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Stade Toulousain – Castres : l’art du faux suspense

Stade Toulousain - Castres, 17 août 2012 / Photo CC BY Pierre-Selim via Flickr


C’est la reprise. Le board exécutif de Carré d’Info – selon mes sources, juste trois gars en t-shirt Waïkiki qui font semblant de prendre des décisions cruciales dans le cagibi qui leur sert de bureau – a décidé de prolonger mon contrat d’une saison. Je n’en ai été informé que la semaine dernière… Ce qui n’est pas bien grave au final puisque personne ne m’avait proposé un meilleur job de toute manière. Pendant ce temps, Nicolas Vergallo, lui, bénéficie toujours d’un emploi fictif au Stade Toulousain. Allez comprendre…

 

Bref, c’est la reprise. Et un article de reprise, c’est un peu comme un match de reprise : le jeu n’est pas très bien en place (les vannes tombent souvent à plat), il y a des en-avant tout le temps (des fautes d’orthographe qui traînent un peu partout), les joueurs ont 5 kilos en trop (l’article fait 12 pages word) et pour en venir à bout, vous aurez probablement besoin de faire une pause déshydratation au bout de 20 minutes de jeu. Mais là, je vous conseille de boire autre chose que de l’eau, ça vous aidera à rejoindre l’état d’esprit de l’auteur.

 

Toulouse, c’est le beau gosse doué qui n’en branle pas une, tombe toutes les meufs et récolte un bon 18 à chaque coup sans se fatiguer.

 

Castres, le nolife du Top 14 qui perd toujours à la fin

Castres, c’est le mec qui bûche à fond toute l’année et qui sacrifie toute notion de vie sociale pour se consacrer à ses études, puis qui termine à chaque trimestre avec un 12 de moyenne. Toulouse, c’est le beau gosse doué qui n’en branle pas une, tombe toutes les meufs et récolte un bon 18 à chaque coup sans se fatiguer. Du coup Castres rêve en secret du jour où il mettra une bonne branlée à Toulouse. Mais ce jour n’arrive jamais et [SPOILER] pas davantage ce vendredi.

 

Nouveauté : La composition du Stade en infographie

Après avoir recruté « à la Toulonnaise » la saison passée, le Stade a été sage sur le marché des transferts cet été. D’ailleurs, seules deux recrues sont présentes dans le XV de départ : Yoann Huget et Gary Botha. Oui, Gary Botha est arrivé l’année dernière, mais sachant qu’il a joué 6 matchs, on va faire comme s’il était nouveau. Pour le reste de la compo, j’ai réalisé une infographie sur Paint pour gagner du temps. Vous vous en contenterez en attendant que le site me paye un stagiaire graphiste que je pourrai frapper pour exprimer ma frustration à chaque fois que Luke Burgess touche le ballon.

 

Composition du Stade Toulousain contre le Castres Olympique le 17 août 2012 / Carré d'Info

 

Première période : Romain Poite ce cowboy et duel de gâchettes

Premier match de la saison pour le Stade, mais également premier match de la saison pour le meilleur arbitre du Monde de France, Romain Poite. Car oui, depuis deux ans, Romain est devenu une vedette : il a arbitré une finale de H Cup, de Top 14, la Coupe du Monde… Alors, il se prend un peu pour un cowboy. Dès le coup d’envoi, on a senti qu’il était chaud du sifflet, un peu en mode Judge Dredd « La loi c’est moi ». Romain Poite a beaucoup d’autorité malgré son physique de comptable et il tient à ce que tout le monde soit au courant. D’ailleurs, Romain est tellement beau gosse qu’il n’a pas hésité à siffler au moins trois fautes contre Thierry Dusautoir. Oui, LE Thierry Dusautoir, le meilleur joueur du Monde de France.

Vous comprendrez donc que la première période du match a été très hachée et peu passionnante. On assiste à un duel de buteurs entre Rory Kockott et Yoyo le Lémurien Beauxis, deux gars aussi réputés pour leur précision au pied que leurs choix discutables en matière de coupes de cheveux. Yoyo rate deux pénalités mais à la mi-temps c’est quand même Toulouse qui est devant, 15-12.

On aurait presque cru à un moment que Canal + s’était foutu de nous en nous rediffusant la demi-finale de mai dernier, mais si on est un tant soit peu attentifs on voit bien que :

  • Les maillots toulousains sont encore plus moches que la saison passée
  • Yoann Huget est là, même si on ne l’a vu que deux secondes, le temps de se faire mettre un vent par Brice Dulin, comme dans une captation live d’un épisode de Tom & Jerry. La seule belle action du premier acte.

 

Comme c’était pas un match de phase finale, Vincent Clerc avait ses stats de vitesse et de plaquages divisées par deux, il n’a donc pas réussi son retour du sauvetage de la mort

 

Deuxième période :  l’art du faux suspense

La seconde période repart sur les mêmes bases pourries et même les commentateurs de Canal + osent dire à l’antenne que le match est nul et qu’on devrait résilier notre abonnement tout de suite. Merci du conseil mais j’ai maté le match en streaming, je suis pas con à ce point.

C’est alors qu’un joueur va avoir un coup de génie et débloquer la rencontre : Luke Burgess. Non rassurez-vous il n’a pas réussi un départ au ras. Il a juste oublié de défendre sur Rory Kockott qui a pris le boulevard laissé devant lui sur le petit coté. Comme c’était pas un match de phase finale, Vincent Clerc avait ses stats de vitesse et de plaquages divisées par deux, il n’a donc pas réussi son retour du sauvetage de la mort comme la dernière fois sur Max Evans. Clément Poitrenaud, lui, a parfaitement suivi l’action et a bien veillé à ne jamais tenter d’intervenir au cas où il aurait empêché Kockott de marquer son bel essai. Retrouvez bientôt le jeu « Clément Poitrenaud passion juge de touche », disponible sur vos téléphones et vos tablettes.

 

C’est le Stade Toulousain, le club qui a inventé le fameux jeu à la Toulousaine : jouer très mal et gagner dans les dernières minutes en claquant un essai de raccroc.

 

12-18, Eric Bayle entre alors dans une sorte de transe vaudou et nous répète à chaque arrêt de jeu (donc toutes les deux minutes) « le champion de France va-t-il être battu chez lui dès la première journée ?» pour créer une sorte de faux suspense. Mais nous ne sommes pas dupes, Eric. C’est le Stade Toulousain, le club qui a inventé le fameux jeu à la Toulousaine : jouer très mal et gagner dans les dernières minutes en claquant un essai de raccroc.

Guy Novès, qui porte désormais des lunettes qui lui donnent des airs de gentil papy un peu aigri, change donc sa compo « pour le fun » (celle qu’il avait programmée pour la finale de Top 14, avant de tout changer à 4 minutes du coup d’envoi, rappelez-vous) et passe aux choses sérieuses. Beauxis sort, Matanavou rentre à l’aile, Huget passe à l’arrière, Poitrenaud au centre et McAlister à l’ouverture. Et là c’est magique : c’est un peu comme quand enfin tu enfiles tes chaussures dans le bon sens, tout de suite tu cours beaucoup plus vite.

 

Lamboley, lui, n’est tellement pas habitué à être titulaire qu’il décide de cravater un Castrais et de prendre un jaune pour réduire son temps de jeu.

 

Big Mac est déchaîné et fait briller ses partenaires : il lance Huget qui perce sur plusieurs mètres mais termine en touche. Quelques minutes plus tard c’est Dusautoir qui est bien servi par le Néo-Zélandais mais qui échoue tout proche de l’en-but. Ça sent l’essai, mais encore une fois Burgess pense au spectacle et au suspense : il balance une passe tellement mauvaise que même McAlister, avec ses supers pouvoirs de All-Black ne peut rattraper sans faire un en-avant à quelques mètres de l’en-but. Rory Kockott rajoute une pénalité. Lamboley, lui, n’est tellement pas habitué à être titulaire qu’il décide de cravater un Castrais et de prendre un jaune pour réduire son temps de jeu. Toulouse joue donc à 13, puisque Vincent Clerc est toujours sur le terrain.

Même comme ça, on n’y croit décidément pas : Toulouse va gagner grâce à un de ces fameux essais pourris. Même si Yves Donguy n’est pas là pour le marquer. Matanavou lui, par contre, est bien là, et comme d’habitude il n’aura pas besoin de toucher plus d’un ballon pour aller claquer son essai. Cette fois, le Fidjien récupère une passe un peu foireuse du bizut Edwin Maka et s’en va marquer en coin un essai parfaitement inesthétique. McAlister rate la transformation car c’est plus cruel et donc plus marrant de battre son adversaire d’un petit point.

Les dix dernières minutes sont sans danger pour le Stade : Pierre Bernard a le ballon de la victoire mais il préfère se moquer de Lionel Beauxis en passant un drop sous la barre, la spécialité du Yoyo. Le match se termine sur le score de 23 à 22. Toulouse a encore gagné.

 

Vincent Clerc : Comme chaque année, il ne va rien faire sur son aile et je vais militer pour qu’il dégage de l’équipe. Puis il plantera un essai ou deux en phase finale et je devrai la boucler.

 




Les soldats de l’Empire Capitoliste

Poitrenaud : Comme à son habitude, bon en attaque, que ce soit à l’arrière ou au centre. Comme à son habitude, il a posé sa chaise longue sur la pelouse sur les phases défensives.

Huget : J’aime bien Yoann Huget. Il se propose beaucoup dans le jeu, vient dans la ligne, il est toujours motivé, ce qui change de certains sénateurs toulousains. Parfois il en fait trop et fait donc n’importe quoi, mais sur ce match, pas grand chose à lui reprocher.

Fritz : Solide comme à son habitude, a utilisé son cerveau pour jouer vite une pénalité, ce qui a sans doute scandalisé Guy Novès. Il aurait pu se faire expulser trois fois mais ne se fait pas choper alors que bad boy Bouilhou et Lamboley prennent dix minutes, comme quoi.

McAlister : Dans tous les bons coups, le seul joueur créatif de l’équipe.

Jean Dridéal (Vincent Clerc) : Comme chaque année, il ne va rien faire sur son aile et je vais militer pour qu’il dégage de l’équipe, m’attirant les foudres des groupies. Puis comme chaque année, il plantera un essai ou deux en phase finale et je devrai la boucler.

Yoyo le Lémurien (Lionel Beauxis) : Yoyo c’est un Pokemon d’hiver, faut le sortir quand il fait froid, qu’il y a de la boue et que ça sent le match dégueulasse. Il est dans son élément, il claque des pénalités et des drops de 50m, il est heureux. Là, sous la canicule, son visage se décompose, son jeu aussi, et c’est pas beau à voir.

Luc Bougresse (Burgess) : à un tel niveau de médiocrité, ça devient presque un art. Je pense que Guy Novès commence à se lasser de la victoire et qu’il le titularise juste pour rigoler et corser un peu le challenge. Je ne vois pas d’autres explications.

Picamoles : Match correct, sans plus.

Dusautoir : Beaucoup de fautes dans le jeu au sol, en dehors de ça, bon match.

Bouilhou : j’aime bien Jean Bouilhou, il est gentil, propre sur lui, et a longtemps été un joueur indispensable et largement sous-estimé. Sauf que depuis la saison dernière, il n’apporte plus autant dans le jeu, en plus de faire des fautes (lui aussi a pris un jaune) et de rendre Yannick Nyanga suicidaire. Il serait temps de remettre son statut de titulaire en question.

Lamboley : en l’absence d’Albacete, il redécouvrait le haut niveau, et n’a pas fait un match énorme, en plus de prendre un carton.

Maestri : On ne l’a pas vu donc c’est sûrement qu’il a été bon, selon la fameuse théorie des secondes lignes.

Census Johnston : Ok en mêlée, discret dans le jeu.

Steenkamp : il pousse en travers et triche comme un goret, mais puisque personne ne remarque rien, après tout pourquoi ne pas continuer.

Botha : ouais bon, c’est pas Servat. Mais il est solide en mêlée, alors que l’entrée de Tolofua semble un peu avoir appauvri ce secteur. Match nul au niveau des lancers où les deux semblent être aussi nuls l’un que l’autre (ou alors c’est un problème général de coordination, mais il faudrait faire quelque chose).

Les remplaçants : Matanavou n’a pas eu le temps de défendre, on a donc vu le meilleur de lui. Edwin Maka est une bête et a été décisif sur l’essai, mais il semble encore un peu tendre pour un poste aussi technique. Malgré sa dépression nerveuse en cours, Yannick Nyanga  continue de faire d’excellentes rentrées. A la fin du match, il s’est engueulé avec le meilleur joueur du monde de France, sans doute un truc qui fait partie des Valeurs du Rugby ©. Au passage, je vous conseille son interview sur la Boucherie Ovalie. Tolofua, Montès, Poux, Doussain : Pas vraiment eu le temps de s’illustrer.

Les Castrais : 

Excellent match de l’omniprésent Chris Masoe. Marc Andreu est un nain. Bon ceci est mon copier-coller de tous les matchs contre Castres de la saison passée, désolé mais j’ai rien retenu à part Rory Kockott et la très belle prise de judo de Marcel Garvey, qui m’a fait un petit plaisir en jouant à Teddy Riner avec Vincent Clerc. Sinon, Antonie Claassen ressemble à un acteur de Peplum des années 50 et j’aimerais beaucoup le voir en jupette, mais mes fantasmes ne vous regardent pas.

 

La suite ?

Prochain match contre Mont-de-Marsan à domicile une nouvelle fois. S’il n’y a pas de bonus offensif, le Stade remboursera vos places et vous offrira un DVD contenant l’intégrale des essais d’Yves Donguy. Venez nombreux.

 

Mots-clés : ovale masqué

4 RÉACTIONS

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je trouvais que ça lui donner un côté secretaire coquine, à Noves.

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Jar-Jar Binks, euh, Yoyo, ... il est sumérien ou lémurien ?

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Tres bon ovale masqué, très bon!!

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