Carré d'info

Site d'actualité et d'information à Toulouse

«Une montée d’adrénaline et des tranches d’histoire, c’est cela l’Urbex »

Cette cave découverte par hasard valait bien une petite mise en scène. / Photo Lauric Gourbal

L’exploration urbaine (Urbex) est une pratique très en vogue chez les photographes depuis quelques années. Le Toulousain Lauric Gourbal n’a pas attendu que celle-ci devienne une mode pour partir à la découverte de sites partout en Europe. Retour d’expériences avec ce jeune passionné de 24 ans qui porte un regard lucide sur cette activité très codifiée qui s’opère en toute discrétion.

Comment vous est venue votre passion pour l’Urbex ?
Je baigne dans le milieu depuis tout petit. Mon père était lui-même « Urbexeur » et il me portait sur ses épaules lors de ses visites, c’est donc venu tout naturellement. Mais je suis également un passionné d’histoire. Je cherche donc à retrouver des traces préservées  du passé dans les bâtiments visités. Enfin, si je fais de l’Urbex, c’est aussi pour cette montée d’adrénaline assez incroyable, lorsque l’on ouvre une porte, on ne sait jamais ce que l’on va trouver derrière.

Comment choisissez-vous les sites à explorer ?
Cela dépend de votre ancienneté dans l’Urbex. Lorsque vous débutez, il vous faut trouver les « spots » sans aide extérieure. J’ai passé des heures sur Internet à chercher des indices, des pistes. Une fois la zone ciblée, vient une phase de repérage en voiture qui peut parfois ne mener à rien. Lorsque nous en découvrons, nous échangeons des informations. Aujourd’hui, je fonctionne beaucoup par ce biais même si le travail de recherche reste important.

Lors de vos explorations, quel bâtiment vous a le plus marqué ?
Il est difficile de n’en retenir qu’un seul. Des logements miniers où les cuisinières étaient encore en place, un hôpital militaire où l’on soignait les soldats qui rentraient de la guerre d’Algérie, des logements d’ouvriers où les habits et les costards d’époque étaient encore présents dans les armoires. Ils ont tous en commun cette conservation de traces historiques.

Une fois sur les lieux, comment se déroule les prises de vue ?
Les photographes ont différentes manières de procéder. Certains vont se focaliser sur un détail particulier : des murs décrépis, des lampes d’époque et angler leurs photos sur ce thème. Je préfère pour ma part avoir une vue d’ensemble des lieux. Il y a également un travail de mise en scène qui est commun à la plupart des « Urbexeurs », nous nous déguisons tout simplement parce que c’est fun et que cela augmente le côté spectaculaire des clichés.

 

(Il se peut que le diaporama ne s’affiche pas correctement selon le navigateur internet que vous utilisez. Nous rencontrons des problèmes notamment avec le navigateur Chrome. Si vous l’utilisez, veuillez préférer un autre navigateur comme Firefox ou Safari afin de visualiser l’article et les photos de façon optimale. Si le problème apparait avec un navigateur autre que Chrome, rafraîchissez la page. Nous nous efforçons de régler ce problème technique, veuillez nous en excuser).

 

Les bâtiments abandonnés n’attirent pas que les « Urbexeurs », vous arrive-t-il souvent de rencontrer d’autres personnes sur place ?
Oui, il arrive régulièrement que les lieux soient squattés. Lorsque vous avez fait de nombreux kilomètres pour visiter cela fait quand même enrager de ne pas pouvoir prendre de photos. Généralement, nous négocions avec eux et cela se passe sans soucis. Il peut arriver aussi que nous croisions des amateurs d’Airsoft. J’aime déjà beaucoup moins car je vois mal comment on peut pratiquer l’Airsoft sur place en laissant le site intact, il y a forcément des détériorations. Lorsqu’ils nous contactent pour nous demander des informations sur nos lieux d’explorations, on évite de leur en donner.

Quels sont les risques juridiques encourus ?
Il y en a toujours, il faut se montrer vigilant. Certains Urbexeurs peuvent se retrouver en garde à vue s’ils se font prendre en pénétrant dans un lieu interdit au public. Maintenant ce n’est pas en France que la répression est la plus forte, certains pays européens comme l’Espagne notamment font bien pire.

Qu’en est-il de l’Urbex à Toulouse ?
La région Midi-Pyrénées est une terre propice pour l’exploration urbaine. Le nombre de pratiquants est quasiment impossible à estimer car de nombreuses personnes font ça chacune dans leur coin sans en parler à personne. Ce que je peux dire en tous cas, c’est qu’avec mon acolyte Bio nous avons monté un groupe de discussion sur l’Urbex et qu’il reçoit de plus en plus de messages d’«Urbexeurs » ou de personnes qui ont envie de démarrer.

Justement, avez-vous quelques conseils à donner aux néophytes ?
Oui, l’Urbex n’est pas un jeu. Lorsque l’on arrive dans un nouveau bâtiment il ne faut pas faire n’importe quoi et courir partout. Il peut être rempli d’amiante, de bouts de verres, les escaliers peuvent être instables… C’est en se montrant prudent et respectueux du site que l’on prend le plus de plaisir.

Voir les photos réalisées par Lauric Gourbal

Mots-clés : histoire, photo, Urbex

ARTICLES ASSOCIÉS

2 RÉACTIONS

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Exprimez-vous !

* Champs à renseigner obligatoirement

Pour voir mes galeries photos: Flickr: http://www.flickr.com/photos/lieuxabandonnes/ Facebook: http://www.facebook.com/pages/Lauric-Gourbal-Photographies/219823388050175

ARTICLES ASSOCIÉS

AGENDA

Rue89