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Siestes électroniques 2012 : beat, bass et gazon

Nils Frahm aux Siestes Electroniques 2012 / Photo Carré d'info

Ce week-end s’est tenue la 11ème édition du festival des siestes électroniques. Il aura attiré quelque quatre mille personnes, beaucoup moins que l’an dernier, mais c’était le but.

 

Retour sur les temps forts (et moins forts) d’un festival maintenant suffisamment installé dans le paysage culturel toulousain pour pouvoir se mettre en danger. Bière à gogo, sono très forte et jeans slims de sortie. Cette année, le festival se pense intimiste. Des scènes plus petites, des endroits plus cachés pour favoriser une écoute plus proche des artistes.

 

Jeudi soir. On lance le festival dans le calme. L’ambiance est feutrée. Nils Frahm est allemand et pianiste. Il porte un tee-shirt vert, des chaussettes à motifs jacquart rouges, noires et blanches et des Adidas vintages. Sur « scène » un piano grand concert et un clavier électrique. Le cadre est intimiste et inattendu. Nous sommes dans la cour de l’archevêché de Toulouse, sur des bancs posés sur les pavés. Il y a peut-être une centaine de personnes et deux resquilleurs au balcon de l’immeuble adjacent .

Il nous a accordé une interview courte à retrouver ici.

 

Vendredi soir. Rendez-vous est donné à 23 h pour la soirée bal de promo, autant dire qu’il vaut mieux arriver à minuit. Le cadre est enchanteur, presque jouissif pour ceux qui ont étés nourris aux teen-movies, typiquement une soirée instagram : le chaland de la rue Cujas est de sortie. Les ballons sont multicolores, il y a de la moquette pour ne pas abîmer le parquet, le tout dans un gymnase à l’immense verrière orientée plein est ( pour les levés de soleil ). Le terrain de handball finit de planter le décor.

Les sets sont festifs. Même si les organisateurs se plaisent à programmer des artistes « que personne ne connaît », l’intention de la soirée est clairement orientée vers la fête presque tout public.

 

Ce qu’on a retenu :

Electro Guzzi : un groupe de techno analogique aus Tirol, histoire de dire qu’on aura vu en live un groupe autrichien au moins une fois dans sa vie. Ils font de la techno avec un dispositif rock.

Hypnolove : de la pop-disco-electro molletonnée toulousaine. Ils se sont déguisés pour l’occasion, c’est mignon.

Funkineven : il fait de la funk expérimentale en général, ce soir ce sera techno club. On ne s’attendait pas vraiment à ça. Le set est tout autant déroutant que réussi.

Pour finir : deux espagnols technoclub à l’ancienne, avec synthé vocoder et effets de manche 90′s ( Pional et John Talabot ). Les organismes sont éprouvés, il est 4h30 du matin. John Talabot c’est un peu comme Cristiano Ronaldo à l’Euro 2012, on le garde en dernier tireur des tirs-au-but fin mais finalement il n’a pas servi. On était très fatigués.

 

 

Samedi (au soleil). Les festivaliers se sont massés sur l’herbe des jardins de Compans-Caffarelli. Pour le coup la rupture d’avec la veille est totale. C’est l’esprit des Siestes, « l’identité du festival » : une sorte d’apéro géant sur l’herbe au soleil, les artistes défilent, les festivaliers discutent dos à la scène, un petit groupe se déhanche modestement, les yeux fermés les oreilles dans les enceintes. Il nous arrive même d’apercevoir des parents et leurs enfants par-ci par-là. Le samedi c’est expérimentation et objets semi-étranges. Cette programmation ferait passer un DJ set expérimental pour de la musique classique.

 

Ce qu’on a retenu :

Matthew Friedbergger : un opéra-rock en 8 bits écrit spécialement pour l’occasion. C’est étrange, voire bizarre. Il ressemble à un technicien venu tester le son. Il porte un tee-shirt gris délavé un peu sale, un slim-straight gris et un carnet moleskine à la main parce qu’il faut bien être à la mode.

James Blackshaw avec sa guitare douze cordes, il joue très vite et très bien. Le cadre est bucolique et les mélodies collent à l’herbe. Il a les ongles de la main droite très longs, et se ré-accorde à chaque morceau, histoire de respecter les clichés sur les guitaristes.

 

« On a passé la matinée en mode zombie à déplacer des tentes et des fûts. »

 

Dimanche. Les dimanches de festival sont souvent pluvieux. Là, c’était orageux. La scène est posée près des jeux pour enfants dans les graviers, pour ne pas abîmer la précieuse herbe des jardins ( il ne faudrait pas interrompre une collaboration à peine commencée pour des histoires de boue ). En fait de scène c’est plutôt une tente. Deux cents cinquante personnes environ ont fait le déplacement, trois cents selon les syndicats. On arrive presque à poser ses doigts sur la table sur laquelle officient les artistes. Cela ressemble à une fête entre potes qui aurait bien tournée.

 

Ce qu’on a retenu :

Bruce Lamont : si on était méchant on pourrait dire qu’il fait des bruits de bateaux avec son saxophone. « Hypnotique et mystique », il met la puissance de son instrument au service d’hipsters en quête de sublimation. Il vient de la scène métal, c’est aussi ça les siestes, surprendre et faire des collages improbables.

Tom Terrien : le local de l’étape. Le set saute trois fois, la pluie et autre ont causé des problèmes électriques. On entend crier « achète-toi un mac ». Il réussit la performance de faire se lever un public habituellement vissé au sol. Il a accordé une interview à Radio Campus Clermont-Ferrand à retrouver ici.

Intimiste donc, le cru 2012 des Siestes n’en fut pas moins un bon cru. Le virage techno et pointu assumé par l’organisation doit ouvrir une nouvelle ère pour cet évènement, une sorte de retour aux sources, entre confidentialité et création. Rendez-vous est pris pour 2013.

 

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Merci d'apporter ta vision fort intéressante de ce festival ! Les photos sont m-a-g-n-i-f-i-q-u-e-s en plus !

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