Ils n’ont pas attendu Stéphane Hessel pour exposer leur indignation au public. Cela fait maintenant quatre ans que les moines franciscains de la région de Toulouse se réunissent tous les mois, place du Capitole pour dénoncer le sort réservé aux étrangers en instance d’expulsion.
Il est 18h30 devant la mairie de Toulouse. Sur les pavés, une petite lanterne est posée tel un phare. Tout autour, une cinquantaine de personnes entreprennent de former un cercle. Pas de discussions, chacun reste debout, l’allure digne. Ce cérémonial, les toulousains ont l’occasion d’y assister chaque dernier mardi du mois depuis maintenant quatre ans. Autour, le frère Alain, l’un des franciscains à l’origine de cette mobilisation silencieuse, distribue des tracts et tente de sensibiliser les badauds.
Ce que ces hommes d’églises rejoints par des citoyens, dénoncent, ce sont les centres de rétention administrative et les expulsions injustifiées. Ainsi, le centre de Cornebarrieu est dans tous les esprits et les conditions de détention, pas toujours dignes, ne sont pas les seuls griefs.
Par tous les temps et en toutes saisons, les frères n’ont jamais manqué un rendez-vous. Au départ confidentiel, la foule des anonymes s’est étoffée au fil du temps et la médiatisation est allée croissante. Partie de Toulouse, cette forme de mobilisation s’est également propagée à près de deux cents villes françaises. Aujourd’hui, à la veille des échéances électorales, les frères comptent bien cueillir les fruits de ce travail militant.
Aux abords du cercle, des badauds s’arrêtent un instant, interloqués. Pour certains, l’accueil de l’initiative est chaleureux. Mais pour d’autres, c’est l’incompréhension. « Cela ne me dérange pas qu’ils soient expulsés. Certains sont à peine civilisés. En tout cas, si on leur dit de partir, c’est bien qu’ils ne s’intègrent pas ». Pour le frère Alain et ses coreligionnaires, ces quatre ans n’ont pas été sans insultes et menaces. Mais leur confiance en l’homme est à toute épreuve : « Si des réactions sont extrêmes, c’est qu’il doit y avoir une blessure. Je pense aux pieds-noirs par exemple. Il faut essayer de les comprendre, c’est la première étape dans la lutte contre l’intolérance ». Une démarche longue qui les amènera encore une fois, place du Capitole, le 29 novembre prochain.


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3 RÉACTIONS
Keizer Soze
le 02/02/12
à 18:23
Qu'est-ce que veut dire : "Ils n’ont pas attendu Stéphane Hessel" ? Vous ne pouvez donc pas défendre l'utile et juste action de certains hommes sans vous abstenir de cracher dans la figure d'un autre homme ?! C'est incroyable et dégueulasse cette manière de faire. Je ne vous félicite pas Sieur Lalu. Keizer Soze