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Ospreys – Toulouse : le coup de fusil à pompe dans le pied

Chaque semaine Ovale Masqué passe au grill le match du Stade Toulousain / Photo CC

Vous êtes ici entre les mains d’Ovale Masqué, chroniqueur rugby qui n’écrit que sur une planche à découper. Ses détracteurs le traitent de maître ès croc. Quand il tranche, c’est parfois sanguinolent. Mais il sait aussi poser le couteau quand il le faut et même faire rire vos côtelettes.

 

Note de la rédaction : Une défaite et une fin du monde : « A quoi bon? » s’est dit Ovale Masqué dimanche au plus profond de son repaire secret. Mais la fin du monde tardant à venir, le justicier de l’Ovalie s’est décidé à redescendre dans les rues de Gotham.

 

« Ceux qui veulent momentanément nous enterrer en seront pour leurs frais, comme si souvent chaque année. »

Guy Novès.

 

Guy Motherfuckin Novès 

On a souvent raconté ici que si le Top 14 était une cour de récré, le Stade Toulousain serait cet élève insupportable qu’on a tous connu, ce gros branleur qui porte des petites chemises cintrées et qui passe son temps à draguer les filles et qui se débrouille quand même pour avoir les meilleurs notes à la fin du trimestre. Sauf que la H Cup, ce n’est plus le lycée. Ce serait plus la classe prépa : les indolents qui pensaient que ça allait passer tout seul se prennent généralement assez vite une bonne claque. Certains supportent d’ailleurs mal cette pression constante et préfèrent abandonner en cours de route pour retourner jouer au djembé chez les parents (rendons hommage à Bourgoin, qui a d’ailleurs toujours du mal à rembourser son crédit étudiant).

 

« Ce déplacement à Swansea sentait donc le piège à 10km, un peu comme quand un type chelou t’arrête pour faire du stop à 1h du matin en plein milieu d’un bois. »

 

Le Stade était pourtant prévenu. Paumer son parcours européen en perdant bêtement un match à leur portée, c’est un peu comme mettre une branlée à Castres en phase finale, c’est presque devenu une tradition. Il y a eu Glasgow en 2009, les Wasps en 2011… la saison dernière, Guy a même réalisé le doublé tant espéré, en perdant contre les Harlequins et Gloucester. Ce déplacement à Swansea sentait donc le piège à 10km, un peu comme quand un type chelou t’arrête pour faire du stop à 1h du matin en plein milieu d’un bois. Pourtant, les Toulousains sont encore tombés dedans. Mais pourquoi sont-ils aussi fainéants ?

 

Un empire démuni sans Luke Mc Walker

Une semaine après avoir pris le bonus offensif en trottinant contre les mêmes Ospreys à Ernest Wallon, les champions de France à vie se déplaçaient donc au Pays de Galles pour finir le travail. C’était sans Luke McAlister, blessé. L’occasion pour Canal+ de nous pondre une belle statistique, pour une fois pas si inutile : 83% de victoires pour le Stade quand le Jedi néo-zélandais est sur la pelouse, contre seulement 30% quand il reste chez lui à prendre des photos de ses chiens sur Instagram.

 

Nous aurons donc le droit à la charnière Burgess – Doussain, ou le duo qui fait encore plus flipper que les sœurs jumelles dans Shining.

 

Des chiffres qui nous rappellent soudainement le débat sur l’existence (réelle ou supposée) d’un entraîneur des lignes arrières au Stade Toulousain. Lionel Beauxis étant toujours en pleine grève de la faim pour négocier son transfert aux Southern Kings (c’est un peu the place to be chez les déçus et les victimes du Capitolisme) nous aurons donc le droit à la charnière Burgess – Doussain, ou le duo qui fait encore plus flipper que les sœurs jumelles dans Shining. Florian Fritz est également à l’infirmerie – sachant que le garçon a généralement de l’envie pour 15, son absence risque de se faire sentir.

 

Grasse mat’ à l’arrière

Dès le coup d’envoi, le ton est donné. Thierry Dusautoir décide de fêter son retour en grandes pompes en nous offrant un en-avant dont il a le secret, nous rappelant qu’il a tout de même réussi la prouesse d’être élu meilleur joueur du monde sans jamais avoir su faire une passe. Soucieux de faire plaisir à leurs supporters qui ne sont pourtant pas venus au Liberty Stadium (à croire que même Toulouse ne fait plus vendre de billets), les Ospreys attaquent le match parfaitement en monopolisant le ballon.

 

« Maladroit sous les ballons hauts et souvent mal placé, voire carrément absent, Mad Max se fait balader, laissant à Huget le soin de sauver la situation tant bien que mal, et plutôt mal d’ailleurs »

 

Et surtout, en jouant intelligemment. Ils ont retenu la leçon du dernier match et semblent bien conscients qu’ils pourraient se faire des passes une heure sans jamais percer la défense toulousaine, aussi ferme et impénétrable que l’entre-cuisses des [censuré]. Ainsi plutôt que de faire l’essuie-glaces et de fatiguer ses lignes arrières, la charnière Fotuali’i/Biggar va décider d’harceler le trio arrière toulousain avec tout un arsenal de jeu au pied tactique : chandelles, par-dessus, à suivre. Plutôt bien joué sachant que Maxime Médard, qui possède cet air d’éternel adolescent tombé du lit, a réellement la tête dans le cul cet après-midi. Maladroit sous les ballons hauts et souvent mal placé, voire carrément absent, Mad Max se fait balader, laissant à Huget le soin de sauver la situation tant bien que mal, et plutôt mal d’ailleurs.

 

Un labrador à Noël pour Mr Clancy

Les Toulousains sont donc en difficulté et ont toutes les peines du monde à sortir de leur camp, d’autant plus qu’aujourd’hui, la mêlée n’est pas dominatrice. Vasil Kakovin n’arrive pas à prendre le dessus sur Campbell Johnstone, cet homme qui nous avait pourtant tant fait rire lorsqu’il évoluait à Biarritz, où il était surnommé « Campbell, du clan Campbell ». Il faut dire aussi que les Ospreys sont particulièrement roublards et abusent de la grande tolérance de Monsieur Clancy, à qui on offrirait bien un labrador à Noël. Logiquement, les Ospreys marquent donc les premiers points grâce à la botte de Biggar.

 

« Le petit Jean-Marc n’est capable de marquer qu’à 25 mètres en face des perches, ce qu’il finit d’ailleurs par faire à la 30ème minute. »

 

Les Gallois sont également proches de l’essai une première fois aux alentours de la 20ème minute, après une combinaison en touche qui manque d’envoyer Ryan Jones dans l’en-but. Les Zoizeaux noirs pilonnent la ligne pendant quelques minutes mais reculent sur tous les impacts. Finalement, Biggar décide de taper le drop, 6-0. De son coté Toulouse n’exploite pas les rares fautes adverses puisque aujourd’hui, Guy Novès a décidé de laisser ses trois doigts dans la poche de son k-way. Pas pour l’amour du jeu, déconnez pas, mais parce que le petit Jean-Marc n’est capable de marquer qu’à 25 mètres en face des perches, ce qu’il finit d’ailleurs par faire à la 30ème minute.

 

« Mais juste avant la mi-temps, Jean-Marc Doussain claque un drop de nulle part et ramène le score à 9-6. Les Toulousains s’en sortent bien, comme souvent.« 

 

Mais les Ospreys repartent à l’attaque, en profitant du carton jaune de Patricio Albacete, qui avait décidé d’essuyer ses crampons sur les mollets d’un Gallois (Fabien Galthié nous dirait que c’est normal, ce sont les gènes argentins). Kah Fotuali’i essaye de refaire le même coup que la semaine dernière en jouant vite une pénalité, et se fait stopper à quelques mètres de la ligne. Finalement, c’est sur une nouvelle mêlée pénalisée que Biggar récupère l’occasion de marquer trois nouveaux points. Mais juste avant la mi-temps, Jean-Marc Doussain claque un drop de nulle part et ramène le score à 9-6. Les Toulousains s’en sortent bien, comme souvent.

 

Comme d’habitude, ça va bien finir par passer…

Le Stade le vrai © revient donc sur la pelouse en espérant que, comme d’habitude, ça va bien finir par passer. C’est d’ailleurs ce qu’on pensera un moment puisque après 15 premières minutes de bonne facture côté Rouge et Noir, Toulouse remet enfin la main sur le ballon, et avance en jouant simple, notamment grâce aux charges de Yann David. Sur un petit coup de pied par dessus, Doussain envoie le ballon dans les bras de Fickou, qui hélas, ne trouve pas de soutien pour conclure l’action. Toulouse pousse et obtient finalement une pénalité mais JMD tape le poteau.

 

« Une action qui, encore une fois, aura au moins eu le mérite de nous apprendre que le George Clooney du cassoulet était présent sur le terrain. »

 

Le match bascule alors sur une relance galloise : Fussell croise avec Walker, dont on va beaucoup reparler d’ici la fin de ce compte rendu. Pris en défaut par les appuis de l’ailier gallois, papy Bouilhou le plaque ‘accidentellement’ au-dessus de l’épaule. Au ralenti, c’est pas bien méchant mais le troisième ligne prend tout de même un jaune. Une action qui, encore une fois, aura au moins eu le mérite de nous apprendre que le George Clooney du cassoulet était présent sur le terrain. Les Gallois vont alors profiter de leur nouvelle supériorité numérique pour se déchaîner.

 

« Dans la foulée, les Ospreys passent même à deux doigts de pied de marquer un deuxième essai à la toulousaine (c’est à dire avec une passe en-avant) »

 

Le dénommé Walker décide de violer la défense toulousaine à plusieurs reprises. Sur sa troisième percée, il remonte la moitié du terrain avant de se faire plaquer. Le ballon vole d’une aile à l’autre, et finit par revenir sur le jeune ailier. Un cad’deb et un raffut du bout des doigts sur Huget plus tard, il file à l’essai. Dans la foulée, les Ospreys passent même à deux doigts de pied de marquer un deuxième essai à la toulousaine (c’est à dire avec une passe en-avant), mais Beck se fait rattraper dans son en-but comme un loser. Grâce à une belle course et un réflexe de ninja, Fickou réussit à empêcher le trois quart centre de marquer.

 

 

 Le chef d’œuvre du pire

Les 20 dernières minutes du match seront dominées par le Stade Toulousain, qui décide de se réveiller pour aller chercher le bonus défensif. Pour cela, ils vont employer la seule chose qui a fonctionné cet après-midi là : les ballons portés. Malheureusement après un bel effort collectif, Tolofua ne parvient pas à aplatir et se fait refuser un essai à la vidéo. Le reste de la partie consistera en attaques brouillonnes, en fautes plus ou moins flagrantes des Gallois, et surtout en un grand concours d’interceptions du côté Toulousain. Un concours que bien sûr, Luke Burgess ne pouvait pas perdre. Enfin le match se terminera sur un véritable chef d’œuvre. Une relance de 80 mètres où tout le monde fera successivement le pire choix possible : Doussain qui donne son ballon immédiatement alors qu’il a un champ libre de 50 mètres devant lui, Burgess qui tarde à passer, fait une feinte qui n’aurait même pas marché sur un pilier géorgien alcoolique, puis se fait plaquer. Et enfin le bouquet final avec cette passe de Clerc qui a failli décapiter l’arbitre de touche. Comme un symbole © (pour utiliser un lieu commun cher à Mathieu Lartot) de la faillite du jeu toulousain depuis quelques semaines, mois, années.

Encore plus drôle qu’une vidéo de chat qui danse sur Gangnam Style, le Stade Toulousain qui rate un 3 contre 1.

Toulouse rate l’immanquable après une relance de… par Le-Rugbynistere

 

Les soldats de l’empire Capitoliste

Ce n’était pas vraiment un cadeau d’offrir à Médard sa première titularisation à l’arrière depuis plus de 8 mois, dans un match de cette importance. Surtout après l’intérim très réussi de Yoann Huget. Mad Max a malheureusement fait le Grand Chelem de la Poitrenade avec des relances impossibles, des chandelles dégueulées et même deux touches non trouvées sur pénalité.

Replacé à l’aile, Huget (Chewbacca) a apporté son envie, quelques gros plaquages et a essayé de sauver les meubles derrière. Malheureusement, c’est bien lui qui se troue sur l’essai de Walker, ce qui lui vaudra à nouveau d’être accueilli par des « Retourne à Bayonne, enculé » au prochain match à la maison. Ah le public toulousain !

David a été l’arrière le plus en vue même s’il fait toujours la même chose : foncer dans le tas. Picamoles semblant avoir un petit coup de mou, il a donc remplacé ce dernier dans le rôle du bulldozer qui remet l’équipe dans le sens de la marche.

Fickou n’a pas vraiment eu de ballons pour s’exprimer, la faute à une charnière poussive. Burgess a raté tout ce qu’il a fait et s’est fait intercepter au moins 8 fois, et Doussain, malgré deux trois bonnes initiatives, n’est pas vraiment un 10, il a souvent tendance à jouer arrêté et à ralentir les actions.

En 50 minutes, Dusautoir a fait un condensé de Dusautoir : un tampon et un en-avant. Globalement, la troisième ligne s’est fait bouffer par celle des Ospreys, bien plus agressive et qui a réussi à arracher de nombreux ballons en étant toujours « à la limite », selon le terme consacré (ce qui veut donc dire qu’ils étaient hors-jeu).

A peine revenu de blessure, Albacete enchaîne déjà les matchs et semble un poil cramé. Ça faisait longtemps qu’il ne nous avait pas offert son petit carton jaune stupide, ça nous manquait presque. Enfin la première ligne s’est faite bouger en mêlée malgré la présence des deux Bouchers Kakovin et Johnston. Malgré l’activité de Nyanga et la bonne rentrée de Poux en mêlée, entre autres, les remplaçants n’ont pas fait la différence en fin de match.

 

Fotuali’i, sorte de croisement génétique entre Morgan Parra et Agustin Pichot, bref l’Antéchrist en personne.

 

Le rapport Gallois 

Souvent décrié pour sa manie de s’effondrer sous la pression, Dan Biggar a quasiment fait le match parfait au pied et même à la main : c’est lui qui sert Walker dans le bon timing sur l’essai. Il a donc formé une belle charnière avec l’inénarrable Fotuali’i, sorte de croisement génétique entre Morgan Parra et Agustin Pichot, bref l’Antéchrist en personne. On nous dit d’ailleurs que ce dernier a proposé ses services au Stade Toulousain la saison prochaine… On imagine bien que c’est pas la concurrence qui l’a effrayé.

Walker a ridiculisé Clerc a plusieurs reprises, ce qui fait de lui un joueur au moins aussi bon que Farid Sid. Enfin en bon capitaine et en joueur expérimenté, Ryan Jones a enchaîné les fautes grossières avec une discrétion admirable. Mention spéciale également à Adam Jones, qui faisait son grand retour de blessure. Il a pris un carton jaune, mais il est toujours aussi bel homme.

 

Conclusion : un coup de fusil à pompe dans le pied


« Parfois, on perd en donnant le maximum, face à meilleurs que nous. Là, cette équipe ne nous était pas supérieure… C’est ce qui me dérange. On a ciblé après la rencontre un comportement individuel laxiste, notamment dans les duels. On s’est fait secouer en mêlée, on a été faible dans le jeu au pied. J’espère que les joueurs seront revanchards sur eux-mêmes et leur investissement personnel, leurs lacunes. » Maître Guy a tout résumé : le Stade Toulousain s’est encore une fois tiré dans le pied au fusil à pompe en s’inclinant contre une équipe enthousiaste et enthousiasmante mais qui n’a pas vraiment le niveau pour sortir des poules.

 

« Pour le ¼ à domicile, ce sera par contre plus compliqué, et on imagine mal cette équipe incapable d’enchaîner trois passes pouvoir lutter contre les machines de guerre qu’on a vues à l’oeuvre le restant du week-end, du moins pas avec un arbitrage H Cup »

 

Novès a également pointé du doigt les nombreuses absences et la fatigue des internationaux… On pourrait lui rétorquer que s’ils faisaient un peu plus jouer les Donguy, Boukerou, Guillamon, Nicolas, Lacombe ou Bézy, il éviterait de trop tirer sur la corde avec ses cadres.

En 4 mois, Picamoles, Johnston, Clerc, Albacete, Maestri, McAlister et Fritz ont déjà joué plus de matchs qu’un international irlandais tout au long de sa carrière, et ça commence à se voir.

Le Stade garde malgré tout une bonne chance de se qualifier. Leicester, qui n’est pas au niveau d’il y a quelques saisons, n’ira peut-être pas l’emporter chez les Ospreys non plus. Et on sait que des Toulousains en mode vénères (on imagine que tous ces compliments pour Toulon et Cermont, ça les titille pas mal) restent capables de l’emporter en Angleterre, pour peu qu’il y ait cette fois une grosse mêlée et un bon buteur sur la pelouse.

 

Pronostic? : « Le Stade gagnera son 20ème Bouclier de Brennus contre Toulon grâce à une pénalité de McAlister de 60 mètres »

 

Heureusement au mois de juin, Servat reprendra une licence, Steenkamp ira se faire changer le sang dans une clinique en Suisse et le Stade gagnera son 20ème Bouclier de Brennus contre Toulon grâce à une pénalité de McAlister de 60 mètres (score final 6-3). Vous voyez, finalement, ce n’est pas la fin du monde.

3 RÉACTIONS

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Y a qu'à faire copier coller en changeant les noms et on a le compte rendu contre le FCG...

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Oh la la, cette fin optimiste ! Je suis prête à parier une chope de bière brune (je n'aime que la blonde!) que le Stade, lequel ? il n'y en a qu'un, ne peut atteindre le bouclier cette année et que l'équipe qui a osé prendre nos couleurs sera championne d'Europe et de France.

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

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