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Toulouse : la vidéosurveillance à petits pas

Actuellement, Toulouse compte 24 caméras

La commission municipale des Libertés publiques a donné le 29 juin dernier un avis favorable à l’installation de trois caméras dans la rue Pargaminières. La vidéosurveillance, un dossier sensible pour des Toulousains « réfractaires » d’après Christian Raynal, élu de l’opposition municipale.

 

Une polémique ravivée

La vidéosurveillance, un débat récurrent à Toulouse, ravivé par Jean-Luc Moudenc, conseiller d’opposition qui a stigmatisé la lenteur des décisions sur son blog en juin dernier. « Je regrette qu’il faille quinze mois pour un avis relatif à l’installation de deux malheureuses caméras rue Pargaminières », répète-t-il lors du conseil municipal du 6 juillet. L’ancien maire faisait ainsi référence au débat et aux journées de réflexion et d’auditions d’experts organisés en 2010 et qui avaient fait l’objet d’une rapport. Pierre Cohen, maire de Toulouse, s’en est défendu : « Ce débat est trop important pour le régler rapidement ».

Après ces mois de réflexion, la prudence ( ou la frilosité pour certains) de la mairie ne semble pas dissipée. Jean-Pierre Havrin, adjoint chargé de la sécurité estime toujours que les caméras constituent un dispositif « de dernier recours ». « L’installation de caméras répond à une analyse technique. Elles doivent être installées après avoir essayé des dispositifs plus préventifs avant ».

 

« Toulouse se montre réfractaire à la vidéosurveillance, surtout les bobos »

 

Justement, le 29 juin dernier, la commission municipale des libertés publiques s’est réunie et a approuvé l’installation de trois caméras dans la rue Pargaminières. Cette décision est la première mesure concrète depuis 2007. Toulouse « se montre réfractaire à la vidéosurveillance, surtout les bobos », estime Christian Raynal, conseiller municipal de l’opposition et membre de la commission municipale des libertés publiques, en charge du dossier.

Convaincu de ce dispositif, qu’il a inauguré en 2007, lorsqu’il était adjoint de Jean-Luc Moudenc, il cite en exemple Montpellier. « Cette ville comporte les mêmes caractéristiques que Toulouse : c’est une ville du sud, étudiante et de sensibilité de gauche. Le dispositif de vidéosurveillance vient d’être renforcé et ne crée pas un tel débat ». Pour lui, elle répond à un « sentiment d’insécurité ressentis par les Toulousains », plus qu’à des idées purement politiques. Installées depuis 2007 à Toulouse, « elles ont un effet dissuasif sur les probables délinquants », analyse t-il.

 

Rue Pargaminières :  des caméras en fonction que la nuit

 

L’installation de trois caméras rue Pargaminières se fera sous deux conditions :

  • « elles ne seront fonctionnelles que la nuit », indique Christian Raynal.
  • « une évaluation devra être réalisée au bout de six mois pour observer leur utilité », précise Antoine Maurice, élu écologiste au conseil municipal.

« Nous avons évalué le ratio entre les atteintes aux libertés et la sécurité publique. Ces conditions sont indispensables pour garantir les libertés de tous les individus », ajoute Jean-François Mignard de la Ligue des Droits de l’Homme et membre de la commission.  La décision finale appartient à Pierre Cohen.

 

« Des études ont été réalisées pour évaluer si la rue avait réellement besoin des caméras. Pour moi elles ne montrent rien (…) elles se sont déroulées sur un mois seulement et que les jeudis soir », Antoine Maurice.

 

Toujours pas d’unanimité

Pourquoi cette rue en particulier ? « Elle détient toutes les caractéristiques qui justifient l’installation de caméras, explique Christian Raynal. Elle est sombre, étroite et c’est le couloir de l’alcool emprunté par les noctambules éméchés de la place Saint-Pierre vers le Capitole ». « Les trafics d’alcool, drogues et cigarettes sont également importants », ajoute Jean-Pierre Havrin.

L’installation de ces trois caméras ne fait pourtant pas l’unanimité. En effet, pour Antoine Maurice « toutes les solutions n’ont pas été étudiées ». Et de poursuivre : « Toulouse a signé la Charte européenne pour une utilisation démocratique de la vidéosurveillance. Le respect de ce texte n’est pertinent que si les caméras sont installées en ultime solution. Nous devons d’abord terminer le diagnostic d’efficacité des caméras actuellement en place ».

Or, pour l’élu vert toutes les solutions n’ont pas été étudiées. « Des études ont été réalisées pour évaluer si la rue avait réellement besoin des caméras, souligne-t-il. Pour moi elles ne montrent rien. Les observations se sont déroulées sur un mois seulement et que les jeudis soir ».

 

« Installer des caméras dans les quartiers sensibles serait contre-productif », Christian Raynal

 

Une caméra supplémentaire « dans un quartier sensible » ?

Pour le moment, seuls les quartiers du centre-ville sont équipés de caméras de vidéosurveillance. Un périmètre plutôt restreint mais qui devrait s’agrandir. « Au mois de septembre, à la demande de Pierre Cohen, la commission des libertés publiques va étudier l’installation d’une caméra sur une place d’un quartier sensible, déclare Christian Raynal. Ce dispositif viendrait en complément de la présence policière ».

« Nous ne voulons pas nous restreindre à des quartiers en particulier, analyse Jean-Pierre Havrin. Si nous jugeons que les quartiers plus sensibles peuvent bénéficier de caméras, nous n’hésiterons pas à en installer ».

Pourtant, Christian Raynal doute de leur efficacité dans ce type de quartiers.  «A mon sens, elles seraient contre-productives  ». En effet, l’élu de l’opposition craint « des actes de vandalisme, la destruction du matériel ». « Pour ne pas que ces quartiers deviennent des zones de non-droit, je suis partisan du renforcement des forces de police ». Une opinion qui a étonné la majorité socialiste.

 

« La caméra ne doit pas être pensée comme un outil magique »

 

La délinquance ne baisse pas, une solution à remettre en cause ?

Malgré la mise en place des caméras de vidéosurveillance en 2007, les chiffres de la délinquance ne baissent pas pour autant à Toulouse. « Entre 2008 et 2011, 350 délits ont été commis place Wilson, admet Christian Raynal. Il faut reconnaître que les chiffres ne diminuent pas ». « Il ne faut pas que les Toulousains pensent la caméra comme un outil magique, déclare Jean-Pierre Havrin. Ce dispositif se révèle inefficace si aucune autre méthode plus préventive n’a été testée précédemment ».

 

Christian Raynal, fervent partisan de la vidéosurveillance, se défend en invoquant « une fréquentation en hausse dans le centre-ville, et notamment place Wilson ». Une hausse à prendre en compte selon lui. « De plus, on doit se poser la question de savoir quels auraient été les chiffres si les caméras n’avaient pas été là ». Un dossier qui promet peut-être d’autres polémiques. Selon l’élu « d’autres quartiers sont susceptibles de voir des caméras être installées, tels que Saint-Sernin ou encore la rue Bayard ».

 

Photo CC via Flickr by Xjs-Khaos

 

Mots-clés : caméras, toulouse, vidéosurveillance

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