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Stade Toulousain – Toulon : un demi-match chez les Rouge et Noir à crêtes

Stade Toulousain - Toulon au Stadium de Toulouse en décembre 2011 / Photo CC

Vous êtes ici entre les mains d’Ovale Masqué, chroniqueur rugby qui n’écrit que sur une planche à découper. Ses détracteurs le traitent de maître ès croc. Quand il tranche, c’est parfois sanguinolent. Mais il sait aussi poser le couteau quand il le faut et même faire rire vos côtelettes.

 

Toulon – Toulouse, ce n’est jamais un match comme les autres. Ces deux équipes ont beaucoup de points communs :

  • Le rouge et le noir,
  • Un public d’une mauvaise foi à faire peur à Nadine Morano,
  • Une masse salariale équivalente au PIB de la Nouvelle-Zélande.

 

Finalement, à part 15 Boucliers de Brennus et 15 internationaux français, peu de choses les séparent. Pour le coup, Guy Novès décidait d’ailleurs de narguer les Toulonnais en titularisant Yoann Maestri, dernier capé tricolore a avoir été formé sur la Rade. Le reste de l’équipe était constitué de tous les cadres habituels, à l’exception de Luke McAlister, qui faisait semblant d’être blessé pour mieux tweeter le match.

Pour le bonheur de tous, la division Panzer Fritz-David était démantelée au centre du terrain. Notre Flo national, nouveau papa des lignes arrières, était donc aligné aux cotés de Yannick Jauzion, nouveau pépé des lignes arrières. Une compo qui donnait la couleur : le Stade était venu pour se tester à Mayol. Pour tester son jeu aussi.

 De ce point de vue la première période aura été plutôt rassurante.

 

 Alors que le Stade est en train de poser son emprise sur le match, l’incroyable va arriver : Alexis Palisson marque un essai en Top 14

 

Le match

1ere mi-temps.

Dès le coup d’envoi, les Toulousains s’entêtent à porter le ballon sur plusieurs temps de jeu. Yoyo Beauxis a sûrement la chandelle qui le démange, mais il se contente de passer les plats. Plutôt bien d’ailleurs. Picachu est en mode tractopelle et avance sur chaque ballon. On est loin du match d’Edimbourg et des en-avants après deux passes. Étouffés, les Toulonnais reculent et se mettent à la faute, ce qui permet au Lémurien (Beauxis) de donner l’avantage aux Rouge et Noir sans crêtes.

Alors que le Stade est en train de poser son emprise sur le match, l’incroyable va arriver : Alexis Palisson marque un essai en Top 14. Sur une action anodine, Giteau décide de revenir à l’intérieur et utilise ses super-pouvoirs de rugbyman de l’hémisphère sud pour traverser la défense toulousaine, tel Moïse ouvrant la Mer Rouge. Une fois la brèche ouverte, l’Australien n’avait plus qu’à effectuer une passe sautée de 20 mètres – facile – pour envoyer Palipanda dans l’en-but. Une action qui a fait pleurer tous les trois-quarts centres de France. Le pire est qu’en Australie, Giteau ne manque à personne.

 

Un essai aplati « à la Fofana », mais sans relâcher le ballon. Pour mieux humilier les Clermontois, l’arbitre demande la vidéo pour admirer l’action pendant cinq bonnes minutes

 

Mené 8 à 6, le Stade ne va pas changer sa stratégie pour autant. Il continue de porter le ballon, de jouer debout. Yves Donguy parvient à passer au contact à Jauzion, qui élimine deux défenseurs grâce à ses crochets puis marque un essai splendide au bout d’un sprint de 40 mètres. Non, je déconne. Jauzion prend l’intervalle et se fait rattraper par la défense toulonnaise. Mais le ballon sort vite, et Beauxis tient à son tour à prouver qu’il sait aussi faire de belles passes sautées. Le ballon parvient à Clerc, qui marque en bout de ligne un de ces essais où il n’a plus qu’à courir deux mètres avec le ballon pour aplatir.

Un essai aplati « à la Fofana », mais sans relâcher le ballon. Pour mieux humilier les Clermontois, l’arbitre demande la vidéo pour admirer l’action pendant cinq bonnes minutes. Le public de Mayol siffle, au cas ou, comme d’habitude. L’essai est bien accordé. Une nouvelle pénalité du Lémurien et Toulouse repart donc aux vestiaires avec 8 points d’avance (8-16) au terme d’une première période plutôt maîtrisée et rassurante sur le plan du jeu.

 

Toulon est tellement dominateur que Jonny Wilkinson se permet de chambrer Lionel Beauxis en ratant au moins trois pénalités et deux drops

 

2e mi-temps.

Malheureusement, cela ne va pas durer. Les Toulousains estimant qu’ils avaient fait une première mi-temps satisfaisante, ont décideé de ne pas revenir sur le terrain. Après tout, pourquoi se fatiguer ? Les Toulonnais jouent un barrage à domicile. Toulouse, rien du tout. Dès le retour des vestiaires, Toulon fait tout pour éviter un nouvel entraînement dominical imposé par Bernard Laporte.

Wilkinson envoie du jeu au large, Giteau croise avec Lapeyre, qui s’infiltre dans les 22m toulousains. Se faire transpercer par un mec qui a une gueule de figurant dans « Le nom de la Rose », ça sent le début de la fin pour le Stade. Le moine surfer se fait reprendre à quelques mètres de la ligne, mais Efion Lewis-Roberts, ce pilier gallois qui a un prénom d’Elfe, conclut en force au ras (15-16).

Toulon monopolise maintenant le ballon, tandis que Tolofua continue d’envoyer des sondes sur Mars. Pire, la mêlée toulousaine est également chahutée par le 5 de devant toulonnais : Hayman, Bruno, Roberts, Botha et Samson. Il faut avouer que les Avengers version toulonnaise foutent la trouille. Les rentrées de Human et Montès aussi mais pour une toute autre raison. Toulon est tellement dominateur que Jonny Wilkinson se permet de chambrer Lionel Beauxis en ratant au moins trois pénalités et deux drops. Ou alors l’IRB avait refilé son stock de ballons Coupe du Monde 2011 invendus au RCT.

Finalement et comme souvent, la libération va venir du meilleur ailier du Top 14, Steffon Armitage. Après plusieurs plaquages cassés, Fernandez Lobbe – qui revenait de blessure mais pas de chez le coiffeur visiblement – transmet au flanker anglais, qui crochète Poitrenaud (on sait jamais, au cas où il essayerait de plaquer) et termine sous les poteaux (66e, 25-19). Malgré une dernière pénalité du Lémurien, Toulon l’emporte plutôt logiquement en marquant deux essais de plus que le Stade.

 



Steffon Armitage, enfin un étranger bien intégré, puisqu’en plus de courir plus vite que Mathieu Bastareaud, il s’exprime également dans un meilleur français que lui.

 

Les joueurs

Aujourd’hui, le paragraphe sur les joueurs vous est offert par les lecteurs du Figaro.fr. Attention, ils sont un peu énervés ce lundi matin.

 

Toulouse

Clément Poitrenaud : Un vrai branleur. Sur toutes les phases défensives, on avait l’impression qu’il était en pause clope, tel un jeune squattant une cage d’escalier. Vincent Clerc : Un assisté. Ne fout rien du match mais récolte la prime d’essai en concluant une action à laquelle il ne participe que deux secondes. Yannick Jauzion : si on continue de laisser les clefs du jeu à un mec mou comme ça, dans cinq ans on sera au niveau du CA Brive. Steenkamp, Botha : encore des étrangers qui viennent en France pour se mettre en arrêt maladie et profiter de la sécu.

 

Toulon

La légion étrangère de Mourad Boudjellal, symbole de cette nouvelle France islamisée où l’on donne tous les droits aux étrangers, a une nouvelle fois triomphé à domicile. A la fin du match, des drapeaux sud-africains, australiens, néo-zélandais et même anglais étaient brandis sur la Rade. Une vraie honte. Un bon point tout de même pour Steffon Armitage, enfin un étranger bien intégré, puisqu’en plus de courir plus vite que Mathieu Bastareaud, il s’exprime également dans un meilleur français que lui.

 

 On notera tout de même une conquête faiblarde, ce qui risque d’être rédhibitoire en phase finale, beaucoup de plaquages manqués et des rentrées plutôt inutiles

 

Conclusion

On vient, on joue une mi-temps et on s’en va. Le Stade Toulousain s’est plutôt rassuré en jouant 40 bonnes minutes chez un candidat crédible au Brennus. La conservation du ballon est en progrès et on a eu droit à quelques beaux enchaînements. Relâchement volontaire, effet d’une préparation physique déjà axée sur les phases finales en seconde période ? Difficile à dire.

On notera tout de même une conquête faiblarde, ce qui risque d’être rédhibitoire en phase finale, beaucoup de plaquages manqués et des rentrées plutôt inutiles, à l’exception de celle de Nyanga. Dernière répétition avant la demie contre Montpellier, cet adversaire que le Stade se plait tant à humilier, et où l’on devrait pouvoir assister à un vrai match de rugby de 80 minutes. Ce serait la moindre des choses puisque les Toulousains auront ensuite trois semaines de vacances à meubler avant la demi-finale…

 

Photo CC via Flickr by Pierre-Selim

Mots-clés : ovale masqué

14 RÉACTIONS

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c'est censé être une analyse sur le ton de l'humour? On ne doit pas avoir le même humour car se moquer du physique des joueurs, je ne trouve pas cela très drôle. Quant au passage sur Benjamin Lapeyre, l'auteur ferait bien de se renseigner et il comprendrait pourquoi notre Benji adoré arbore cette coiffure. A bon entendeur...

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Je rejoins ma cop's à propos du surnom de notre Benji , si l'article est à prendre au 12ème degrés ,se moquer d'une maladie n'est pas du meilleur goût ... PILOU PILOU

Exactement! On peut rire de tout mais y a des limites.... Même si je pense que Benjy Lapeyre est blindé à ce propos ce n'est pas une raison! Il faut savoir respecter aussi l'intimité des joueurs, ça s'appelle l'intégrité.....

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Oh ça va, il perd juste ses cheveux, il a pas de tumeur au cerveau non plus... puis ça pourrait être pire, il pourrait avoir une crête lui aussi.

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C'est un scandale! je suis outré, Tolofua n'envoie pas de ballon sur Mars, c'est beaucoup trop loin!

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C'est un scandale. Heureusement que Nicolas Sarkozy est repassé, ce genre de pamphlet de gauchiste anti-toulonnais ça commence à bien faire !

Woah nelly, how about them applse!

Les gars restez cool, il y a rien de grave là dessus. Il chambre et puis c'est tout. Benji a une maladie certes, mais il ne pensait pas du tout à cela en faisant l'article. Je prends TOUT au second degrés les gars. Et cet article m'a fait bien rire :) Dans tous les cas félicitations à vous, je rigole toujours autant. Surtout le passage ou Johny rate deux ou trois drops pour chambrer Beauxis.

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Brillant, caustique, Tolofua énorme! merci!

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si Lapeyre ne voulait pas qu'on parle de ses cheveux, il les raserait complètement ou mettrait un casque... une pelade, c'est banal.

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"Fan" du Stade, j'ai pas trop suivi les derniers match et je n'ai pas vu celui-ci mais je suis me suis bien bidonnée en lisant ce compte-rendu. Merci pour la tranche de rire en ce jour un peu gris, je reviendrai !

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ça tombe bien, vous avez les chroniques des deux matchs précédents du Stade à portée de clic, là, juste sous ce commentaire...

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