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Toulouse : le squat du Slôli expulsé pour accueillir des sans-abris

Des membres du Slôly contestent leur explusion devant la Mairie de Toulouse - Photo Carré d'info

Créé en mars dernier, le squat du Slôli a été expulsé lundi matin. Une vingtaine de personnes sont maintenant en attente de relogement. Bientôt racheté par la mairie de Toulouse, le bâtiment devrait accueillir des logements d’accueil temporaire pour sans-domiciles fixes. Une expulsion qui illustre la parfois difficile cohabitation entre militants et pouvoirs publics qui ont pourtant le même but : une meilleure gestion de l’urgence sociale.

 

Expulsion dans le calme

Lundi, plusieurs camions de CRS ont pris position devant le bâtiment rue du Faubourg Bonnefoy. « L’évacuation s’est passée dans le calme », notent les militants. « Nous avons pu prendre nos affaires mais aujourd’hui nous sommes un peu perdus. Nous devions donner notre réponse aujourd’hui (lundi, jour de l’expulsion ndlr) à la mairie concernant leur proposition de relocalisation. » Plusieurs rendez-vous dont le dernier la semaine dernière avaient en effet eu lieu entre les responsables du squat et Joël Carreiras adjoint à la mairie.

 

« On voit bien que la priorité pour la mairie est de ne plus régulariser les squats et que rien ne doit ralentir le projet Marengo pour l’accueil du TGV», selon des responsables du Slôly

 

La mairie ayant principalement retenu l’activité vélo au Slôli et souhaitant « soutenir l’initiative, un local de 40m2 a été proposé dans l’urgence en attendant mieux », précise Joël Carreiras. « Pas assez » pour les militants qui regrettent la rapidité avec laquelle la procédure d’expulsion s’est déroulée : « nous n’avons même pas eu le temps de dire si nous acceptions le principe de cette proposition. On voit bien que la priorité pour la mairie est de ne plus régulariser les squats et que rien ne doit ralentir le projet Marengo pour l’accueil du TGV

 

Action militante vs action publique

Une fripe, un atelier de réparation de vélo et une petite médiathèque. C’est entre autres ce que proposait le squat du Slôli depuis quelques mois aux habitants du quartier Bonnefoy. Hébergeant une vingtaine de personnes, le squat était même entré dans la boucle du 115 pour proposer de l’hébergement d’urgence. Seulement voilà, l’immeuble, un ancien garage « Speedy » s’intégrait dans un projet porté par la municipalité. Le propriétaire, la société des Chalets a été sollicitée par la mairie, cette dernière se portant acquéreur du bâtiment.

 

« L’immeuble est destiné à des logements temporaires afin de sortir des SDF de la rue. Nous avons plusieurs familles en attente depuis longtemps », Joël Carreiras, adjoint au maire

 

Objectif : créer un dispositif de logement intermédiaire pour sortir des sans-abris de la rue. A l’instar de ce qui avait été fait pour le « groupe du Raisin », la mairie souhaite reproduire  cette expérience d’accompagnement de projets auto-gérés. « L’immeuble est destiné à des logements temporaires afin de sortir des SDF de la rue. Nous avons plusieurs familles en attente depuis longtemps. C’est une décision de politique publique d’urgence sociale. Nous avons constaté qu’il y avait un trou dans cet accompagnement et nous tentons d’y remédier grâce à notre droit de préemption. » Pensé comme un sas entre la rue et l’accès au parc locatif plus classique, ce dispositif est censé accueillir des familles dès que des travaux de mises aux normes seront réalisés.

 

Quelle Bonnefoy ?

Mais pour certains responsables du squat, cet objectif affiché fait office de cache-nez : « l’immeuble est censé être détruit dans le cadre de la restructuration du quartier de la gare pour accueillir la LGV. A quoi servent des travaux si c’est pour détruire dans cinq ou six ans? » « L’objectif n’est pas de pérenniser l’urgence », rétorque Joël Carreiras. « Le logement va tourner le temps que les familles entrent dans le logement social pérenne. » Et de durcir le ton : « il y a un problème d’équité. Des familles ont rempli des dossiers et sont en attente depuis longtemps. Il faut des règles et l’exception ne peut pas devenir le droit commun. » La municipalité a donc proposé au Slôli de se constituer en personne morale afin de bénéficier de l’accompagnement classique d’une association d’intérêt social.

Quant à la vingtaine de personnes logeant sur place, leur situation de relogement était incertaine lundi soir, malgré leur recensement par les services sociaux la semaine dernière.

 

Mots-clés : expulsion, sans-abris, squat

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Bonjour, L'article qui est mis en lien pour "le groupe du Raisin" ne parle pas du projet Raisin, mais du "camp de Purpan" ! Le projet Raisin est un projet expérimental qui a pour porteur de projet la mairie de Toulouse.

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