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Stade Toulousain : bravo, t’as plus qu’à te remettre au boulot (2/2)

Vincent Clerc et Clément Poitrenaud - Photo Carré d'Info - Kevin Figuier

Vous êtes ici entre les mains d’Ovale Masqué, chroniqueur rugby qui n’écrit que sur une planche à découper. Ses détracteurs le traitent de maître ès croc. Quand il tranche, c’est parfois sanguinolent. Mais il sait aussi poser le couteau quand il le faut et même faire rire vos côtelettes.

 

Explosion d’usine, terroristes, prise d’otages, reprises des tubes d’Emile & Image… depuis quelque temps, Toulouse est devenu Gotham City. Le danger rôde partout. On ne peut même plus aller acheter son cassoulet sans avoir la peur au ventre à l’idée de croiser un malade mental, voire pire, Gurthrö Steenkamp en tongs.

Heureusement, même dans ses heures les plus sombres, il reste à la Ville Rose son Stade Toulousain, la meilleure équipe de rugby de l’univers et de ses alentours proches, qui vient encore de réaliser une saison pleine. Après une première partie consacrée aux joueurs, penchons-nous aujourd’hui sur le jeu et les plus belles (ou les plus moches) rencontres de l’année. A noter qu’il y aura beaucoup de vidéos dans cet article, ce qui permettra aux supporters trisyllabiques de tout comprendre.

 

C’était aussi le jour où Toulouse est tombé amoureux de Luke McAlister. Comme dirait l’autre con, l’amour dure trois ans : le contrat de Big Mac aussi, profitez bien.

 

 

Les meilleurs moments :

Toulouse – Racing Métro (10 septembre 2011)

N’importe quel amateur de rugby devrait être capable d’apprécier un bon vieux match tendu, qui se dispute dans la boue un 12 décembre et qui se termine par le score de 6-3 après un drop qui touche les deux poteaux à la 82ème minute. Après, vu le niveau de spectacle proposé en Top 14 cette année, on va pas se plaindre non plus quand un match se termine avec un score de handball. Il y a des matchs comme ça où on ne comprend pas trop ce qu’il se passe : peut-être que la canicule a plongé tout le monde dans un état semi-délirant. Peut-être qu’EADS faisait des essais et a dispersé du LSD au-dessus du Stadium par erreur.

Quoiqu’il en soit, on a eu droit au plus beau match du Top 14 en tout début de saison, face au Racing Métro, qui nous avait pourtant pas habitués à de grandes envolées. 8 essais, du jeu dans tous les sens, le Racing qui mène de 8 points à 10 minutes de la fin, puis le come back fracassant du Stade avec un essai de 80 mètres conclu par Jauzion. Oui vous avez bien lu. C’était aussi le jour où Toulouse est tombé amoureux de Luke McAlister. Comme dirait l’autre con, l’amour dure trois ans : le contrat de Big Mac aussi, profitez bien.

 

 

Toulouse – Castres :

Le presque remake du match ci-dessus avec Castres à la place du Racing. Comme quoi la vie est pleine de surprises. Les Toulousains débarquent sur le terrain comme des touristes hollandais sur la Côte d’Azur, car après tout ce n’est que le CO et d’habitude on arrive à les taper les yeux fermés et en titularisant Vergallo à la mêlée. Sauf que les MasoeBoys font le début de match parfait avec deux essais en contre. Mené 14-0, le Stade réagit et revient dans le match. Mais Castres ne lâche pas l’affaire. C’est louable, mais à la fin, c’est toujours Toulouse qui gagne, ils devraient finir par le savoir.

 

 

Le pire moment (Ben oui, y’en a pas eu beaucoup) :

Edimbourg – Toulouse

Il y a des matchs comme ça où rien ne va. Edimbourg dispute le premier ¼ de finale de H Cup de l’histoire du rugby écossais et en veut plus. Dès la première minute, Matanavou se troue sur une chandelle et Mike Blair marque un essai tellement moche qu’Yves Donguy a dû en crever de jalousie. Toulouse peut revenir dans la partie mais manque d’ambition en choisissant la pénalité plutôt qu’une mêlée à 5 mètres, alors que les Ecossais jouent à 13.

 

Le lendemain le Midol et l’Equipe parlent déjà de doublé pour les Jaunards. Guy Novès ricane.

 

Malgré l’essai venu d’ailleurs (je dis ça pour le cliché, en fait, il vient d’une relance) de Matanavou, le Stade passe à coté en seconde mi-temps. Burgress et Beauxis jouent comme des minimes, Servat prend un jaune débile, l’arbitre ne sanctionne pas la mêlée écossaise à l’agonie et Laidlaw enquille les pénalités : Toulouse sort sans gloire dès les ¼ et Maestri passe à deux doigts de faire une Trevor Brennan avec les supporters présents dans les tribunes de Murrayfield. Le lendemain, la France entière se paluche sur la performance de Clermont qui gifle les Saracens à Londres, et le Midol et l’Equipe parlent déjà de doublé pour les Jaunards. Guy Novès ricane.

 

 

Le flop : Les poules de H-Cup

La H Cup ne se perd pas vraiment à Edimbourg, mais dès les matchs de poules. Le Stade Toulousain y encaisse deux défaites, dont une particulièrement humiliante à domicile contre les Harlequins, venus se venger de leur déroute à Londres quelques semaines plus tôt. Normalement, deux défaites sont synonymes d’élimination dans cette compétition, mais Toulouse s’en sort grâce à une victoire miraculeuse du Connacht face aux Quins lors de la dernière journée. Mais pas de ¼ à domicile, et au final, un match injouable à Murrayfield contre des Ecossais qui jouaient le match de leur vie. Oui, la vie d’un rugbyman écossais est très triste.

 

Pour être performants dans la Coupe de la bière il faudra arrêter les matchs gérés à la papa et balancer du jeu. Au vu de l’effectif, il y a largement les moyens.

 

Des résultats d’autant plus décevants que face aux Quins et à Gloucester, le Stade s’est fait battre à son propre jeu (enfin, celui d’il y a longtemps) par des équipes décomplexées du slip (de Galan) offensivement. Certes, ils ont également usé et abusé de quelques coups de putes (ça reste des Anglais) mais ils ont aussi marqué de bien beaux essais. Dans ces matchs-là, la domination en mêlée n’a pas suffi, l’arbitrage étant sensiblement différent du Taupe 14. Les Toulousaingues sont donc prévenus : pour être performants dans la Coupe de la bière l’année prochaine, il faudra arrêter les matchs gérés à la papa et balancer du jeu. Au vu de l’effectif, il y a largement les moyens.

 


Jeu de mains, jeu de Arlequins © Matthieu Lartot, qui était super fier de son jeu de mots alors on le cite pour lui faire plaisir.

 

Le top : La régularité et la profondeur d’effectif

Il y a encore deux ans, Toulouse était une équipe imbattable à domicile mais plutôt fainéante à l’extérieur, voir la 4ème place glanée en 2010, le pire résultat de Toulouse depuis longtemps. Cette saison, la machine de guerre toulousaine a été présente sur tous les fronts avec de nombreuses victoires arrachées à l’extérieur : Agen, Paris, Racing, Biarritz, Montpellier… malgré la Coupe du Monde, les doublons, la pandémie mortelle d’oreillons et les nombreuses blessures, le Stade n’a jamais connu de mauvaises passes (seul Kelleher en a connues, dirait le toujours spirituel Pierre Salviac).

 

Le Top 14 d’aujourd’hui c’est 10 équipes sur 14 capables de jouer le titre, un calendrier à gérer, et tout et tout, on ne va pas paraphraser la dernière interview dépressive de Guy Novès.

 

Résultat, une première place et un parcours facilité jusqu’en finale, avec des jours de repos supplémentaires et une demie contre Castres, qui était quand même bien plus facile à prendre que Clermont ou Toulon.

Alors certes, on pourra dire que c’est plus facile avec le premier budget de France et en recrutant de nombreux joueurs de l’hémisphère sud (ce que le Stade se refusait à faire jusque-là, ou alors par petites touches), et que le jeu proposé a rarement été flamboyant malgré le titre de meilleure attaque, mais le Top 14 d’aujourd’hui c’est 10 équipes sur 14 capables de jouer le titre, un calendrier à gérer, et tout et tout, on ne va pas paraphraser la dernière interview dépressive de Guy Novès.

J’en profite pour vous donner un lien vers cet article intéressant de la Boucherie Ovalie (un bon petit site que je viens de découvrir) qui dresse un constat intéressant sur le Taupe 14, le meilleur championnat du monde © : Voyage au bout de l’ennui ou encore celui-ci sur Mediapart. Oui, on fait de la pub pour la concurrence, on est généreux comme une passe de Florian Fritz.

 

L’essai pourri de l’année :

Certains apprécient les grandes envolées des Poitrenaud, Médard et Matanavou. Ici, célébrons les essais de pute, qui, s’ils sont bien moins esthétiques, valent eux aussi 5 points. Le grand spécialiste au Stade, c’est Yves Donguy : 10 essais tous plus moches les uns que les autres. Quand il n’y a plus que 5 mètres à parcourir, qu’il faut plonger au ras d’un ruck ou réceptionner une passe au pied foireuse, Yves est toujours là. On se souvient notamment d’un essai à Lyon où il profite d’un début de bagarre générale pour aller marquer tranquille derrière les poteaux. Mais son chef-d’œuvre, c’était face à Bordeaux :

 

Le montage vidéo a été réalisé par mon stagiaire, soyez indulgents.

 

Grand prix du joueur qui n’a même pas eu besoin de devenir chroniqueur aux Spécialistes pour décrocher un poste d’entraîneur : William Servat

 

Bonus :

 

  • Coupe de cheveux de l’année : Luke Burgess, la seule chose impeccable chez lui était son brushing de surfer. Epilé à la veille des phases finales, il a perdu son seul et unique intérêt.

 

  • Boucher de l’année : Florian Fritz. 4 cartons jaunes cette saison, il bat son record personnel.

 

  • Poitrenade de l’année : Pour l’ensemble de son œuvre (et particulièrement ses matchs contre Gloucester et Edimbourg) sous les chandelles et au plaquage, Timoci Matanavou. Le mec qui marque 3 essais par matchs mais qui t’en coûte deux : ça reste rentable et au moins ça favorise le spectacle.

 

  • Plus beau sourire de l’année : Guy Novès. Si, il a souri après la finale. Quand Yannick Bru lui a annoncé qu’il avait sélectionné Yoann Huget pour la tournée en Argentine.

 

  • Plus beau sourire de plombier : Gillan Galan.

 

  • Prix Marcus di Rollo de l’année (du nom d’un obscur centre écossais ayant joué 20 minutes sous le maillot toulousain en 2007, avant de disparaître dans le triangle des Bermudes) : Nicolas Vergallo. 8 matchs 2 titularisations. A l’entraînement, c’est le seul joueur de l’effectif à qui on ne demande jamais d’autographe, mais ça ne l’empêchera pas de nous coller une branlée la prochaine fois qu’on jouera l’Argentine.

 

  • Prix Gaffie du Toit du joueur plutôt inutile mais on te garde quand même, t’as l’air sympa : Yoann Montes.

 

  • Grand prix du joueur bouche-trou : Un peu comme la meuf avec qui tu baises toute l’année mais avec qui tu ne veux surtout pas être vu au bal de promo : Yannick Nyanga. 28 matchs cette saison, et 10 minutes de jeu sur l’ensemble des phases finales.

 

  • Grand prix du joueur qui rajoute un titre à sa page wikipedia après avoir joué 1’20 minute dans la saison : Jean-Baptiste Elissalde.

 

  • Grand prix du joueur qui n’a même pas eu besoin de devenir chroniqueur aux Spécialistes pour décrocher un poste d’entraîneur : William Servat.

 

  • Grand Prix du meilleur Toulousain lors de la finale du Top 14 : Davit Kubriashvili.

 

Voilà, c’est fini, rendez-vous l’année prochaine pour le doublé. LOL. (dans le Petit Robert maintenant, donc j’ai le droit de le mettre)

 

Mots-clés : ovale masqué

8 RÉACTIONS

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L'essai de d'Yves Donguy suite à un début de bagarre, c'était contre le LOU et pas contre Biarritz...

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Exact. Sinon je viens de remarquer la photo en une : on dirait que Clem et Vincent accueillent un vaisseau extraterrestre qui descend du ciel, tandis que le mec à gauche est complètement blasé et n'en a rien à foutre.

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Clém et Vincent ? T'as couché avec ou tu te prends pour Christian Jeanpierre ?

Merci pour cette synthèse du #ST, un plaisir à lire à la prochaine !!

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

si mon stagiaire fait un boulot pareil sur un montage, il finit direct à la photocopieuse, d'ailleurs il lui reste 4 jours à tirer, bah il va finir.

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

il va y* finir.

"Edimbourg dispute le premier ¼ de finale de H Cup de l’histoire du rugby écossais et en veut plus" Ovule Musqué a probablement pour source le Luzerner Zeitung, puisque Édimbourg avait déjà joué un 1/4 de finale en 2004, précisément contre le Stade Toulousain (perdu 36-10 au Stadium, c'est Wikipedia qui le dit).

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

Il fallait comprendre "1/4 de finale A DOMICILE" bien sûr.

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