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Syriens de Toulouse : «Surpris de la solidarité du peuple français»

Menace d'utilisation d'armes chimiques en Syrie / Dessin Youn

 

Depuis de longs mois ils ont organisé manifestations de soutiens et collectes d’argent. Les évènements dans leur pays ont contribué à organiser et structure la communauté à Toulouse. Ils se sont de plus en plus inquiets pour leurs familles sur place et apprécient la solidarité française qu’ils reçoivent.

 

Au fil de l’année, la communauté syrienne de Toulouse a multiplié les évènements et rassemblements de soutien à « la révolution ». Nous nous étions fait l’écho de leurs actions et de leurs inquiétudes sur la situation dans leur pays (ici et ). Tous les quinze jours ils se sont retrouvés place du Capitole, de moins en moins frileux à exposer au grand jouer leur rejet du régime et de Bachar al-Assad. La Coordination des Syriens de Toulouse a donné naissance en mars dernier à l’association du Printemps Syrien. Si l’objectif humanitaire reste essentiel, l’organisation propose cours de cuisine syrienne ou activités culturelles et sportives. « Un lien qui n’existait pas forcément avant dans la communauté sur Toulouse », reconnaît un de ses membres Abdel Zaki.

 

« Voir des gens venir à nos rassemblements et acheter 20 ou 30 euros des gâteaux, c’est touchant »

 

 

Collectes pour les déportés de Douma ou les hôpitaux de Homs

Avant de reprendre ses actions à la rentrée, elle continue de collecter de l’argent. « Nous sommes arrivés à récolter jusqu’à 5000 euros lors d’une soirée ou 900 euros lors d’un rassemblement, explique-t-il. Nous avons envoyé cet argent aux déportés de Douma et pour les hôpitaux de Homs. On fait cela via des connaissances personnels et fiables sur le terrain ».

 

Le jeune homme qui travaille dans l’aéronautique se dit « surpris » de la solidarité et de la générosité des Français. « Voir des gens venir à nos rassemblements et acheter 20 ou 30 euros des gâteaux, c’est touchant. De ce que j’ai pu voir autour de moi, j’ai l’impression que les Français sont plus sensibles à notre sort que d’autres peuples arabes ».

 

« Il y a une grande peur. Des proches qui sont des gens solides pleurent maintenant au téléphone alors qu’ils ne le faisaient jamais »

 

 

Leurs proches leur racontent un climat « déprimant »

Depuis nos dernières rencontres, les affrontements se sont intensifiés dans le pays. Leurs inquiétudes pour leurs proches et familles avec. « Il y a une grande peur. Des proches qui sont des gens solides pleurent maintenant au téléphone alors qu’ils ne le faisaient jamais. L’être humain a ses limites », témoigne Bassel dont une partie de sa famille se trouve à Damas.

Pour lui désormais la situation est  « un cas de guerre ». Abdel explique que son père qui tient un commerce à Hama n’ouvre plus que le matin, davantage pour maintenir une illusion de normalité que pour travailler. A l’autre bout du fil, il sent son jeune frère usé. « Il me dit que le climat est déprimant. Entre la faculté et la maison, il doit passer plein de barrages. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer et parfois il y a des bombardements pas loin ». Il craint aussi les milices de l’armée régulière : « elles rentrent dans les quartiers et cherchent à enrôler de force les jeunes hommes ».

 

« Des commerçants donnent aux révolutionnaires et en même temps au régime. C’est une assurance vie »

 

 Urgence

Leur remontent aussi des témoignages de solidarité sur place malgré la tension et la gravité de la situation. « Sur place il n’y a plus de boulot, plus d’activité économique. Mais une grande solidarité s’est créée. A Damas par exemple, il y a des équipes qui se chargent de récupérer les ordures puisqu’il n’y a plus vraiment de transports ou ramassage publics », raconte Bassel.

Les deux hommes notent une certaine lassitude chez leurs proches sur place. « Les gens ont peur. Un ami en Syrie m’a dit : ‘On en peut plus de la Révolution, on espère simplement que ça revienne comme c’était comme avant’ », témoigne Bassel.  Abdel trouve également qu’il y a de plus en plus « de gens qui sont devenus neutres ». « Des commerçants donnent aux révolutionnaires et en même temps au régime. C’est une assurance vie », poursuit-il.

 

« Il n’y a pas de guerre entre les chiites et les sunnites. C’est une guerre entre un peuple et son régime »

 

« On fait la guerre pour tout le monde »

S’ils soutiennent l’armée syrienne libre, ils ne s’accordent pas sur la stratégie adoptée. Le déséquilibre des équipements et des armements en faveur de l’armée régulière « ne lui permet pas de garder ses positions très longtemps pour le moment ». Alors, quand elle doit se retirer d’une zone ou d’un quartier « c’est le peuple qui en fait les frais avec les bombardements et les représailles de l’armée du régime », estime Bassel. Ils se rejoignent malgré tout pour dire que la guerre n’est pas confessionnelle. « Il n’y a pas de guerre entre les chiites et les sunnites. C’est une guerre entre un peuple et son régime », poursuit-il. « Jusqu’à maintenant ça ne prend pas. Mais jusqu’à quand ? », se demande Abdel.

 

Il est pour eux urgent que la communauté internationale se montre beaucoup plus active. « On est déjà dans une situation de chaos. Si on ne fait rien rapidement, il sera très dur de trouver une solution de transition et de sortie de crise ». Ils savent bien le rôle et les menaces que laissent planer sur la région le régime iranien soutien de la Syrie. Une situation qui fait dire à Bassel que « dans la région le peuple syrien fait la guerre pour tout le monde ».

 

>> Programme des évènements de l’Association du Printemps Syrien

 

Mots-clés : syrie

3 RÉACTIONS

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Je suis étonné -et peiné- de voir tant de militants sincères associés à la guerre de Juppé-Fabius-Otan contre l'état syrien. Vietnam, Irak, Libye etc n'ont rien gagné en terme de démocratie ni de prospérité par les menées de l'empire : comment se réjouir de livrer les syriens à al Qaeda, à une nouvelle théocratie vengeresse, au chaos ?
Comment réclamer un soutien armé à la démocratie là bas, mais ni au Bahrein ni au Myanma... Lire la suite

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

Mon post précédent était un peu moins sanglant, mais il est pas passé. J'aimerais voir un de mes posts sur cette page, alors j'en propose un autre :
Peut-être faut-il d'urgence bombarder le tyran Bachar, son épouse tyrannette, leurs domestiques de dictateurs, les enfants de leurs domestiques, les instits des enfants de leurs domestiques, les fleurs horriblement alaouites du jardin plein d'armes de chimie massive des instits tortionnaires... Lire la suite

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

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