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Toulouse – Ospreys : un bonus l’air de rien et sans trop se décoiffer

Concours de "air plaquage" lors du match Stade Toulousain - Ospreys / Photo CCv

Vous êtes ici entre les mains d’Ovale Masqué, chroniqueur rugby qui n’écrit que sur une planche à découper. Ses détracteurs le traitent de maître ès croc. Quand il tranche, c’est parfois sanguinolent. Mais il sait aussi poser le couteau quand il le faut et même faire rire vos côtelettes.

 

Les « Hairsprays », panache en berne

Après les doublons, la trêve internationale et un match de top 14 contre Clermont, la H Cup est enfin de retour. Vous ne comprenez rien ? C’est normal, c’est du rugby. Après deux succès solides mais sans bonus contre Leicester et Trévise, le Stade Intergalactique poursuit sa campagne européenne avec la réception de l’équipe de Swansea, la deuxième plus grande ville du pays de Galles, notamment célèbre pour avoir vu naître le poète alcoolique (pléonasme) Dylan Thomas. Une information qui ne nous intéresse cependant pas du tout ici puisqu’il n’a aucun lien de parenté avec Gareth Thomas.

Les Ospreys, également surnommés les « Hairsprays » du temps où Gavin Henson aimait y exhiber ses coupes de cheveux les plus indécentes, est une équipe plutôt moyenne, qui a priori, ne devait pas poser trop de problèmes au Stade. Du temps de leur splendeur – et ça commence à remonter à quelques années – leur spécialité consistait à réaliser un beau parcours en phase de poule, avant de se planter misérablement dès les ¼ de finale (40 pions contre le Munster en 2009, une défaite contre Biarritz – oui, Biarritz – en 2010). Des échecs répétés qui ont poussé les Hook, Byrne, Phillips, Bowe et autres Shane Williams à aller palper de l’oseille (et pas que) dans des pays où le soleil montre le bout de son nez plus souvent que Sylvain Nicolas n’apparaît sur une feuille de match.

 

Dan Biggar, grand espoir au poste de demi d’ouverture depuis environ 6 ans, une sorte de Lionel Beauxis local donc.

 

La France a recruté leurs plus beaux brushings

Parmi les quelques noms connus de l’effectif, on remarque la présence de Ryan Jones, éternel loser du rugby gallois. 70 sélections et il n’a toujours reçu aucune offre pour jouer en Top 14, alors que même un plouc comme Alix Popham a réussi à signer à Brive. Pire, il s’est fait mettre sur le banc et piquer son brassard de capitaine par Sam Warburton en sélection. L’autre vedette, Adam Jones, le seul pilier gallois capable de pousser correctement en mêlée, est blessé. De Pénalité se lèche déjà les babines. Mais comme l’on se doit de « respecter cet adversaire », notons tout de même quelques jeunes talents dans leurs rangs comme Tipuric, Beck, Walker ou Dan Biggar, grand espoir au poste de demi d’ouverture depuis environ 6 ans, une sorte de Lionel Beauxis local donc.

 

Patricio Albacete, s’apprête à disputer le 112ème match d’une saison débutée lors de la Coupe du monde 2011. On connaît des gars qui ont été condamnés pour esclavage moderne pour moins que ça.

 

Mais s’il y a un joueur en particulier à surveiller côté gallois, c’est Kahn Fotuali’i. Le Samoan, ancien compère de Dan Carter à la charnière des Crusaders, est étrangement passé sous le radar des clubs de l’Hexagone, qui ont préféré recruter les brushing de Mike Phillips et Luke Burgess, avec le résultat qu’on connaît. Tant pis pour eux. Après avoir crevé l’écran pendant la Coupe du monde 2011, il a encore prouvé cet automne qu’il était un des tous meilleurs N°9 du Monde.

Et pour faire face à cette équipe, Guytou a aligné sa meilleure composition possible. On notera notamment le retour de Patricio Albacete, qui s’apprête à disputer le 112ème match d’une saison débutée lors de la Coupe du monde 2011. On connaît des gars qui ont été condamnés pour esclavage moderne pour moins que ça.

 

Première période : journée internationale du « air plaquage »

Si vous vous demandiez pourquoi cette introduction était encore plus longue que celle du dernier film sur le retour du Seigneur des Hobbitt, c’est parce que je n’aurai grand chose à dire sur ce match, qui honnêtement, ne ressemblait à rien.

Tout a commencé avec une scène surréaliste. Sur un lancement de jeu, Luke McAlister, devenu autiste depuis une poignée de matchs, nous fait sa spéciale du moment en effectuant une très belle passe dans le vide. Heureusement, Florian Fritz passait par là, et dans une scène digne de Matrix, le trois quart centre toulousain crochète et prend à contre pied l’ensemble de la défense galloise, le tout en slow motion. Et ça marche, essai.

 

On se dit alors que ces Gallois sont vraiment des touristes et qu’il y a moyen de leur coller 60 pions fingers in the nose (et non pas fingers in the eyes, calme-toi Florian)

 

On comprend dès lors que ce match célébrera l’ouverture de la journée internationale du air plaquage. Mais ce à quoi on ne s’attendait pas c’est cette séquence de volley-ball digne des meilleurs épisodes de Jeanne & Serge entre un pauvre Gallois et Census Johnston. A la retombée du ballon, un Yannick Nyanga tellement opportuniste que j’ai bien cru qu’il s’agissait d’Yves Donguy qui marquait un de ses fameux essais de crevard. L’arbitre demande la vidéo, et le public hue celui qui ose mettre en doute la validité des essais du Tout Puissant Stade.

Malgré tout, c’est accordé et ça fait 12-0 au bout de 15 minutes. On se dit alors que ces Gallois sont vraiment des touristes et qu’il y a moyen de leur coller 60 pions fingers in the nose (et non pas fingers in the eyes, calme-toi Florian). Avec un peu de chance, même Yoann Huget aura le droit de marquer un essai aujourd’hui.

 

Des Gallois Jaunards ?

Le problème c’est que ce qu’on pense devant notre télé, les joueurs le pensent aussi sur le terrain. Et que du coup, en proie à ce fameux mal toulousain du siècle, l’excès de confiance, ils vont totalement s’arrêter de jouer pendant 20 minutes. Un phénomène qui n’est sans doute pas non plus étranger à la sortie du Soldat Fritz, cet homme qui joue toujours comme si sa vie en dépendait, que ce soit contre Mont-de-Marsan ou le Leinster.

Les Rouge et Noir se mettent donc à faire n’importe quoi, bien aidés par McAlister qui continue de jouer avec ses amis imaginaires. Les Gallois en profitent pour reprendre confiance et développer un jeu pas dégueu, quoique plutôt inoffensif. Pour le coup, avec leur maillot blanc et jaune, on aurait presque dit des Clermontois. Mais finalement, ces Ospreys vont finir par inscrire un essai sur un beau coup de vice de Fotuali’i, qui joue rapidement une pénalité en faisant mine de refaire ses lacets. Patricio Albacete, qui connaît pourtant beaucoup d’enculés puisqu’il fréquente la sélection argentine, se laisse prendre et laisse le Samoan filer à l’essai. Bien sûr, le public hue celui qui ose marquer un essai au grand Stade Toulousain. 12-7 à la mi-temps.

 

Mais comme bien souvent, De Pénalité, star du Top 14, peine à s’imposer en Coupe d’Europe

 

Seconde période : les Gallois les cheveux en bataille

Au retour des vestiaires, Guytou s’énerve et décide de faire rentrer Poux et Tolofua. Dit comme ça, on a un peu envie de se marrer, mais force est de constater que le résultat est plutôt probant puisque enfin Toulouse commence à dominer en mêlée – c’est peut-être également lié au fait qu’Alain Rolland ait subitement décidé d’arbitrer ces phases de jeu. Au bout de 40 minutes, il était temps.

 

L’essai du bonus ! En H Cup ! Comme quoi la fin du monde c’est pas des conneries

 

Sevrés de ballons, dominés sur les impacts, les Ospreys commencent à se faire marcher dessus. Sur une série de mêlées à quelques mètres de l’en-but, De Pénalité enfile ses crampons et s’apprête à faire son show. Mais comme bien souvent, De Pénalité, star du Top 14, peine à s’imposer en Coupe d’Europe. Même quand il frappe à la porte du vestiaire 3, 4, 5 fois de suite, les arbitres se refusent à autoriser son entrée en jeu. Heureusement quand De Pénalité n’est pas là, le deuxième meilleur marqueur de l’histoire du club, Vincent Clerc, arrive à la rescousse. Après un gros travail de Picamoles qui parvient à passer les bras alors que deux joueurs gallois y sont suspendus, Burgess file le ballon à Clerc et lui dit « vas-y, débrouille-toi ». Il n’y a pas vraiment de décalage en bout de ligne, mais Jean Dridéal y va en force, tête baissée, et ça passe.

Quelques minutes plus tard, on a quasiment un copier-coller avec Picamoles, qui off-loade pour Johnston cette fois, qui n’a plus qu’à s’allonger dans l’en-but. L’essai du bonus ! En H Cup ! Comme quoi la fin du monde c’est pas des conneries. Enfin Yoann Huget, qui en a marre d’être systématiquement ignoré par ses coéquipiers, décide d’aller marquer le 5ème essai tout seul en oubliant Bouilhou qui attendait patiemment le ballon sur sa droite. En même temps, comment lui en vouloir ? Jusqu’au ralenti de cet essai, personne ne s’était aperçu qu’il était sur le terrain. Pour l’honneur et pour faire chier, les Gallois iront marquer un deuxième essai que je ne saurais vous décrire car je l’ai déjà oublié. Score final 30-14.

 

Les Soldats de l’Empire Capitoliste

Huget : On a souvent l’impression qu’il est le seul joueur à réellement courir au milieu d’une ligne arrière qui tourne au ralenti. Encore une belle performance que Clément Poitrenaud a pu admirer des tribunes, vêtu d’un manteau en poil de phoque et de mitaines rétractables – tellement hipster. Notons aussi que l’ami Chewbacca a survécu à une tentative de décapitation en règle du centre gallois Bishop en première mi-temps. Comme quoi on ne peut vraiment pas faire confiance aux androïdes.

Vincent Clerc : Plus actif que d’habitude, il a marqué son essai syndical, sur lequel les Gallois, qui avaient vu venir l’inévitable, n’ont d’ailleurs même pas cherché à défendre.

Médard : Encore deux trois actions tranchantes qui confirment son bon retour en forme. Encore quelques matchs comme ça et on va pouvoir refiler un Matanavou dépressif et ayant pris 15 kilos au SU Agen.

La paire de centres David – Fritz, c’est un peu comme Patrick Bruel et la Fouine : un duo qu’on ne voulait plus revoir. Que Guy Novès continue à l’aligner malgré sa phobie des doublons demeure un des grands mystères de l’humanité. Mais Fritz est sorti très tôt, et sa hargne et son abattage ont manqués au sein d’une équipe un peu molle du genou. David quant à lui avance constamment, comme Picamoles, mais sait beaucoup moins se servir de ses mains que lui, à se demander si on devrait pas inverser leurs postes.

Après avoir enchaîné 17 matchs à la suite, Mygalister joue à moitié blessé et visiblement sous anti-douleurs puisqu’il a semblé en plein trip sous LSD tout au long de l’après-midi. En plus, l’hiver approche et on sait que Luke n’aime pas trop ça. Il est donc temps de sortir le Comte Beauxis de son tombeau. Il est peut être moins sexy, mais pour aller gagner un match à Grenoble par -21 degrés sur une pénalité de 60 mètres, il reste diablement utile. En attendant, Doussain a effectué un bon intérim à l’ouverture. Seul problème, il n’est définitivement pas un buteur.

Burgess : Confirme sa bonne forme actuelle, en même temps on ne peut pas dire que les Gallois aient vraiment cherché à lui pourrir ses sorties de balle.

Quand on en vient à souhaiter le retour de Beauxis, c’est quand même que ça va pas fort. 

Picamoles : Aussi à l’aise qu’un tank dans les rues de Damas, « Loulou » excelle dans l’art de la guérilla urbaine et a encore écrasé tous les rebelles sur son passage.

Nyanga : Nyanguesque.

Bouilhou : Comme le H de son nom, on ne sait plus où le foutre et on se demande s’il ne serait pas un peu inutile.

Albacete & Milo-Chluski : Match discret pour les Starsky & Hutch de la seconde ligne, qu’on a connus plus en forme dans leurs rôles de good cop / bad cop.

Steenkamp : L’ami Gurthro a un peu de mal en ce moment et encore une fois il n’a tenu que 45 minutes sur le terrain. Mais l’exploit du jour c’est que ni lui, ni Botha ne se sont blessés.

Johnston a encore sorti une grosse performance dans tous les secteurs.

Enfin signalons la bonne rentrée de Poux et Montès (et oui, quand c’est bien faut le dire) et le retour de Tolofua, qui fait parfois n’importe quoi mais qui est quand même un peu plus bandant à regarder que Gary Botha, cet homme qui ne joue que 10 matchs par an et qu’on ne voit quasiment pas quand il est sur le terrain. Une sorte de fonctionnaire du rugby donc. Ce commentaire droite décomplexée © vous est offert par mon ami Damien Try.

 

Conclusion : s’assurer un 1/4 de finale à domicile

Face à une équipe bien gentille mais qu’on situerait quand même au niveau de la ProD2 européenne, le Stade Toulousain a pris 5 points facilement, malgré un gros passage à vide en première mi-temps et un jeu globalement dégueulasse. Mais quand on gagne tous les duels et qu’on marche sur la mêlée adverse, ça devient vite difficile de perdre un match, même avec des buteurs en carton.

On a donc retrouvé Stade Toulousain qu’on connaît, incapable de réussir à enchaîner trois temps de jeu de suite ou de faire un lancement de jeu un tant soit peu fluide, mais qui a suffisamment de talents pour faire la différence malgré tout. On peut quand même se demander si cela sera suffisant quand il faudra faire face à des équipes au jeu vraiment taillé pour la H Cup (on peut penser à l’Ulster, Leinster, Clermont, voire Toulon et les Harlequins). En attendant de savoir, il faudrait mieux s’assurer d’avoir un ¼ de finale à domicile, et cela passe par une victoire chez les Ospreys dès la semaine prochaine. Une tâche qu’il faudra remplir sans Fritz et McAlister.

 

Photo Caroline Léna Becker (Photographie personnelle) [CC-BY-3.0], via Wikimedia Commons

Mots-clés : ovale masqué

5 RÉACTIONS

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N'empêche que HUGET est en train de faire taire tous ses détracteurs (moi y compris) qui râlaient lors de son arrivée au ST.

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

je pense comme Zejack.

Faut dire que la plupart de ses détracteurs n'ont jamais regardé un seul match de l'Aviron Bayonnais. D'ailleurs il avait déjà fait plusieurs bons matchs à l'arrière la saison passée.

Bien sur, parfois je pense que notre "Ovale masqué" critique un peu trop le Stade Toulousain, puis je reconnais qu'à la fin de ce match, j'ai trouvé que ce match n'était pas sensationnel et je me suis demandée comment notre Stade avait réussis à avoir le bonus. Alors bravo Ovale masqué, je m'amuse beaucoup en vous lisant.

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

un très bon article comme d'habitude parconte je ne partage pas du tout votre avis sur Bouilhou que je n'aime pourtant que tres moderement, je teouve qu il fait un tres bon travail on le retrouve dans tous les rucks, de plus la touche s'ameliore considerablement lorsqu'il est là

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

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