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Toulouse : photo smartphone, ludique ou artistique ?

L'iphonographie s'est accentué par le phénomène Instagram / Photo Stéphane Giner

L’association Fotolab organise à Toulouse la première exposition d’iphonographie, la photographie par smartphones. Une occasion pour revenir sur ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur, grâce aux réseaux sociaux notamment.

 

« Pour se faire plaisir »

Au milieu des grues et autres engins de travaux, l’espace Niel. Cette ancienne caserne accueille à partir de demain une exposition dédiée aux photos prises par des smartphones. L’idée nait en novembre dernier. « Au début, nous souhaitions organiser une exposition intimiste, pour se faire plaisir. Au fur et à mesure des rencontres, le concept s’est développé », explique Fabrice Féval, initiateur de l’exposition. Au total 160 photos, de dix iphonographes vont être exposées. Même si cette exposition est organisée par des amateurs, les exigences sont réelles. « J’ai élaboré un cahier des charges. Les photos sont notamment toutes présentées sur un carré de PVC, toutes sur le même format », souligne ce « post ado un peu geek », comme il se décrit lui-même. « Les exposants sont pour la majorité des anonymes qui souhaitent faire partager une ambiance, un moment qui leur a plu », poursuit-il.

 

« Les photos sont toutes présentées sur le même format, d’après un cahier des charges précis »

 

L’iphonographie, un phénomène accentué par l’apparition d’applications de post-traitement sur les smartphones telles qu’Instagram ou Hipstamatic. « Aujourd’hui, tout le monde prend des photos, les retouche et les publie sur les réseaux sociaux, déclare Fabrice Féval. On vit une réelle démocratisation ».

Un concept dans l’air du temps donc. L’objectif est donc simple : « toucher le maximum de personnes et  l’exporter dans d’autres villes françaises, pour développer le phénomène encore timide en France », explique Fabrice Féval.

 

L'exposition se tient du 5 au 13 juillet à la Maison des associations

 

 

Un tremplin pour les exposants

Le responsable du festival en est sûr : ça va marcher. Et il ne doute de rien. Même pour une première édition, il pense son exposition comme un tremplin pour les exposants. « Nous sommes partenaires avec plusieurs commerçants toulousains. Ils ont accepté d’exposer certaines photos destinées à la vente ». Stéphane Giner, exposant, relativise ce « tremplin ». « Cette initiative est positive dans le sens où ça permet aux photos d’être vues par le plus grand nombre. Maintenant de la à les vendre, je suis dubitatif ».

Photographe installé depuis deux ans, il expose comme anonyme et non en temps que professionnel. « Exposer à Toulouse n’est pas simple. C’est une bonne occasion ». De plus « ça peut être l’occasion de créer des vocations ».

 

« Si des professionnels viennent voir l’exposition, ils mettront du temps à trouver deux photos de qualité. »

 

Un contenu avant tout

Sans langue de bois, Stéphane Giner avoue que dans ce type de photo « l’esthétique est privilégiée. Les gens en oublient le fond ». Et de poursuivre : « la photographie est avant tout le contenu de l’image ». En toute franchise, il admet que « si des professionnels viennent voir l’exposition, ils mettront du temps à trouver deux photos de qualité ». Jean-Christian Tirat, professeur de photographie aux Beaux Arts nuance : « Ce qui compte est avant tout l’œil et le talent de celui qui prend la photo ». Une nécessité pour lui, « la stabilité lors de la prise de la photo ». « Dans mes cours j’insiste beaucoup sur la prise en main de l’appareil : coudes le long du corps, pieds à plat… Et l’Iphone rend difficile cette prise en main ».

Pas de révolution de la photographie donc. « L’Iphone nourrit un coté pratique. Nous l’avons toujours sur soi. Personnellement, ça me permet d’assouvir mon grand besoin de photo. Plus besoin de me promener en permanence avec mon appareil », analyse Jean-Christian Tirat.

 

Une évolution relative

L’iphonographie, une évolution incontestable de la photographie ? Pas exactement. « Elle n’est pas comparable au passage de l’argentique au numérique » estime Jean-Christian Tirat. Mais, il faut « vivre avec son temps. L’iphone s’apparente aux appareils simples que proposait Kodak, avec un automatisme total qui facilite la prise de vue et une qualité moyenne ».

Même si la qualité de la photo n’est pas comparable à une photo prise par un réflex, il reconnait l’existence d’applications permettant de réaliser des photos de qualité. « Il existe dans le cas de sujet contrasté, une application qui prend deux photos, chacune correspondant à un réglage précis. Grâce à cela on obtient une photo quasiment parfaite » conclut le professeur des Beaux-Arts.

 

> Fotolab, exposition d’iphonographie, Maison des Associations 21 rue Saint-Roch,Toulouse. Métro Saint-Agne. Jeudi à samedi de 9h à 19h. Entrée libre.

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Après tout, le support n'est pas ce qui importe le plus dans la photo, c'est les émotions, l'intention avec laquelle elle a été prise, l'impression qu'elle fait ressortir. Il y a certainement de très belles pépites à découvrir dans ces expos qui sont pour le coup à la portée de tous !

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