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Trévise – Toulouse : United Dolor of Benetton

Chaque semaine Ovale Masqué passe au grill le match du Stade Toulousain / Photo CC

Vous êtes ici entre les mains d’Ovale Masqué, chroniqueur rugby qui n’écrit que sur une planche à découper. Ses détracteurs le traitent de maître ès croc. Quand il tranche, c’est parfois sanguinolent. Mais il sait aussi poser le couteau quand il le faut et même faire rire vos côtelettes.

 

« Un club italien dans sa poule, ça fait 10 points »
Guy Novès.

 

La compo à -15 points

Depuis le temps que les Toulousains voulaient voir l’Italie. 13 ans. Faut dire que la météo est quand même plus sympa là-bas qu’au Connacht. Puis surtout, les filles y ont la réputation d’être faciles. Enfin c’est en tout cas ce que dit Guytou, qui semble jaloux de voir son grand copain Blanco choper autant à chaque déplacement. Mais malheureusement, cette fois, les Rouge et Noir ne sont pas tombés sur les femmes fontaines de Trévise, mais plutôt sur les United Colors du Benetton Trévise : une armée d’Italo-Sudafricains, entraînés par un ancien international Springbok répondant au nom de Franco Smith.

 

 « Tolofua, Albacete et Picamoles sont titulaires, ce qui veut dire que Toulouse partira avec un handicap de 15 points si le buteur du Benetton est en forme »

 

La partie s’annonçait donc compliquée pour des Toulousains, dont le jeu d’attaque est toujours loin d’être révolutionnaire. L’USAP puis Biarritz étant déjà venus perdre ici les saisons précédentes, les Italiens pouvaient donc même mériter le label « d’équipe à respecter ». Ce qui n’empêche pas Guytou de faire joujou avec sa première ligne et de titulariser le pré-retraité Jean-Baptiste Poux et l’espoir de 27 ans Yohann Montès, sans doute pour mieux faire entrer les armes fatales Steenkamp et Johnston en deuxième période (rappelons que les deux joueurs peuvent, comme dans un épisode de Dragon Ball, fusionner pour créer le joueur ultime : De Pénalité).

 

De Pénalité, fruit de la fusion JohnSkamp - Photo DR

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Tolofua, Albacete et Picamoles sont titulaires, ce qui veut dire que Toulouse partira avec un handicap de 15 points si le buteur du Benetton est en forme. La paire Fickou-Fritz est reconduite et Matanavou est titulaire, tout comme Huget à l’arrière, lui qui avait laissé de si bons souvenirs aux Italiens en 2011 à Rome. A noter que Jauzion a été viré du groupe à la dernière minute. Il semblerait donc qu’il ne soit plus assez bon pour être remplaçant contre Trévise. Une raison de plus de militer pour l’euthanasie.

 

Le scénario copier-coller

A la vue de la compo d’équipe on pouvait facilement prédire une première période laborieuse avant l’entrée des bourrins en deuxième période. Gagné. Après tout, c’est pas comme si on avait déjà assisté à ce scénario 12 fois cette saison. Rien ne ressemble plus à un match du Stade Toulousain qu’un autre match du Stade Toulousain, et je pourrais bientôt m’acquitter de ma chronique d’un simple copier-coller que vous n’y verriez probablement que du feu.

 

« Guy Novès, en grande forme sur son banc : il ne lui manquait plus qu’une couverture et un berger allemand, et on aurait eu envie de lui jeter des pièces. »

 

La première période est donc, comme prévu, particulièrement pénible pour le Stade, qui ne met pratiquement pas la main sur le ballon, la faute à une conquête défectueuse. La mêlée des Rouge et Noir est sanctionnée à plusieurs reprises. C’est la faute des Italiens qui anticipent les entrées, dira Guy Novès, en grande forme sur son banc : il ne lui manquait plus qu’une couverture et un berger allemand, et on aurait eu envie de lui jeter des pièces.

 

Le sens du contexte : Tolofua rend hommage aux pizzaïolo

La touche n’offre pas plus de ballons propres puisque Tolofua se sent particulièrement inspiré par l’environnement du jour : calzone, royale, 4 fromages, Christopher nous aura tout fait, au point même de dégoûter son vis à vis Ghiraldini, lui qui est pourtant un fier artisan en la matière. Les maigres ballons, eux, sont mal exploités par les trois quarts, la faute aux fameux « réglages de début de saison ». Rappelons qu’à Toulouse, le début de saison définit une période allant de mi-août à début-juin. Même Yoann « Bubulle » Huget, une des rares valeurs sûres derrière depuis la reprise, se montre fébrile et enchaîne les en-avants.

 

Florian Fritz, lui aussi, cherche des réponses à ses questions, à haute voix et devant les caméras : « Il siffle quoi, cet enculé ? ».

 

Les Italiens profitent du festival pour faire la course en tête grâce à la botte de Burton. Tolofua-aux-mains-d’argent, lui, continue son show et paye pour tout le monde en prenant un jaune pour les fautes répétées de son équipe en mêlée. Guytou se plaint de l’arbitrage. Florian Fritz, lui aussi, cherche des réponses à ses questions, à haute voix et devant les caméras : « Il siffle quoi, cet enculé ? ».

 

Heureusement que Florian n’est pas basané et ne joue pas pour l’équipe de France de foot, sinon il aurait probablement fait la une de l’Equipe le lendemain. En fait, l’arbitre lui-même ne sait apparemment pas trop ce qu’il fait et semble aussi perdu que Jean-Marc Doussain sur le terrain de l’Eden Park en finale de la Coupe du Monde 2011. Du coup il siffle un peu au pif, le plus souvent en faveur des Italiens, c’est vrai. Heureusement il pensera à rééquilibrer un peu les choses en deuxième période histoire d’avoir un rapport équivalent. Le premier acte se termine tout de même sur le score de 18 à 9 en faveurs des Trévisans. 9 points d’écart, cette fois, Toulouse va devoir se mettre à jouer avant la 70ème pour espérer l’emporter.

 

Deuxième acte : l’entrée des artistes

Maître Guy l’a bien compris et fait rentrer la cavalerie dès la 41ème minute : Steenkamp, Botha, Johnston, Maestri et Poitrenaud rentrent. Le message est donc passé : ça va chier. Dès la première mêlée, les pauvres Italiens se font broyer. Ah bon, finalement c’étaient pas les Italiens qui anticipaient les rentrées ? Au temps pour moi. Le rouleau compresseur toulousain s’enclenche. Vincent Clerc sent bien que ça va vite devenir trop facile et décide donc de prendre un jaune pour un en-avant volontaire qui vient annihiler un bon contre du Benetton.

 

« Le tractopelle perce sur plusieurs mètres en tirant sa remorque derrière lui »

 

Mais ça ne change pas grand chose puisque le troisième ligne italien Barbieri va lui aussi faire un tour sur la touche, payant la série de fautes de son équipe, de plus en plus en difficulté. L’essai tarde quand même un peu à venir. Heureusement, les artistes prennent les choses en main : Maestri lance Picamoles en plein dans l’intervalle. Le tractopelle perce sur plusieurs mètres en tirant sa remorque derrière lui (pour une fois on ne parle pas de son cul, mais bien des 3 Italiens accrochés à son short). Il pense un temps à servir Dusautoir sur sa droite. Puis il se souvient qu’il n’est plus à Montpellier et que ça ne sert à rien de faire des passes, et conclut en solo et en force.

Un essai « à la Chabal » comme dirait Christian Jeanpierre, qui vient justifier le nouveau salaire de Picachu, qui possède désormais la plus belle fiche de paye du club avec Capitaine Charisme (c’était l’instant Capital de ma chronique).

 

Il ne peut plus rien nous arriver d’affreux maintenant…

Parlant de Dusautoir, notre Dark Destroyer se fait happer par un plaquage type « tondeuse à gazon » et se retrouve le genou pris en équerre. Mais Dusautoir n’est pas le premier Benjamin Fall venu. Dans une séquence à la Rambo, le capitaine du Stade se saisit de son ligament croisé, fait un nœud avec, referme sa plaie avec les dents et repart se placer en footing. Il est comme ça, Thierry.

 

« Il ne peut plus rien arriver aux Rouge et Noir, qui vont conquérir le point de bonus offensif. Mais…. »

 

De Pénalité fait enfin son entrée sur le terrain et enfonce la mêlée trévisane pour le deuxième essai. McAlister tape par dessus la défense, Clerc réceptionne comme le gros crevard qu’il est. Un essai vu et revu à Toulouse (à l’époque, Michalak faisait la même avec Jauzion) mais bizarrement, ça marche toujours. Ça fait donc trois essais en moins de 10 minutes. Il en reste encore 15 au tableau d’affichage, il ne peut plus rien arriver aux Rouge et Noir, qui vont conquérir le point de bonus offensif.

Plus rien sauf… Luke Burgess. Je suis sûr que vous aviez deviné, pas vrai ? Faire entrer l’Australie alors qu’il reste autant de temps au tableau d’affichage… l’excès de confiance est fatal. Comme si le handicap n’était pas suffisant, McAlister cède sa place et Doussain passe en 10.

 

Le chef d’oeuvre de Luc la bougresse

Gaël Fickou ne reverra donc plus le ballon du match, puisque les deux demi de fermeture vont se lancer dans un concours de départ au ras. Il ne manquait plus que Mike Phillips pour arbitrer. Dommage, car les Italiens sont alors en train de se marcher sur la langue avec leurs crampons, et il suffisait probablement de mettre un peu de vitesse et d’écarter les ballons pour les déborder.

 

« Comme presque systématiquement en H Cup, Toulouse s’arrête donc à 3 essais et loupe le bonus offensif. »

 

Puis vient ensuite le chef d’œuvre de Luc la bougresse, qui décide de jouer vite une pénalité à 10 mètres de la ligne, alors que De Pénalité était dans les starting-blocks pour décrocher l’essai du bonus. Tolofua décide qu’il y a pas de raison que Luc soit le seul abruti de la journée, et décide de déblayer un Italien façon cathédrale : carton rouge. Comme presque systématiquement en H Cup, Toulouse s’arrête donc à 3 essais et loupe le bonus offensif.

 

Les soldats de l’Empire Capitoliste

 

  • Derrière

Huget : Plusieurs maladresses viennent ternir son match, sans doute son moins bon depuis son arrivée.

Clerc : Si Huget est un ailier hyperactif qui ne marque jamais, Clerc est un fantôme qui trouve toujours le moyen de claquer son essai syndical. La vie est injuste.

Et encore, cette fois, Matanavou n’a pas pu planter, puisqu’il prenait ses RTT sur la pelouse. On retiendra ce superbe passage où Burton lui envoie un coup de pied en plein dessus, et où le ballon lui passe au travers, comme dans un bug de Rugby Challenge sur Playstation.

Fritz : On a compris que si Florian était indispensable à Toulouse, ce n’était pas que pour ses qualités rugbystiques. Du coup il peut bien jouer centre, demi de mêlée, flanker (comme en fin de match) ou talonneur, il apportera toujours un plus à l’équipe.

Le monde de Gaël Fickou : je prends l’intervalle, je perce sur plusieurs mètres, je lève la tête, ah merde, personne est capable de me suivre.

 

  • Charnière

Magalie Stère (McAlister) : Deux coups de pied ratés en première mi-temps. Pour le reste, il a été fidèle à lui-même, sans être particulièrement génial puisqu’il n’a été à l’origine que d’un seul essai. Fainéant va.

Doussain : Très poussif. Mais vu le niveau de la concurrence, on a envie de dire que c’était pas si mal.

 

  • Deuxième et troisième ligne

Picamoles : Picamolesque.

Dusautoir : se pète alors qu’il revient doucement à son niveau, dommage.

Bouilhou : on l’aime bien, le nouveau recordman français des apparitions en H Cup, mais aujourd’hui, il a peiné à apparaître sur ma télé.

Milo-Chluski : lui aussi mais c’est habituel.

Albacete : Retour plutôt discret, on ne l’a même pas vu faire ses fautes grossières habituelles.

 

  • La première ligne 

Tolofua a sûrement réussi le plus beau match à l’envers de la décennie pour un joueur toulousain. Et pourtant, David Skrela y a joué pendant 3 saisons.

Poux & Montès : Il faut bien reconnaître que quand ils sont là, la mêlée est dominée.

Steenkamp, Botha et Johnston : si un jour j’ai un mioche qui veut pas faire ses devoirs, je lui raconterai que ces trois gars l’attendent sous son lit.

 

La phrase du week end

« Il aura fallu un Stade Toulousain haineux en seconde période pour se sortir du piège, qui ne venait pas de Trévise, mais d’ailleurs… » Guy Novès lance enfin sa saison et retrouve son meilleur niveau paranoïaque.

 

Conclusion 

Guytou a voulu aligner une équipe mixte, et a peut-être laissé filer un point de bonus important au passage. Contrairement aux années précédentes, on n’a pas l’impression que le Stade dispose de deux équipes du même niveau, et aux postes 2 et 9, il y a même carrément de quoi s’inquiéter. La bonne santé du Stade repose encore trop sur quelques joueurs clefs (McAlister, Maestri, Picamoles, Johnstkamp…) qui auront du mal à jouer tous les matchs.

D’ailleurs, Botha, Dusautoir et Picamoles se sont pétés en cours de rencontre, ce qui n’augure rien de bon. Enfin du côté des trois quarts, c’est toujours aussi triste, au point qu’on attend d’un mec de 18 ans d’avoir les seuls éclairs de créativité du match. Autant de considérations qui nous font penser que le doublé est impossible ©. Mais si Toulouse avait besoin de bien jouer pour gagner un titre en fin de saison, on serait au courant depuis le temps.

15 RÉACTIONS

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Très bon résumé du match, plus vivant que le match lui-même.

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t'y vas fort comme patrick çavachier à l'époque. En plus, le lit de ton mioche, t'as intérêt à le prévoir large, sinon, on va voir dépasser les rayures du calebut à Census "brushing"Johnston...

Effectivement toutes les semaines c'est la même chose. Rien ne va au stade toulousain mais au moins ça permet de faire de l'"humour". Ne vous forcez plus Ovale masqué et ne vous infligez plus ces purges, enfilez donc un maillot... Voilà un fond de commerce bien facile en tout cas...

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

Pourquoi toujours l'excuse "enfilez un maillot" ou "je voudrais bien vous voir à leur place" ou "toute manière t'as surement jamais joué au rugby". En attendant les joueurs du Stade, ont eu une grosse formation, et ce pendant des années, ce sont des joueurs professionnels, ils ont un salaire intéressant, beaucoup d'entre eux ont un beau parcours, et ils jouent dans une des plus grandes vitrines du rugby français. Donc non on ne peut pas p... Lire la suite

An answer from an expert! Thanks for cobiirnuttng.

Le pic de forme d'Ovale masqué semble être passé depuis un bon moment. Amendonné, ses rubriques étaient (plus ou moins) drôles, mais ça c'était avant...

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@bertho
mon message ne voulait pas dire que notre ovale masqué était illégitime juste que si le sectacle l'afflige à ce point qu'il aille plutôt jouer au rugby dehors comme je le fais...
évidemment que le stade toulousain peut mieux faire, que les joueurs sont bien payés etc mais ce parti pris systématique de tout dézinguer par principe, en en faisant des tonnes, ne me fait plus rire, c'est tout...
Pour moi c''était drôle quand c'é... Lire la suite

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Continuez comme ça. Laissez-nous notre moment de rigolade hebdomadaire ! Ceux qui n'apprécient pas peuvent aller lire les compte-rendus de La Dépêche ou de L'Equipe...

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Impvissere brain power at work! Great answer!

@doug Je revendique le copyright pour le brushing

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Absolument Lorenzo, Census "Brushing" Johnston était une idée de toi. Pour ceux qui ne trouvent plus rigolo Ovale Masqué, qu'ils lisent les commentaires...

Résumé très bon et très drôle comme toujours même si je ne comprends toujours pas (et je l'ai twitté plusieurs fois !) pourquoi tu appelles "De Pénalité" le nom du jouer qui marque le plus d'essais à Toulouse : son nom est plus simplement "Pénalité" ! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? On ne dit pas "essai de DE Pénalité" mais "essai de Pénalité" !!

RépondreWrong usage of print_flagging_link(). Signaler un abus

Bon c'est vrai que je ne suis pas Toulousain mais à chaque fois je me marre tout seul en lisant les commentaires d'ovale masqué ( surtout quand j'ai vu le match avant ) , c'est à peine exagéré !!!

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