Hebdomadaire, la séance des questions au gouvernement au Parlement est souvent riche en débats et peu en enseignements. Au conseil général, l’exercice est annuel et en lieu et place d’un ministre siège le préfet du département. Le ton est cordial mais les échanges peut-être plus riches car un peu moins soumis aux exigences des postures politiques. Et au menu du cru 2012, le futur du site de Francazal et l’avancement de la LGV Bordeaux-Toulouse.
Pour le préfet Henri-Michel Comet, une séance de questions au conseil général, c’est un peu un « grand oral ». En guise de jury, l’assemblée des conseillers généraux, la plupart hostile à la politique gouvernementale, et qui entendent le faire savoir. Car si Toulouse représente pour beaucoup la Haute-Garonne, les élus ne veulent pas voir abandonner les zones rurales et montagnardes du département. Suppression de postes de fonctionnaires, fermeture des services publics, tribunaux et hôpitaux en tête ou encore retard dans l’aménagement du territoire, les doléances sont nombreuses mais ont peu de chances d’aboutir, car sacrifiées sur l’autel de la révision générale des politiques publiques.
Francazal : « on s’approche de l’existence d’un vrai dossier… »
D’autres dossiers sont cependant plus ouverts comme le très médiatique cas du site de Francazal. Sollicité pour faire le point, le préfet Comet a voulu prendre de la distance face à l’emballement médiatique : « Je tiens à préciser qu’il y a deux fondements au sujet du futur de Francazal : le maintien d’une activité de Défense et d’aéronautique. » Voilà pour les priorités. Quant au reste du site, il dépendra des « modalités du renouvèlement de la concession. D’autres sont intéressés. Parmi eux, certains travaillent de manière plus médiatiques que d’autres. » Et le représentant de l’Etat se veut clair : « Nous avons une approche prosaïque. Nous jugeons sur dossier. Or nous sommes encore dans une démarche préalable et non au pied de la prise de décision. »
« Il est assez singulier qu’une création d’entreprise démarre par une démarche médiatique. Ca complique le travail de tout le monde »
A propos de dossier, le conseiller général Claude Raynal, par ailleurs maire de Tournefeuille voulait en avoir le cœur net : «Concernant le projet de studios, y a-t-il un vrai dossier ? » Sourire en coin et réponse du préfet : « on s’approche de l’existence d’un vrai dossier… » Il reste donc du chemin à parcourir entre Hollywood et Toulouse et de nombreuses embûches à franchir : « Il est assez singulier qu’une création d’entreprise démarre par une démarche médiatique. Ca complique le travail de tout le monde », a continué le préfet tout en nuançant en guise de conclusion : « c’est néanmoins un partenaire qui progresse. »
La LGV agace à grande vitesse
Moins paillettes mais plus délicat, la question du calendrier des travaux de LGV Bordeaux-Toulouse concluait la séance. Le président Izard s’est dit « inquiet » suite aux récentes déclarations de NKM voire « embarrassé » face aux prochaines annonces de rigueur promises par Nicolas Sarkozy avant fin janvier. Le préfet s’est montré rassurant en insistant « sur l’étape franchie avec la définition du tracé. Nous attendons sa validation par la ministre ». Pas de quoi rassurer le président du conseil général : « Le temps passe et l’ardoise monte. Et nous payons déjà pour la ligne Tours-Bordeaux. Sans certitudes, nous ne paierons plus très longtemps. » L’évocation de la prochaine consultation publique du tracé Toulouse-Narbonne n’est pas non plus de nature à rassurer Pierre Izard. « Sans Bordeaux-Toulouse, ça ne sert à rien ». Comme Tours-Bordeaux, du point de vue de Toulouse…






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