Moment d’euphorie mercredi 10 octobre suite aux déclarations d’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. Il a annoncé à peu de chose près ce que la direction avait annoncé fin septembre et la sauvegarde du site de Toulouse n’est toujours pas actée contrairement aux suppressions de postes.
Des conditions vraiment nouvelles ?
Mercredi 10 octobre, en milieu d’après-midi, Arnaud Montebourg a annoncé avoir reçu de la part de la direction de Sanofi « des conditions nouvelles » du plan de restructuration. Quelles sont ces conditions annoncées par le ministre ?
- La direction envisage 914 suppressions de postes,
- aucun licenciement sec,
- un plan de départs volontaires,
- un retrait du site de Toulouse du plan de restructuration exceptés les services de l’infectiologie et des fonctions supports,
- une mission ministérielle sur l’avenir du site de Toulouse
Arnaud Montebourg y voit une victoire et la garantie que le site de Toulouse est sauvé. Mais ces annonces avaient été faites par la direction de Sanofi le 25 septembre dernier. Retour en arrière. Ce jour-là l’entreprise annonce :
- environ 900 suppressions de postes,
- aucun licenciement sec,
- un plan de départs volontaires sur trois ans ou d’aménagements de fins de carrières,
- un avenir « à préciser » pour le site de Toulouse,
- l’absence du site de Toulouse dans les 900 suppressions envisagées.
Confirmation et mauvaise nouvelle
Par ailleurs, le 2 octobre dernier, l’AFP révélait un document transmis aux organisations syndicales par la direction du groupe pharmaceutique évoquant les mêmes dispositions et précisant la suppression de près de 200 postes dans la branche recherche et développement.
Il semble donc qu’il y ait eu beaucoup de bruit pour rien. Peu d’éléments nouveaux si ce n’est l’officialisation de suppressions de postes à Toulouse dans les domaines de l’infectiologie et des fonctions supports dont les syndicats évaluent les effectifs toulousains à environ 250 personnes.
Les élus locaux crient victoire : « La victoire des salariés et de la mobilisation des élus », « une bonne nouvelle », « des avancées »
Les élus locaux heureux
Tout cela n’a pas empêché les élus locaux de se réjouir. L’effet d’annonce du ministre a déclenché une salve de réactions à travers lesquelles ils ont applaudi en chœur le gouvernement et profité de l’occasion pour saluer leur action et celle des salariés en considérant pour acquis le maintien du site de Toulouse.
Il s’agit de « la victoire des salariés » pour Christophe Borgel député PS de Haute-Garonne ; Pierre Cohen maire de Toulouse se félicite qu’Arnaud Montebourg ait obtenu de Sanofi….qu’elle accepte une mission interministérielle au sujet du site de Toulouse et reste « vigilant » sur la « vocation scientifique du site », la fédération départementale du PS a elle aussi réagi voyant dans les annonces du ministre « une bonne nouvelle ». Martin Malvy, président du conseil régional, a salué « des avancées » mais fut le seul à rester prudent en invitant à attendre la tenue du comité central d’entreprise de jeudi 11 octobre.
« Nous n’avons aucun élément nouveau donc aucune raison de penser que la direction va présenter un plan différent »
Les syndicats très perplexes
Pour les syndicats, avant d’y voir une bonne nouvelle on attend d’avoir du nouveau. Et on s’étonne de l’euphorie politique à la veille d’un comité central d’entreprise. « Nous n’avons aucun élément nouveau donc aucune raison de penser que la direction va présenter un plan différent », estime Gérard Falquet, délégué syndical CGT à Toulouse. Pour lui « Toulouse et Montpellier sont toujours impactés » et Sanofi va « continuer de dérouler son plan de restructuration pour la recherche ».
Dominique Junyent, de la CFDT et secrétaire du CE, ne voit « pas d’éléments nouveaux et rassurants ». Au contraire, ces annonces entérinent selon elle le fait que « Sanofi ne veut pas supporter 600 salariés sur un pôle de compétitivité ». Elle estime même qu’une sortie du plan de restructuration ne serait pas nécessairement une bonne nouvelle. « Cela voudrait dire alors que nous ne sommes plus concernés par des transferts d’activités ou l’implantation d’une activité particulière ».
Jeudi 11 octobre, se tient un comité central d’entreprise au cours duquel les modalités du plan de restructuration doivent être présentées. Le 12 octobre, des représentants du personnel seront reçus par Arnaud Montebourg.


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