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Stade Toulousain : la Corrèze n’a pas rassuré Toulouse

Chaque semaine Ovale Masqué passe au grill le match du Stade Toulousain / Photo CC

Vous êtes ici entre les mains d’Ovale Masqué, chroniqueur rugby qui n’écrit que sur une planche à découper. Ses détracteurs le traitent de maître ès croc. Quand il tranche, c’est parfois sanguinolent. Mais il sait aussi poser le couteau quand il le faut et même faire rire vos côtelettes.

 

Après les défaites d’Edimbourg et de Perpignan (sans doute juste pour emmerder les journalistes qui aiment tant nous rappeler que le Stade ne perd jamais deux fois) la Novès Army était de retour sur ses terres, pour la réception de Brive. Comme le maître le rappelait lui-même, la victoire était obligatoire contre les bouseux, et si possible avec la manière, histoire de se rassurer avant les demi-finales.

 

C’est le paradoxe toulousain : on se débarrasse de bons soldats pour les remplacer par des internationaux, puis après on se plaint parce que ces derniers sont indisponibles

 

Les forces en présence

Pour l’occasion, le Stade retrouvait Vincent Clerc (Jean Dridéal pour les intimes) qui récupérait la place laissée libre par Matanavou, parti soigner une blessure aux Iles Fidji. Le lieu étant réputé comme le Triangle des Bermudes rugbystique, on ne le reverra sans doute pas avant 6 mois, et avec 20 kilos de plus. Autre retour, celui de Luke McAlister, l’homme qui a de plus grosses cuisses que Tom Boonen, et attendu comme le retour du Burger King en France depuis que Beauxis a perdu son mojo et le reste de ses cheveux en Equipe de France.

Du coté de Brive on retrouve presque tous les titulaires habituels à l’exception notable d’Antonie Claasen, et aussi quelques vieilles connaissances comme Lacombe, Ledevedec et Bélie. C’est le paradoxe toulousain : on se débarrasse de bons soldats pour les remplacer par des internationaux, puis après on se plaint parce que ces derniers sont indisponibles. A noter aussi la présence chez les Coujoux de Shane Geraghty, ouvreur international anglais coiffé comme Sting dans le film Dune (si vous ne connaissez pas ce film de David Lynch, matez le, c’est au moins aussi long et pénible qu’un match de Top 14). Joueur mi-génial, mi-chalak, il connaît ses dernières semaines dans le purgatoire corrézien avant de retourner aux London Irish, où il avait explosé avant de connaître un passage plus mitigé à Northampton.

 

On vient, on joue 20 minutes et on fout rien.

1ere mi-temps. Le match débute plutôt bien coté toulousain. Le Stade veut imposer du rythme dès le début, même si Tolofua rate un premier lancer (assistez ici, à la naissance d’un running gag) en Fernandez-lobbant Albacete, ce qui veut tout de même dire que le gamin est capable d’envoyer le ballon jusqu’à la lune s’il y va à fond. Petite dédicace ici pour Jacques Cheminade, sorte de Pierre Villepreux de la politique.

Fritz trouve une première faille et file à l’essai, mais l’arbitre avait sifflé pour une obstruction de Daan Human, qui a probablement cru que la manœuvre était devenue licite après avoir regardé les derniers matchs du Stade. Brive revient à la charge et Geraghty nous démontre son coté polonais en ratant un drop qui passe à 25 mètres du poteau droit. Maestri échange quelques amabilités avec Pablo Henn, qu’il a probablement pris pour un supporter d’Edimbourg. Arnaud Mela, corse ayant longtemps joué à Albi (ça fait rêver non ?) rejoint la fête. Finalement ce sont Johnston et Dubarry qui prennent pour tout le monde et sortent dix minutes, et Swanepoel ouvre le score pour le CA Brive (6e).

 

L’arbitre demande la vidéo, le public ne comprend pas pourquoi l’essai n’est pas accordé dès qu’un Toulousain foule l’en-but comme au football américain et hue.

 

Malgré cela, Toulouse poursuit ses bonnes intentions. Très belle sautée du Mac pour Dusautoir, qui remet à l’intérieur pour David. Le koala supersonique perce sur plusieurs mètres. On sent bien qu’il va encore tout foirer : il fonce tête de baissée alors qu’il aurait pu ralentir sa course et fixer tranquillement… mais finalement, il parvient à transmettre le ballon d’une jolie chistera qui envoie Poitrenaud à l’essai (10e, 5-3). Bon, la passe est quand même « à la limite de l’en-avant » selon Canal+, ce qui veut dire qu’elle l’est clairement mais qu’on ne va pas risquer de se fâcher avec nos abonnés toulousains.

Brive reprend l’avantage grâce à Black Swanepoel, qui passe la pénalité après une petite danse tout à fait gracieuse (5-6, 14e). 4 minutes plus tard, nouvelle bonne action toulousaine. McAlister lance Fritz dans l’intervalle, le jeu rebondit, le Mac nous offre une nouvelle passe sautée en direction de Donguy, qui navigue et transmet à Clerc, qui n’a plus qu’à s’allonger dans l’en-but pour marquer, comme pour 80% de ses essais depuis le début de sa carrière. L’arbitre demande la vidéo, le public ne comprend pas pourquoi l’essai n’est pas accordé dès qu’un Toulousain foule l’en-but comme au football américain et hue. C’est validé malgré tout, Mac transforme, 12-6 pour l’Empire (18e).

Deux essais en 20 minutes, on se dit alors que Toulouse va dérouler, enfiler les essais et glaner son premier bonus offensif depuis janvier et la réception de Lyon. Mais dès que Toulouse joue dans la zone de confort et se sent supérieur, Toulouse s’endort : Geraghty lance Swanepoel dans l’intervalle. Le Sud-Africain joue parfaitement le 2 contre 1 et envoie son compatriote Spedding dans l’en-but (15-11, 27e). L’enthousiasme du Wallon est douché, Toulouse s’arrête de jouer et juste avant la mi-temps, Geraghty continue son show adressant une belle passe au pied vers Jacques Boussuge, qui fume Clerc à la course et se saisit du ballon après rebond pour planter en coin. Swanepoel transforme et stupeur, voilà le Stade mené sur sa pelouse à la mi-temps, 15 à 18.

 

Les Brivistes sont valeureux mais cramés (ils ont joué leur quart européen à fond eux) et le banc de touche toulousain commence à faire la différence.

 

2e mi-temps. La seconde mi-temps s’annonce pénible, d’autant que la pluie commence à tomber sur Toulouse. Sans doute un énième complot de la Ligue. Tolofua continue de jouer au baseball en évitant les sauteurs toulousains avec classe, du coup Burgess décide de jouer toutes les pénalités à la main, ce qui l’aide à sécher ses cheveux en proie aux frisottis. Les Brivistes sont valeureux mais cramés (ils ont joué leur quart européen à fond eux) et le banc de touche toulousain commence à faire la différence.

Le Mac récupère plusieurs pénalités qu’il transforme (50e, 52e, 59e) permettant au Stade de reprendre le score malgré une réplique de Swanepoel (57e). Le jeu devient haché. Arnaud Mela s’énerve : comme beaucoup d’entre nous, il se demande à quoi sert Jean Bouilhou depuis deux ans et décide de le tamponner sans ballon, récoltant au passage son 16ème carton jaune en 6 saisons de Top 14. C’est tout de même encore un peu loin du record du Clermontois Cudmore, qui en compte 23.

Geraghty essaye de trouver des touches, comptant sur Tolofua pour rendre les ballons au CAB, mais plus le temps passe, plus ça sent l’enfilade pour les Brivistes. Luke McSkywalker ajoute deux pénalités (71e, 74e) et sort Brive du bonus (30-21). Le solide pack corrézien va tout de même chercher une dernière pénalité à l’orgueil à l’ultime minute. Mathieu Bélie, sosie officiel de Ben Stiller, n’avait pas vraiment la gueule du sauveur : son coup de pied passe juste à droite des perches. Brive a fait une belle mi-temps mais a fini par se faire étouffer en seconde période : c’est cruel et ça commence à sentir la ProD2 car comme le chantait si bien l’ex-président :« Ah qu’est-ce qu’on est serré, au fond du Top 14… ».

 

Tolofua a un nom de médicament pour le mal de mer, ce qui explique sans doute pourquoi il donne l’impression d’effectuer ses lancers à cloche pied sur une barque.

 

Les soldats de l’Empire Capitoliste



Belle performance du pack qui a tenu la dragée haute à la grosse mêlée briviste, avec un Human qui a honoré sa dernière prestation au Wallon en contenant bien le futur stadiste Kakovin. Tolofua a un nom de médicament pour le mal de mer, ce qui explique sans doute pourquoi il donne l’impression d’effectuer ses lancers à cloche pied sur une barque. Il est par contre excellent dans le jeu et étonnamment endurant (remplacé seulement à la 77e). Très bon match du Jean Dujardin du rugby (vous avez tous reconnu zi best playeure of ze world) qui a été en vue en défense et en attaque.

McAlister fait peur aux adversaires dès qu’il a le ballon en main et sait créer l’incertitude dans les défenses, alors que Lionel Beauxis lui effrayait surtout ses partenaires. Il a aussi assuré au pied (7/9), ce qui n’a pas toujours été le cas cette saison. Fritz continue d’étonner : si je manquais d’inspiration comme un journaliste du [bip], j’hésiterais presque à parler de saison de la maturité. Repositionné en 12 à plusieurs reprises cette saison, Fritz the caterpillar a su faire évoluer son registre en se faisant distributeur et pas seulement puncheur. David, lui, ressemble à un Fritz mal dégrossi et porte encore trop le ballon mais au moins lui ne distribue pas des pains à tout le monde, ce qui augure d’une progression plus linéaire. Très bon match du Poitreman à l’arrière.

 

Concernant la descente, le meilleur espoir présentement est que François Hollande décide d’instaurer le Top 16 dès son élection.

 

Les Zèbres

Un gros pack, des séquences de jeu pas dégueu, un ouvreur inspiré, un bon triangle arrière, cette équipe de Brive est plutôt attachante et on lui souhaiterait presque de gagner le Challenge juste pour faire chier le monde. Concernant la descente, le meilleur espoir présentement est que François Hollande décide d’instaurer le Top 16 dès son élection.

 

Conclusion



4 points, une demi-finale assurée, un jeu retrouvé… pendant 20 minutes. Toulouse ne se rassure pas vraiment avant de prendre une semaine de vacances. Il reste néanmoins deux bons tests pour s’étalonner, contre Toulon et Montpellier, deux équipes qui joueront les phases finales. Grand maître du contrepied, Guy Novès se dit optimiste. Dans le doute, on va donc le croire…

 

Photo CC via Flickr by chris_3164

Mots-clés : ovale masqué

1 RÉACTION

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Très bon résumé. Content de retrouver la plume sanguinolente d'Ovale Masqué

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