assemblée, on tente quand même de s’organiser. Une jeune femme lâche les thématiques générales pour aborder des aspects plus matériels. « Il faut prévoir un lieu régulier de rassemblement. Et aussi préparer l’hiver si on veut continuer de se rencontrer. Comment fera-t-on quand il fera froid et qu’il pleuvra ? ». D’autres proposent de passer directement à l’action et trouvent des oreilles attentives.

À 12h30, une intervenante propose la constitution de groupe de travail : communication, action… pour une mise en commun un peu plus tard dans l’après-midi. Pendant les débats, des passants tous profils s’arrêtent, s’interrogent et finalement décident de rester quelques minutes, sensibles au discours et à la démarche dans un contexte où on nous prédit tous les jours chaque fois pire. L’indignation semble donc bien là à l’instar d’autres pays européens comme l’Angleterre, l’Espagne ou l’Italie où ce sont là-bas des milliers de personnes qui se mobilisent. En France et à Toulouse,  on semble encore loin de tels mouvements. A cinq mois des élections présidentielles, l’indignation se réserve peut-être pour les urnes.

Mots-clés : assemblée populaire, indignés, mobilisation, occupy, révolution

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