Carré d'info

Site d'actualité et d'information à Toulouse

Studios ciné à Francazal : « Si ça se fait, on ne peut pas ne pas y être »

L'implantation de studios de cinéma sur la base de Francazal est suspendue à la décision de l'Etat / Photo CC

Nous poursuivons notre tour de table des professionnels et acteurs du secteur du cinéma concernant le projet de studios de cinéma sur la base aérienne de Francazal. Après la porte-parole des techniciens du cinéma de Midi-Pyrénées, qui faisait état de la circonspection de certains professionnels devant ce projet, nous nous sommes intéressés à ceux qui les forment. L’Ecole Supérieure d’Audiovisuel (ESAV), l’Université Toulouse Le Mirail et la Cinémathèque de Toulouse ont rencontré à plusieurs reprises Bruno Granja, architecte à Cugnaux et porteur du projet, pour évoquer leur éventuelle présence sur le site et plus largement dans le futur de la filière.

L’Ecole Supérieure d’Audiovisuel ne veut pas voir un projet de nouvelle école de cinéma sur le site

Pour l’heure, rien n’est acquis. L’Etat doit décider s’il accepte de céder une partie des terrains de l’ancienne base aérienne militaire et à quelles conditions (vente, bail, mise à disposition temporaire) pour l’implantation d’un des plus importants sites de tournage de films d’Europe soutenue par les studios américains Raleigh. Alors, dans le milieu on se montre prudent tout en prenant soin de ne pas rater le wagon. « Si ça se fait, on ne peut pas ne pas y être. Nos étudiants nous le reprocheraient et ils auraient raison » dit ainsi Jean-Louis Dufour, directeur de l’ESAV. Lorsque l’existence du projet a été dévoilée, l’idée d’une école de cinéma sur le site a été évoquée. Pour l’école de cinéma toulousaine il fallait alors rappeler qu’il n’y en avait qu’une dans la ville et que c’était elle. Plus récemment, la « délocalisation de la section cinéma de l’Université du Mirail » dont dépend l’ESAV est évoquée. Son directeur met les choses au point. « Il n’y aura pas de déménagement, l’ESAV restera rue du Taur. Par contre nous avons proposé une extension pour des activités nouvelles. L’ESAV est reconnue internationalement, elle existe depuis près de 30 ans, alors elle peut avoir certaines exigences ». L’école a ainsi expressément demandé à ce qu’il n’y ait pas d’autre projet d’école sur le site et a formulé ses volontés si le projet venait à aboutir. « Nous avons demandé un plateau de 300 m2  dédié à la formation pour nos étudiants et pour des films à petits budgets, un auditorium, un studio de post-production et des salles de cours » détaille le directeur. Avec un plateau de 150 m2  dans ses locaux actuels, l’école bénéficierait ainsi d’un espace de travail plus important pour ses étudiants spécialisés dans la réalisation, les décors ou le son, tout en disposant du matériel de grands studios et de la venue de techniciens français ou étrangers sur le site.

L’Université du Mirail envisage des filières tournées vers le cinéma

Jésus Aguila, vice-président délégué  à la culture de l’Université Toulouse II – Le Mirail, est lui aussi en position d’attente mais a proposé un « pôle de compétences » qui pourrait déboucher à termes sur la mise en place de formations professionnalisantes. Pour l’heure, « nous avons balayé toutes les formations actuelles qui pouvaient entrer en résonance avec le cinéma », explique le vice-président. A ses yeux, elles sont nombreuses. « Ils auront besoin de gens cultivés à tous les niveaux. Le personnel devra être adaptable notamment au niveau des langues. Un électricien devra être multilingue. On peut alors envisager des formations spécifiques en langues. Il faudra également des gens capables de présenter des films à des spectateurs ou des touristes lors de diffusions sur place. Nos filières médiation et tourisme culturel par exemple peuvent rentrer dans ce cadre. » Après avoir recensé, l’université attend désormais les attentes précises des studios pour envisager l’étape suivante. A savoir inscrire les formations dans une convention et rechercher des partenaires pour la mise en place et le cas échéant le financement de filières tournées vers le cinéma. « Mais il était important pour nous d’anticiper » précise Jésus Aguila.

Un plus pour la formation mais pas forcément pour l’emploi

Les différents acteurs ont saisi les retombées positives pour eux d’un tel projet en terme de renommée grâce à l’enrichissement de la formation proposée à leurs étudiants. Ils restent cependant plus dubitatifs sur la manne annoncée en termes d’emplois. « Les débouchés réels en quantité ne seront pas si importants. Ils concerneront des métiers de la main comme des menuisiers, des ferronniers. Les productions qui viendront tourner arriveront avec leurs équipes » estime Jean-Louis Dufour. Pour Jésus Aguila, résolument optimiste pour ce projet, souhaite surtout qu’adossées à une telle structure « les filières que nous pourrions mettre en place forment à des métiers, offrent des expériences dans de vrais studios pour favoriser une meilleure insertion dans le milieu ».

Photo : CC via Flickr PaternitéPas de modification Certains droits réservés par loop_oh

Mots-clés : cinema, francazal, granja, studios

ARTICLES ASSOCIÉS

0 RÉACTION

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Exprimez-vous !

* Champs à renseigner obligatoirement

ARTICLES ASSOCIÉS

AGENDA

Rue89