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Super Tuesday : Paroles d’Américains toulousains

Mitt Romney, favori de l'investiture républicaine - Photo CC

Aux Etats-Unis, le pays entier scrutait les résultats d’une journée capitale. Mais à Toulouse, une certaine désinvolture règne chez les expatriés américains. « Le Super Tuesday ? C’est quand ? », nous a demandé une jeune Américaine mardi soir. Légèrement déconnectés d’une campagne qui ne les enthousiasme pas, des Américains installés à Toulouse, républicains ou démocrates, livrent leurs impressions sur l’investiture républicaine, vue d’ici.

Les résultats sont tombés tôt mercredi matin. Quels résultats ? Ceux du « Super Tuesday », journée capitale de la Primaire républicaine aux Etats-Unis. Les Républicains de dix Etats se sont rendus dans les bureaux de vote pour désigner leur favori, qui affrontera Barack Obama en novembre prochain. Etape électorale déterminante, il s’agit aussi de s’imposer symboliquement, auprès des électeurs et des autres candidats, comme le challenger évident. Marquer les esprits, en somme. Une victoire globale au Super Tuesday confère assurément une stature de favori indiscutable.

Et à ce petit jeu, Mitt Romney, déjà en tête, a conforté son avance. Victorieux dans six des dix Etats concernés mardi, il a un peu plus distancé ses concurrents, mais reste loin de faire l’unanimité.

 

« Aucun des candidats ne fera le poids contre Obama »

Robb Pinkerton, Républicain de toujours, ne se fait aucune illusion. « Romney va gagner. C’est comme regarder un match de rugby où, après cinq minutes, une des deux équipes mène de 5 essais! ». Cet ingénieur de 54 ans, originaire de l’Arizona, est installé à Toulouse depuis plus d’un an et maîtrise déjà la métaphore rugbystique à la perfection. Sa vie d’expatrié l’a conduit à se désintéresser de cette primaire républicaine. « Les Etats-Unis semblent vraiment différents vus d’ici. Je me focalise sur des événements qui ont un impact direct sur ma vie en France: l’Union Européenne, la stabilité de l’Euro, la situation de la Grèce, le taux de change… ».

« La campagne est présente partout dans les médias, mais pas dans les foyers »

Comme pour beaucoup d’Américains, aucun candidat n’emporte son enthousiasme, loin s’en faut : « Pour gagner une élection, il faut proposer quelque chose d’unique. Et quand je regarde ces quatre candidats, aucun ne se démarque vraiment, aucun ne me donne envie de voter pour lui.  Je me dis qu’aucun d’entre eux ne fera le poids contre Obama. »

C’est en tout cas ce qu’espère Felicia Mayne, présidente du comité local de l’association France – Etats-Unis. Arrivée à Toulouse en 1979, elle se dit « horrifiée » par la tournure que prend cette campagne républicaine. « C’est vraiment rase-mottes, les Républicains essaient de récupérer les courants d’ultra-droite, en faisant appel à tous les spectres racistes possibles ». Plutôt démocrate malgré un vote pour Ronald Reagan en 1980, elle suit la politique américaine de près, et s’inquiète des dérives ultra-conservatrices symbolisées par le mouvement du Tea Party. Elle fustige aussi le manque de représentativité des candidats républicains : « Romney, par exemple, est un homme extrêmement riche. C’est un nanti qui considère qu’on est nanti car naturellement supérieur. Il fait partie d’une élite tellement loin du peuple, il ne sait même pas ce que c’est que de travailler normalement, il est très loin de comprendre les préoccupations des américains. » 

 

La campagne présidentielle en France? « Une pause agréable »

Il y a un mois, Jeff vivait toujours en Californie. Ingénieur lui aussi, il constate que la Primaire ne passionne pas les Américains. « La campagne est présente partout dans les médias, mais pas dans les foyers. On a le sentiment que ça fait déjà longtemps que ça dure, et ça commence à fatiguer les gens. » Après avoir voté pour Georges W. Bush, il a soutenu Barack Obama et s’attendait pour sa part à une campagne encore plus conservatrice: « Le Tea Party est la base d’électeurs la plus impliquée dans cette primaire, mais les candidats sont beaucoup plus modérés. En fait, ça pourrait bien être leur meilleure chance de battre Obama, en séduisant un électorat moins extrémiste. » Lui-même avoue ne plus trop regarder les JT des chaînes américaines, et ne s’est pas encore renseigné sur les procédures à suivre pour voter depuis la France.

« Les spots publicitaires ultra agressifs en permanence à la télé, les attaques incessantes, les affiches politiques à tous les coins de rue… Là-bas, on ne peut vraiment pas y couper »

La France où se déroule une autre campagne présidentielle. Celle-ci fait à Robb Pinkerton  « l’effet d’une pause agréable ». « Les spots publicitaires ultra agressifs en permanence à la télé, les attaques incessantes, les affiches politiques à tous les coins de rue… Là-bas, on ne peut vraiment pas y couper. Ici, c’est beaucoup plus calme, même si les infos et les talk-shows politiques ne parlent que de ça. » S’il n’a pas de favori, il trouve Nicolas Sarkozy « intéressant à regarder » et le voit bien l’emporter en mai prochain. « Il est plus global que les leaders français typiques. » Parole d’Américain.

Photo : Certains droits réservés par BU Interactive News

Mots-clés : élection, Etats-Unis

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