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Sanofi : le sort des 600 salariés du site de Toulouse reste « à préciser »

Près de 500 personnes ont manifesté route d'Espagne à Toulouse pour protester contre le plan de restructuration de la recherche chez Sanofi / Photo Carré d'Info, Kevin Figuier

En juillet dernier la direction de Sanofi annonçait un plan de restructuration et donnait rendez-vous en septembre pour plus de détails. Mardi 25 septembre la direction a annoncé un plan de 900 suppressions de postes d’ici trois ans qui ne seraient pas des licenciements secs. L’avenir du site de recherche Toulouse reste toujours en suspens.

 

900 suppressions de postes d’ici 2015

Depuis la rentrée, les salariés de Sanofi attendaient les précisions de la direction du groupe pharmaceutique. Les salariés du site de recherche de Toulouse peut-être encore davantage puisque son maintien n’est pas assuré. Mardi 25 septembre, Sanofi a communiqué sans trop en dire.

Au niveau national, l’entreprise parle « d’environ 900 postes » qui seraient supprimés d’ici trois ans à travers des départs volontaires, des « aménagements de fin de carrière et propositions de mobilité ». Aucun « licenciements secs », affirme-t-on à la direction. Quant au site de Toulouse, qui fait toujours l’objet d’une attention particulière, son avenir « reste à préciser ».

 

« C’est très flou. L’incertitude continue comme continue toujours une réflexion sur le désengagement de Sanofi de Toulouse »

 

900 + 600 ?

Si pour la première fois le groupe pharmaceutique a publiquement chiffré le nombre de suppressions de postes, le site toulousain n’en sait pas plus sur son avenir. « C’est très flou, estime Gérard Falquet, délégué syndical CGT du site. L’incertitude continue comme continue toujours une réflexion sur le désengagement de Sanofi de Toulouse ». Il regrette que les représentants syndicaux n’aient toujours « aucun document détaillé et aucune information de plus depuis le 5 juillet ». La direction a assuré hier qu’elle allait fournir dans « les prochains jours » son projet de restructuration aux instances syndicales et débuter une phase de consultation le mois prochain.

Durant l’été, les représentants syndicaux estimaient à 2500 les potentielles pertes d’emplois. La direction a donc annoncé mardi un chiffre moins important mais, comme nous l’a confirmé le porte-parole de l’entreprise, « qui ne prend pas en compte le site de Toulouse ». Le bilan pourrait être donc plus important en cas de fermeture du site de Toulouse. « Nous n’avons jamais communiqué de chiffres car des groupes de travail vont être mis en place pour l’avenir du site et des transferts entre les sites sont également possibles », affirme-t-on du côté de la direction qui assure que toutes les pistes sont ouvertes concernant le site. Additionner les 600 postes toulousains aux 900 futures suppressions « n’a pas de sens » selon le porte-parole.

 

« Sanofi a identifié, pendant l’été, des acteurs susceptibles d’y poursuivre des activités scientifiques ou technologiques »

 

Interprétation

Toutefois, le communiqué indique que « Sanofi a identifié, pendant l’été, des acteurs susceptibles d’y poursuivre des activités scientifiques ou technologiques ». Une phrase quelque peu sibylline quand on se souvient qu’en juillet dernier à l’annonce d’un plan de restructuration, Thierry Bodin délégué syndical CGT affirmait : « Ils ont annoncé le désengagement total de Sanofi à Toulouse, via une spin-off, une vente ou une cession, voire une fermeture si aucune solution n’est trouvée ».

Le porte-parole de Sanofi juge « qu’il ne faut pas donner plus de sens aux mots qu’ils n’en ont » dans cette phrase ni y voir l’annonce cachée d’une volonté de cession ou de vente du site. « Les acteurs en question, je ne vous donnerai pas de liste, mais cela peut être un hôpital, une institution scientifique. Nous travaillerons avec la communauté scientifique de toute façon », poursuit-il.

 

« En tant qu’industriel, ils n’ont rien fait pour l’Oncopôle »

 

Un moindre mal ?

Malgré tout, dans le sillage du ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, Pierre Cohen maire PS de Toulouse juge les annonces « moins dures que les premières ». Christophe Borgel, député PS de la 9e circonscription se réjouit lui que « la fermeture du site de Toulouse [ne soit] plus explicitement évoquée même si un flou demeure ». Le maire de Toulouse, qui avait parlé de « comportement de patrons voyous » à l’endroit de la direction de Sanofi, a assuré mardi 25 septembre maintenir ses propos. Il a jugé par ailleurs que l’avenir de l’Oncopôle n’était pas nécessairement compromis par un éventuel départ de Sanofi dans la mesure où « ils n’ont pas fait d’effort pour travailler sur l’oncologie et n’étaient pas vraiment engagés ». Avant d’ajouter : « En tant qu’industriel, ils n’ont rien fait pour l’Oncopôle ».

Les salariés du site de Toulouse se sont réunis mardi à 14h en assemblée générale. Ils ont décidé la poursuite de leurs actions hebdomadaires tous les jeudis et recevront ce jeudi la visite et le soutien de Jean-Luc Mélenchon. Le 3 octobre, date de prochain Comité Central d’Entreprise, ils ont par ailleurs convenu d’une manifestation à Paris devant le siège de Sanofi rue de la Boétie.

Mots-clés : sanofi

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